Avec 66% des niveaux autour ou au-dessus des normales mensuelles, la situation des nappes phréatiques est satisfaisante. Cependant la vidange des nappes est globalement en cours. Les nappes les plus sensibles ou ayant bénéficié d’une recharge modérée ont des niveaux sous les normales mensuelles.
12 mai 2026

Une vidange des nappes en cours liée au déficit de pluie efficace du mois d’avril

Sur l’ensemble du territoire le déficit de pluies efficaces en avril a accentué la vidange des nappes réactives. 79% des niveaux des nappes phréatiques sont à la baisse.

Cependant le niveau des nappes reste satisfaisant pour la plupart d’entre elles. 66% des points d’observation ont un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles. Les nappes situées dans certaines formations géologiques du Grand Est, du cotentin, du boulonnais et du Massif central ont des niveaux modérément bas. 

Cette situation est plus dégradée que celle d'avril 2025 notamment pour les nappes inertielles. 76% des points d’observation avaient un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles.

Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2025-2026 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives du sud-ouest et sud pour le trimestre prochain. Cependant, des incertitudes existent concernant la répartition et l’efficacité des pluies du mois de mai, avec les besoins de la végétation et l’augmentation progressive de la demande en eau pour satisfaire les différents usages notamment agricoles. Les prévisions à plus long terme restent incertaines. 

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er mai 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er mai 2026.

Carte établie le 10 mai 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 30 avril 2026.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres d'avril 2025 à avril 2026.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres d'avril 2025 à avril 2026.

© BRGM

Tendances d’évolution

Après l'amorce d'une phase de vidange observée au cours du mois de mars, les niveaux piézométriques des nappes phréatiques présentent une tendance à la baisse généralisée sur la quasi-totalité du territoire national au mois d'avril. Ce phénomène s'explique par un déficit significatif de précipitations efficaces durant cette période, dont les valeurs se situent nettement en deçà des normales saisonnières.

Par conséquent, une proportion majoritaire des nappes se trouve actuellement en phase de vidange.

Les données recueillies en avril 2026 révèlent que la vidange s'opère sur 79 % des points d'observation, caractérisés par des niveaux en décroissance. Les niveaux sont stables pour 11% des points et sont toujours à la hausse pour 10% d’entre eux. L'intensité de démarrage de cette vidange apparaît légèrement supérieure à celle enregistrée au cours du mois d'avril 2025.

Nappes inertielles

En avril 2026, les nappes à forte inertie, qui demeuraient en phase de recharge au début du mois, ont vu leur dynamique s'inverser pour certaines d'entre elles. Les aquifères de la craie normande, des sables de l’Yprésien et des calcaires lutétiens, ainsi que des calcaires de Brie, sont entrés en phase de vidange. Les autres nappes inertielles conservent des tendances stables ou à la hausse, bien que cette progression semble néanmoins marquer un ralentissement en cette fin du mois d'avril.

Nappes réactives

Le déficit de précipitations efficaces observé au mois d'avril a accentué la vidange de ces aquifères à forte réactivité. L'ensemble de ces nappes présente des niveaux en décroissance, à l'exception notable des nappes du Jurassique de Brenne et Vienne, des formations volcaniques du Massif central, des alluvions des vallées alpines et des sables astiens de Valras-Agde, pour lesquels les niveaux demeurent stables.

Situation comparée entre le 1er mai 2025 et le 1er mai 2026

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er mai 2025.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er mai 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er mai 2025 (à gauche) et au 1er mai 2026 (à droite).

© BRGM

Évolution des situations observées sur les piézomètres d'avril 2025 à avril 2026.

Évolution des situations observées sur les piézomètres d'avril 2025 à avril 2026.

© BRGM

Situation des nappes

Au début du mois d'avril, les niveaux piézométriques présentaient un état globalement satisfaisant sur l'ensemble du territoire national, à l'exception notable des nappes de la région Grand Est et des plaines de Limagne. Le déficit pluviométrique enregistré au cours du mois d'avril a induit une évolution globalement à la baisse du niveau des nappes.

Fin avril 2026, les niveaux des nappes sont satisfaisants avec 66% des points d’observation autour de la normale, voire légèrement excédentaires. 34% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 26% sont comparables et 40% sont au-dessus (respectivement 16%, 22% et 62% fin mars).

La situation actuelle apparaît plus dégradée que celle observée fin avril 2025, période au cours de laquelle 50 % des niveaux se situaient au-dessus des normales mensuelles, 23 % étaient comparables à ces dernières et 27% étaient en dessous.

Nappes inertielles

Le niveau des nappes à inertie élevée demeure globalement satisfaisant. Ces nappes présentent des niveaux proches de la moyenne pour la majorité d'entre elles. Certaines nappes affichent des niveaux modérément hauts par rapport à la moyenne, notamment les aquifères des calcaires de Beauce, des calcaires d'Armagnac, ainsi que les nappes alluviales fluvio-glaciaires de l'est lyonnais et de l'avant-pays savoyard.

Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.

Nappes réactives 

La situation des nappes à réactivité élevée demeure satisfaisante sur l'ensemble du territoire national. Leurs niveaux piézométriques se situent autour de la normale pour la plupart d'entre elles, à l'exception des aquifères dans les sables de l'Albien de la bordure orientale du Bassin parisien, des calcaires du Jurassique de Lorraine, de la Côte des Bars, des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, des plaines de Limagne ainsi que des formations volcaniques du Massif central, qui présentaient déjà des niveaux modérément bas au 15 avril.

Les nappes telles que celles de la craie de Champagne, du socle du Cotentin-Sarthe, du socle limousin et celles du Jurassique du Bessin et des Causses du Quercy, ont vu leurs niveaux passer légèrement en deçà des normales mensuelles.

Des niveaux piézométriques élevés sont encore observés dans les nappes alluviales de la Garonne, de l'Aude, du Rhône, de la plaine du Roussillon et de la Vistrenque.

Chiffres clés

  • 79.00
    %
    des niveaux sont en baisse

  • 40.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 34.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France pour la période mai-juillet 2026 indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur l'ensemble du territoire national. En revanche, aucun scénario préférentiel n'est identifié concernant le régime des précipitations.

La reprise de la végétation, corrélée aux températures élevées, limitera l'infiltration des précipitations en profondeur par évapotranspiration accrue. La phase de vidange se généralise à l'ensemble des aquifères à réactivité élevée. Certains aquifères à inertie élevée amorcent également une tendance à la baisse de leurs niveaux.

Nappes inertielles

Les niveaux des nappes inertielles sont conditionnés par les niveaux atteints lors de l'étiage précédent ainsi que par le cumul des précipitations efficaces durant l'intégralité de la période de recharge.

La recharge devrait se poursuivre ou se stabiliser au cours du mois de mai pour les aquifères inertiels de l'Artois, du Sundgau (sud de l'Alsace) et du couloir Rhône-Saône, en raison de l'infiltration différée des précipitations de février. Les conditions hydrogéologiques pourraient alors s'améliorer ou demeurer stables, en fonction des volumes infiltrés.

Pour les autres systèmes aquifères inertiels présentant des tendances à la baisse, des incertitudes persistent quant à la fin de la période de recharge et à l'efficacité des précipitations printanières. Les projections pour l'été 2026 demeurent incertaines. Les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d'une recharge 2025-2026 plus modérée.

Nappes réactives

Le déficit de précipitations efficaces enregistré au mois d'avril a accentué la vidange de ces nappes. Néanmoins, concernant les nappes réactives présentant des niveaux excédentaires, de modérément hauts à hauts, les prévisions saisonnières demeurent favorables.

Pour les autres nappes dont les niveaux se situent autour de la normale ou modérément en deçà, des incertitudes existent, liées à l'efficacité des précipitations printanières, aux besoins de la végétation, ainsi qu'aux prélèvements anthropiques pour les différents usages, notamment l'irrigation qui a commencé. Les précipitations printanières s'avèrent essentielles pour maintenir des niveaux supérieurs aux normales le plus tardivement possible. Les nappes à réactivité élevée peuvent se vidanger en quelques semaines en cas de sécheresse prolongée et intense. Ainsi, les projections à plus long terme, notamment pour la fin de l'été 2026 et la période d'étiage, demeurent incertaines.

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État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM