Après une pause début octobre, la recharge reprend sur les nappes phréatiques. L’état des nappes reste généralement satisfaisant avec 43% des points d’observation au-dessus des normales mensuelles, mais cependant beaucoup moins qu’en 2024 (79%).
10 novembre 2025

Situation hydrogéologique au 1er novembre 2025

Le début de la période de recharge se confirme en octobre, avec 37% des niveaux en hausse (29% en septembre). Les épisodes de recharge sont cependant peu intenses et l’état des nappes se dégrade légèrement par rapport à septembre. Les situations restent généralement satisfaisantes, de modérément basses à modérément hautes. La situation est déficitaire, avec des niveaux bas à très bas, sur les nappes du Roussillon, de l’Aude et du sud de la Corse.

En novembre et durant l’hiver, les tendances et l’état des nappes réactives dépendront des cumuls pluviométriques. Concernant les nappes inertielles, la recharge devrait s’activer en novembre. Les situations devraient s’améliorer progressivement dans un premier temps avec l’infiltration en profondeur des pluies de septembre et d’octobre.

Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente

Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.

À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er novembre 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er novembre 2025.

Carte établie le 7 novembre 2025 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 octobre 2025.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de novembre 2024 à octobre 2025.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de novembre 2024 à octobre 2025.

© BRGM

Tendances d’évolution

La période de recharge s’est initiée entre fin août et septembre sur de nombreuses nappes réactives des deux-tiers sud et du nord-est du territoire. La vidange est restée active en septembre pour les nappes réactives du Massif armoricain et pour quelques nappes du centre et de l’ouest du Bassin aquitain. La plupart des nappes inertielles n’avaient pas débuté leur période de recharge en septembre. Seuls quelques points du sud-ouest du Bassin parisien et de l’Est-Lyonnais étaient en hausse, du fait de cumuls pluviométriques importants et de la diminution des prélèvements.

En octobre, les tendances sont hétérogènes, selon les cumuls pluviométriques locaux et la réactivité de la nappe : 37% des niveaux sont en hausse et 42% en baisse (respectivement 29% et 54% en septembre).

Nappes inertielles

Les nappes inertielles de l’Artois, du Bassin parisien, du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Saône-Rhône présentent toujours une tendance générale à la baisse. Les pluies efficaces peuvent mettre plusieurs semaines pour s’infiltrer en profondeur, atteindre la nappe et inverser les tendances.

Toutefois, la recharge se confirme en octobre dans l’Est-Lyonnais et semble débuter localement, notamment dans l’Artois (littoral), le centre-nord du Bassin parisien et le nord du Bas Dauphiné. Des niveaux stables ou en hausse s’observent ponctuellement, du fait d’une inertie moins prononcée et/ou de cumuls pluviométriques importants en septembre et octobre.

Nappes réactives

Les tendances d’octobre des nappes réactives sont hétérogènes. La recharge, amorcée en septembre, marque une pause début octobre avant de reprendre fin octobre. La plupart des points d’observation enregistre une baisse de niveaux en début de mois puis une hausse, parfois conséquente, en fin de mois. Les tendances mensuelles résultent alors du bilan entre les apports de fin de mois et les pertes liées à la vidange naturelle. Lorsque les précipitations de fin octobre compensent les sorties, les tendances globales sont stables ou en hausse. Ce constat est observé pour la majorité des nappes réactives. Dans le cas contraire, les tendances globales sont en baisse.

Les nappes de l’Avesnois, du Massif armoricain, du centre et ouest du Bassin aquitain n’ont pas amorcé leur période de recharge : la plupart des niveaux étaient en baisse en septembre et le restent en octobre. Les pluies de fin octobre n’ont pas réussi à recharger efficacement les nappes, soit car elles étaient déficitaires, soit car elles ont profité dans un premier temps à l’humidification des sols secs.

Concernant l’extrême sud, des vallées des Pyrénées au pourtour méditerranéen, la période de recharge peine à se généraliser. Les tendances globales demeurent stables mais les tendances locales sont hétérogènes, conséquences de pluies efficaces inégalement réparties.

Situation comparée entre le 1er novembre 2024 et le 1er novembre 2025

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er novembre 2024.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er novembre 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er novembre 2024 (à gauche) et au 1er novembre 2025 (à droite).

© BRGM

Évolution des situations observées sur les piézomètres de novembre 2024 à octobre 2025.

Évolution des situations observées sur les piézomètres de novembre 2024 à octobre 2025.

© BRGM

Situation des nappes

En fin d’été, la situation des nappes était généralement satisfaisante pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives. Les niveaux étaient modérément bas sur quelques nappes réactives n’ayant pas débuté leur recharge. L’état des nappes du Roussillon, du massif des Corbières, de l’Aude et du sud de la Corse demeurait très dégradé, avec des niveaux bas à très bas.

En octobre 2025, les niveaux sont généralement satisfaisants, de modérément bas à modérément hauts. La situation se dégrade légèrement par rapport à septembre : 35% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 22% sont comparables et 43% sont au-dessus (respectivement 31%, 23% et 46% en septembre).

La situation était beaucoup plus satisfaisante en octobre 2024, après un début de période de recharge très excédentaire : 79% des niveaux étaient au-dessus des normales mensuelles. La situation est meilleure en 2025 uniquement pour les nappes très inertielles de la Beauce et du Sundgau (sud Alsace) et pour les nappes de la plaine du Roussillon et du massif des Corbières.

Nappes inertielles

Concernant l’Artois et le Bassin parisien, le début de la période de vidange a été précoce et la période de recharge n’a pas encore débuté. Cette longue période de vidange a particulièrement impacté les nappes moins inertielles. Ainsi les niveaux des nappes de la craie marneuse d'Artois et de la Champagne sont modérément bas en octobre. Les situations sont d’autant plus excédentaires que la nappe est inertielle.

La période de vidange des nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône a été peu intense et courte. Les niveaux d’octobre sont généralement comparables aux normales. Les situations locales peuvent cependant être hétérogènes, avec des niveaux bas, par exemple dans le Nord-Isère et le Bas-Dauphiné, à hauts dans l’Est-Lyonnais.

Nappes réactives 

Entre septembre et octobre 2025, les situations des nappes réactives n’évoluent que peu, elles dépendent des cumuls pluviométriques locaux récents. Par exemple, elles se dégradent très légèrement sur l’extrême sud du territoire et le nord-est du Massif central et s’améliorent sur l’ouest du Massif central. En octobre, les situations sont généralement satisfaisantes, de proches des normales mensuelles à modérément hautes. 

Les nappes de la moitié nord et du centre du territoire ont souffert d’une vidange longue. Les pluies importantes de fin août, de septembre et de fin octobre ont permis de combler les déficits. Cependant, certaines nappes réactives affichent des niveaux modérément bas à bas, le début de la période de recharge ayant été moins précoce et/ou moins pluvieux que sur le reste du territoire : Boulonnais et Avesnois, nord et ouest du Massif armoricain, Berry et Limagne. Ainsi, les nappes du nord et de l’ouest du Massif armoricain n’ont pas bénéficié d’épisodes de recharge conséquents ces dernières semaines. La nappe des calcaires jurassiques du Berry débute sa période de recharge tardivement, fin octobre.

Les situations des nappes de l’extrême sud sont localement hétérogènes, du fait de pluies efficaces disparates en septembre et octobre. Elles sont généralement plus satisfaisantes à l’intérieur des terres du Languedoc (sud du Massif central et bordure cévenole) et de la Provence et déficitaires vers le littoral méditerranéen et dans les vallées des Pyrénées. L’état des nappes de la plaine du Roussillon, du massif des Corbières et de la vallée de l’Aude affichent des niveaux bas. Enfin, les nappes de l’extrême sud de la Corse (Alta Rocca, Balagne et Fium’Orbu) sont toujours en très mauvais état quantitatif.

Plusieurs nappes présentent des situations excédentaires, avec des niveaux hauts par rapport aux mois d’octobre des années antérieures :

  • La nappe de la Beauce bénéficie toujours du bénéfice des recharges excédentaires de 2023 à 2025, du fait de son caractère très inertiel ;
  • La situation des nappes alluviales du Rhône inférieur et de ses principaux affluents s’est améliorée avec les apports conséquents de ce début de période de recharge.

Plusieurs nappes présentent des situations peu favorables avec des niveaux bas par rapport aux mois d’octobre des années précédentes :

  • La nappe des calcaires jurassiques du Boulonnais a connu une période de vidange longue ;
  • Les niveaux des nappes des alluvions de l’Aude, de l’aquifère multicouche du Roussillon et des calcaires karstifiés du massif des Corbières sont bas ;
  • Les nappes de l’extrême sud de la Corse subissent les déficits pluviométriques de ces derniers mois.

Chiffres clés

  • 37.00
    %
    des niveaux sont en hausse

  • 43.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 35.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les mois de novembre, décembre 2025 et janvier 2026 privilégient des températures plus élevées sur l’ensemble du territoire et un scénario plus humide sur la Corse. Aucun scénario ne se dégage pour la pluviométrie sur la France hexagonale.

La diminution des prélèvements, à partir de la fin d’été, permet d’alléger la pression sur les eaux souterraines. La végétation s’est mise en dormance durant le mois d’octobre. Les tendances de ces prochaines semaines dépendront donc exclusivement des pluies infiltrées, et donc des cumuls pluviométriques, et de l’inertie de la nappe.

Nappes inertielles

Concernant les nappes inertielles de l’Artois, du Bassin parisien, du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône, la phase de vidange ralentit voire s’est stoppée en octobre. La période de recharge a débuté sur quelques secteurs moins inertiels ou plus arrosés. Ces constats laissent présager une amorce prochaine de la recharge hivernale. 

L’état des nappes devrait commencer à s’améliorer en novembre, avec l’infiltration en profondeur des pluies de septembre et d’octobre. A plus long terme, les situations ne devraient évoluer que lentement durant l’automne, l’hiver et jusqu’au printemps, soit en s’améliorant si les pluies efficaces sont excédentaires, soit en se dégradant si elles sont déficitaires et ne compensent pas les sorties d’eau vers les exutoires naturels (sources, cours d’eau, mer) et anthropiques (prélèvements). Les prévisions sont confiantes quant à l’absence de sécheresse hivernale pour les nappes inertielles du Bassin parisien qui affichent actuellement des niveaux au-dessus des normales mensuelles.

Nappes réactives

Les conditions sont réunies pour que la recharge des nappes réactives puisse continuer en novembre. L’infiltration en profondeur des pluies de fin octobre devrait se poursuivre début novembre et impacter positivement les nappes situées au droit des secteurs arrosés. En cas de cumuls pluviométriques suffisants en novembre, les pluies efficaces devraient engendrer des épisodes de recharge. L’impact des pluies devrait alors être visible rapidement. Dans le cas contraire, la vidange pourrait reprendre et les situations pourraient alors se dégrader.

Durant l’automne et l’hiver, les tendances et l’évolution des situations dépendront exclusivement des pluies infiltrées. La situation actuelle ne permet pas de se projeter sur les prochains mois et de se prononcer quant à l’absence de sécheresse ou d’inondation par remontée de nappe. Les niveaux des nappes réactives en début de printemps 2026 dépendront de l’ensemble de la recharge de l’automne et de l’hiver. A noter que les pluies printanières seront également essentielles car elles permettront de conserver des niveaux hauts et de repousser le démarrage de la période de vidange.

Une attention particulière mérite d’être portée sur les nappes qui affichent en octobre des niveaux bas à très bas (Boulonnais, Roussillon, Aude et sud de la Corse). Sur ces secteurs dont la situation est actuellement défavorable, il faudra des cumuls de pluies efficaces importants et bien répartis dans les prochains mois pour reconstituer durablement les ressources en eau souterraine. Une surveillance accrue devra se poursuivre durant la période de recharge 2025-2026.

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État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM