Une vidange des nappes d'eau souterraine qui se poursuit liée au déficit de pluie efficace du mois de mai
Comme le mois précédent, sur l’ensemble du territoire, la vidange des nappes d'eau souterraine se poursuit en lien avec le déficit de pluie efficace du mois de mai notamment pendant la 2e quinzaine. Cependant, le niveau des nappes reste encore majoritairement satisfaisant.
Les nappes des calcaires jurassiques de Lorraine, des formations de la plaine de Limagne et des calcaires karstifiés des Causse du Quercy ont des niveaux bas tandis que les nappes alluviales de la plaine du Roussillon, du Rhône inférieur et des formations de la Vistrenque ont des niveaux hauts à très hauts.
Cette situation est plus dégradée que celle au 1er juin 2025 notamment pour les nappes inertielles : 69% des points d’observation avaient un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles.
Avec 58% des points d’observation avec des niveaux autour ou au-dessus des normales mensuelles, la situation des nappes reste encore satisfaisante. Cependant la vidange des nappes se poursuit. Les nappes les plus sensibles ou ayant bénéficiée d’une recharge modérée ont des niveaux sous les normales mensuelles.
Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2025-2026 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives du sud-ouest et sud pour le trimestre prochain. Cependant, des incertitudes existent concernant la répartition et l’efficacité des pluies estivales qui permettraient de réhumidifier les sols et ainsi limiter les prélèvements dans les nappes pour satisfaire les besoins des différents usages, notamment agricoles. Les prévisions à plus long terme restent incertaines.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er juin 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
La vidange observée au mois d’avril se poursuit au mois de mai. Les niveaux piézométriques des nappes phréatiques présentent des tendances à la baisse généralisée sur la quasi-totalité du territoire national. Ce phénomène s’explique par un déficit de pluie efficace pour ce mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sècheresse plus marquée pour la 2e quinzaine de mai. A noter que seuls les territoires du nord du Massif armoricain, des reliefs cévenoles, alpins et du Jura présentent une pluie efficace légèrement excédentaire liée aux pluies de début mai.
Les données recueillies en mai 2026 révèlent que la vidange s’opère sur 77% des points d’observation, caractérisés par des niveaux en décroissance. Les niveaux sont stables pour 15% des points et sont à la hausse pour 8% d’entre eux. L’intensité de la vidange apparait légèrement plus marquée que celle de mai 2025.
Nappes inertielles
En mai 2026, les nappes à forte inertie, qui avaient commencé leur vidange, voient leur niveau continuer à baisser. C’est le cas des nappes des calcaires de Beauce, de l’Artois, de Normandie, du Lutétien et des sables yprésiens du Bassin parisien.
La nappe des formations de la Bresse et de la Dombes dont le niveau s’était stabilisé en avril a vu sa dynamique changer et son niveau baisser.
Les autres nappes dont les niveaux s’étaient stabilisés ou en hausse n’ont pas changé de dynamique. C’est le cas des nappes des calcaires de l’Armagnac, des cailloutis du Sundgau, des formations fluvio-glaciaires de l’est lyonnais, du Dauphiné et de l’avant pays savoyard.
Nappes réactives
L’absence ou la faible réaction aux pluies de début mai et le déficit de pluie efficace de la 2e quinzaine de ce mois ont permis la poursuite de la vidange. La quasi-totalité des nappes présentent des niveaux à la baisse. Seuls les niveaux des nappes alluviales des vallées des Alpes, de celles de la Durance ont une tendance à la hausse. Les nappes des formations du Bassin aquitain, des alluvions de l’Adour et gave de Pau, du Rhône inférieur, des calcaires du Massif des Corbières, des sables de la plaine du Roussillon, du socle des Cévennes, des formations volcaniques du Massif central et des formations de la Vistrenque voient leur niveau se stabiliser.
Situation comparée entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er juin 2025 (à gauche) et au 1er juin 2026 (à droite).
© BRGM
Situation des nappes
Au début du mois de mai la situation des nappes était encore satisfaisante à l’exception des nappes situées dans les secteurs du Grand Est, du Cotentin, la plaine de Limagne et l’ouest du Massif central. Avec un déficit pluviométrique marqué pour la 2e quinzaine du mois de mai, la situation s’est détériorée.
Fin du mois de mai, les niveaux des nappes sont satisfaisants avec 58% des points d’observation légèrement au-dessus ou autour de la normale. 42% des points d’observation sont en dessous des normales. Dans le détail, 30% des points sont au-dessus de la normale, 28% sont comparables et 42% sont en dessous de la normale (respectivement 40%, 26% et 34% fin avril).
La situation actuelle apparait plus dégradée que celle observée fin mai 2025, période au cours de laquelle 46% des niveaux se situaient au-dessus de la normale mensuelle, 23% étaient comparables à cette dernière et 31% étaient en-dessous.
Nappes inertielles
Les niveaux des nappes à inertie élevée demeurent globalement satisfaisants. Ces nappes présentent des niveaux proches de la moyenne pour la majorité d'entre elles. Certaines nappes affichent des niveaux modérément hauts par rapport à la moyenne. Il s’agit des nappes des calcaires de Beauce et des calcaires d'Armagnac.
Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.
Nappes réactives
La situation des nappes à réactivité élevée est plus contrastée. Certaines d’entre elles ont des niveaux modérément bas. C’est le cas des nappes de l’arc jurassique nord-est du Bassin parisien, de socle du Cotentin et ouest breton, du Massif central, des calcaires des Charentes, des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, des alluvions de la plaine nord Alsace, des alluvions fluvio-glaciaires du Rhône supérieur et de celles de Corse.
Les niveaux des nappes des calcaires jurassiques de Lorraine, des formations de la plaine de Limagne et des calcaires karstifiés des Causses du Quercy sont bas.
Des niveaux restent encore modérément élevés pour les nappes des formations du Bassin aquitain, de la craie de Touraine, des calcaires jurassiques de la Vienne, des calcaires des Grands Causses, des sables de Valras-Agde, des alluvions de l’Hérault et de la Garonne. Les niveaux sont hauts à très hauts pour les nappes alluviales de la plaine du Roussillon, du Rhône inférieur et des formations de la Vistrenque. Pour les autres nappes réactives, les niveaux sont autour de la normale.
Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.
Chiffres clés
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77.00%des niveaux sont en baisse
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30.00%des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles
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42.00%des niveaux sont sous les normales mensuelles
Prévisions
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour la période juin-août 2026 indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur l'ensemble du territoire national. En revanche, aucun scénario préférentiel n'est identifié concernant le régime des précipitations.
Les besoins de la végétation, corrélée aux températures plus élevées, limitera l’infiltration des pluies en profondeur. La vidange se poursuit sur la quasi-totalité des nappes.
Nappes inertielles
Les niveaux des nappes inertielles sont conditionnés par les niveaux atteints lors de l'étiage précédent ainsi que par le cumul des précipitations efficaces durant l'intégralité de la période de recharge.
Seules la nappes du Sundgau et des calcaires de l’Armagnac ont encore une tendance à la hausse. Pour les autres nappes, les niveaux devraient donc être globalement en baisse ou localement stables en juin puis demeurer en baisse jusqu’à l’automne.
Cependant, les projections pour l'été 2026 demeurent incertaines. Les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d'une recharge 2025-2026 plus modérée.
Nappes réactives
Le déficit de précipitations efficaces enregistré au mois de mai, surtout dans la 2e quinzaine, a engendré une poursuite de la vidange des nappes réactives. Néanmoins, concernant ces nappes présentant des niveaux excédentaires, de modérément hauts à hauts, les prévisions saisonnières demeurent favorables.
Pour les autres nappes dont les niveaux se situent autour de la normale ou en-dessous, des incertitudes existent, liées aux précipitations estivales qui en réhumidifiant les sols, réduisent les besoins de prélèvements dans les nappes pour les différents usages (alimentation en eau potable et irrigation des cultures principalement).
Les nappes à réactivité élevée sont sensibles à une sécheresse prolongée et intense. Ainsi, les projections à plus long terme, notamment pour la fin de l'été 2026 et la période d'étiage, demeurent incertaines.
Contact presse
État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM
L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.
Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.
Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre
Comment les nappes se rechargent-elles et comment se vident-elles ?
Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).
Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.
À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.
Pourquoi certaines nappes se rechargent-elles plus vite que d'autres ?
Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.
Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :
- en quelques années en milieu poreux,
- en quelques mois en milieu fissuré,
- et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.
Nappes inertielles, nappes réactives : de quoi s'agit-il ?
L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.
On parle de nappes :
- réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
- inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.
© BRGM
Carte établie le 4 juin 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 mai 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.