Les pluies d’août ont permis de freiner la vidange des nappes phréatiques, sans toutefois inverser les tendances. La situation est hétérogène, avec 38% des points d’observation sous les normales mensuelles, beaucoup plus qu’en 2024 (17%).
8 septembre 2025

Situation hydrogéologique au 1er septembre 2025

Les niveaux d’août sont en baisse (77%) même si la vidange s’atténue. Les pluies efficaces estivales ont atténué la baisse des niveaux des nappes, sans permettre d’améliorer visiblement les situations. L’état actuel des nappes est généralement bas à proche des normales pour les nappes réactives et plus satisfaisant, proche des normales à haut, pour les nappes inertielles.

En septembre, la période de recharge pourrait se mettre en place sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives. L’évolution des situations dépendra des cumuls de recharge. Concernant les nappes inertielles, la vidange devrait rester active jusqu’en octobre-novembre. Leur situation ne devrait que peu se modifier. La situation devra être particulièrement surveillée sur les nappes qui affichent actuellement des niveaux sous les normales mensuelles, notamment en cas d’absence de pluies efficaces.

Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente

Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.

À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er septembre 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er septembre 2025.

Carte établie le 4 septembre 2025 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 août 2025.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de septembre 2024 à août 2025.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de septembre 2024 à août 2025.

© BRGM

Tendances d’évolution

La période de vidange a débuté très précocement, à partir de février, sur les nappes réactives d’une grande partie nord du territoire. Elle s’est ensuite généralisée aux nappes inertielles de l’Artois et du Bassin parisien durant le printemps et s’est mise en place entre avril et mai sur les nappes du sud et de la Corse. A partir de mai, les niveaux sont restés en baisse, les pluies n’étant plus efficaces pour engendrer des épisodes de recharge. Cependant, la vitesse de vidange des nappes réactives a été réduite sur les secteurs arrosés.

En août 2025, la vidange prédomine avec 77% des niveaux en baisse (88% en juillet). Ce constat est habituel à cette période de l’année. Les pluies estivales sont rarement efficaces pour la recharge des nappes : les épisodes orageux favorisent le ruissellement et l’eau réussissant à pénétrer dans les sols est presque entièrement reprise par la végétation et ne s’infiltre que très peu en profondeur.

Concernant la plupart des nappes inertielles et les secteurs peu arrosés abritant des nappes réactives, la vidange reste active. La vitesse de la vidange est cependant ralentie sur plusieurs secteurs, du fait de petites recharges ponctuelles par les pluies efficaces ou d’une baisse de la pression liée aux prélèvements.

Ainsi, les apports pluviométriques de la troisième décade d’août ont permis d’enregistrer des recharges ponctuelles sur des nappes très réactives (socle, calcaires karstiques et alluvions) des deux-tiers sud. De faibles hausses de niveaux sont notamment visibles les derniers jours d’août. Ces recharges sont toutefois restées insuffisantes pour inverser les tendances mensuelles. Seules quelques nappes réactives du nord-est observent des niveaux stables.

Les prélèvements destinés à l’irrigation et à l’arrosage ont souvent été moins importants en août 2025 par rapport aux années précédentes. Deux facteurs peuvent expliquer l’arrêt précoce ou la diminution de ces prélèvements. D’une part, les précipitations ont suffi à couvrir une partie des besoins en eau des plantes. D’autre part, les cultures étaient en avance dans leur développement, ce qui a conduit à des récoltes précoces et donc à une moindre demande en irrigation. Ce constat s’observe sur les nappes fortement sollicitées comme la nappe très inertielle de la Beauce ou les nappes alluviales du Bassin aquitain.

Situation comparée entre le 1er septembre 2024 et le 1er septembre 2025

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er septembre 2024.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er septembre 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er septembre 2024 (à gauche) et au 1er septembre 2025 (à droite).

© BRGM

Évolution des situations observées sur les piézomètres de septembre 2024 à août 2025.

Évolution des situations observées sur les piézomètres de septembre 2024 à août 2025.

© BRGM

Situation des nappes

Les niveaux à l’étiage 2024 (octobre) étaient particulièrement hauts. Ils ont ensuite évolué durant l’automne et l’hiver selon l’intensité des recharges : très lentement pour les nappes inertielles et plus rapidement pour les nappes réactives. La situation globale s’est dégradée progressivement depuis février sur une grande partie nord du territoire et à partir d’avril-mai au sud.

En août 2025, la situation des nappes reste hétérogène : 38% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 29% sont comparables et 33% sont au-dessus (respectivement 44%, 24% et 32% en juillet).

La situation était beaucoup plus satisfaisante en août 2024 : 70% des niveaux étaient au-dessus des normales mensuelles, du fait d’une recharge 2023-2024 abondante et d’un fort soutien par les pluies du printemps 2024. La situation est meilleure en 2025 pour les nappes très inertielles de la Beauce et du Sundgau (sud Alsace) et pour les nappes réactives de la Corse, de l’Hérault et de l’Orb et de la plaine du Roussillon.

En août 2025, l’état des nappes s’améliore légèrement par rapport à juillet, grâce aux apports des pluies efficaces et à la diminution de la pression due aux prélèvements. Quelques nappes voient leur état se dégrader, du fait d’un déficit pluviométrique persistant : nappe de la craie de l'Artois et du Plateau picard, nappes des calcaires jurassiques de la Côte-des-Bar et nappes du socle du plateau du Limousin aux Cévennes.

Nappes inertielles

L’état des nappes inertielles reste globalement satisfaisant en août, avec des indicateurs proches des normales à modérément hauts.

La situation des nappes de l’Artois est plus dégradée à l’ouest, avec des niveaux modérément bas, qu’à l’est où les niveaux sont proches des normales. La nappe de la craie est marneuse en partie ouest et donc plus sensible au déficit pluviométrique persistant depuis février.

Concernant le Bassin parisien, les niveaux sont modérément hauts à hauts pour les nappes les plus inertielles du sud-ouest et du nord-ouest. La situation s’est dégradée plus rapidement sur les nappes moins inertielles de la bordure ouest et sud-est. Leurs niveaux sont modérément bas à proches des normales mensuelles.

Les niveaux des nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône sont généralement comparables aux normales. Les situations locales peuvent être hétérogènes, avec des niveaux bas à hauts.

Nappes réactives 

L’état des nappes réactives est hétérogène mais demeure peu satisfaisant sur de nombreux secteurs. La situation dépend de la recharge 2024-2025 mais également des cumuls pluviométriques de ces dernières semaines et de la réactivité de la nappe.

Le début précoce de la vidange, dès février ou mars, a engendré une dégradation des situations des nappes du Boulonnais et des deux-tiers nord-est (Grand-Est, Jura et Massif central). Les épisodes orageux survenus en juin, juillet et août sur le nord-est ont permis de soutenir les niveaux et ont freiné la dégradation de l’état des nappes. Les nappes du socle du Massif central ont, quant à elles, particulièrement souffert des déficits pluviométriques de l’été. En août, les niveaux sont déficitaires, modérément bas à bas. Quelques points très bas sont présents sur les nappes du socle du Limousin.

Concernant le Massif armoricain, le Bassin aquitain, le pourtour méditerranéen et la Corse, les niveaux sont plus favorables, généralement modérément bas à proches des normales mensuelles. Les pluies du printemps et, en moindre mesure, de l’été ont permis de soutenir ponctuellement les niveaux. Les niveaux sont hauts pour les nappes moins réactives et ayant observé des recharges récentes : Garonne amont, Côte d’Azur et Corse. Enfin, les niveaux restent bas à très bas sur les nappes de la vallée de l’Aude, du massif des Corbières et de la plaine du Roussillon.

Plusieurs nappes présentent des situations excédentaires, avec des niveaux modérément hauts à hauts par rapport aux mois d’août des années antérieures :

  • Les niveaux modérément hauts à hauts des nappes inertielles de l’ouest et du sud du Bassin parisien, s’expliquent par le bénéfice des recharges excédentaires de 2023-2024 et de 2024-2025 ;
  • Les niveaux des nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents restent modérément hauts ;
  • La nappe des sables astiens à Valras-Agde est modérément haute, avec des prélèvements en baisse ;
  • Le soutien des pluies de juillet et d’août permet de conserver des niveaux modérément hauts sur les nappes du littoral de Corse.

Plusieurs nappes présentent des situations peu favorables avec des niveaux bas à très bas par rapport aux mois d’août des années précédentes :

  • Les niveaux des nappes réactives des calcaires jurassiques du Boulonnais et de Lorraine sont bas, conséquence des pluies efficaces déficitaires depuis février ;
  • Les nappes du socle du Massif central, des alluvions et bassins tertiaires de la Limagne et des formations volcaniques observent des niveaux bas à localement très bas ;
  • Les niveaux des nappes de l’aquifère multicouche du Roussillon, des calcaires karstifiés du massif des Corbières et des alluvions de l’Aude sont bas à très bas.

Chiffres clés

  • 77.00
    %
    des niveaux sont en baisse

  • 33.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 38.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France sur les mois de septembre, octobre et novembre 2025 privilégient des températures plus élevées sur l’ensemble du territoire. Aucun scénario ne se dégage pour la pluviométrie.

Les campagnes d’irrigation et la saison touristique se terminent et les températures élevées prévues par Météo-France ne devraient pas avoir d’impact sur les volumes prélevés.

Prévisions saisonnières des nappes inertielles

Concernant les nappes inertielles (Artois, Bassin parisien, Sundgau, couloir Rhône-Saône), la période de recharge ne devrait pas se mettre en place avant la mise en dormance de la végétation et la survenue de pluies importantes, soit en octobre-novembre. Les situations ne devraient évoluer que modérément.

Les situations devraient rester stables ou se dégrader graduellement jusqu’à l’étiage, puis s’améliorer lentement en fonction des épisodes de recharge. Les niveaux à l’étiage devraient rester proches de ceux actuellement observés. En cas d’étiage tardif, des niveaux bas pourraient s’observer sur les nappes du couloir Rhône-Saône.

Prévisions saisonnières des nappes réactives

La fin de l’été et le début de l’automne sont généralement une période charnière, entre fin de la vidange estivale (niveaux en baisse) et début de la recharge hivernale (niveaux en hausse). Les pluies de fin août et de septembre sont propices à l’observation des premiers épisodes de recharge, notamment pour les nappes les plus réactives (socle et calcaires karstiques). En septembre, la période de recharge devrait pouvoir débuter sur les secteurs arrosés. En l'absence de pluies efficaces suffisantes, la vidange devrait cependant se poursuivre jusqu’à l’arrivée de précipitations importantes.

L’évolution des situations dans les prochaines semaines dépendra des cumuls de recharge. L’état des nappes réactives devrait rester stable, voire s’améliorer en cas de soutien par des pluies. Il devrait se dégrader au droit des nappes non soutenues par des épisodes de recharge.

L’étiage 2025 devrait être généralement inférieur aux normales sans atteindre les niveaux de 2022 et de 2023. Une forte incertitude est liée à la date de survenance de cet étiage. Il faut noter qu’une recharge tardive et peu abondante pourrait significativement impacter les nappes réactives affichant actuellement des niveaux en-dessous des normales. Certaines nappes pourraient alors observer un étiage tardif sévère.

La situation devra être particulièrement surveillée sur les nappes qui observent actuellement des niveaux sous les normales, notamment en cas d’étiage tardif.

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État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM