La situation des nappes se dégrade du fait du déficit de pluie efficace du mois de juin et de l’augmentation de la demande en eaux des différents usages
Comme le mois précédent, sur l’ensemble du territoire, la vidange des nappes se poursuit en lien avec le déficit de pluie efficace du mois de juin et l’augmentation des prélèvements. 93% des niveaux de nappes phréatiques sont en baisse.
46% des points d’observation ont un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles. Cette situation est plus dégradée que celle au 1er juillet 2025 (58% des points d’observation avaient un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles).
Avec 54% des points d’observation en-dessous des normales mensuelles, la situation des nappes se dégrade. La vidange s’accentue. Les nappes les plus sensibles ou ayant bénéficié d’une recharge modérée ont des niveaux bien en-dessous des normales mensuelles.
Le niveau des nappes est contrasté sur le territoire. Il est bas pour les nappes du socle limousin et une partie des nappes du Grand-Est et encore haut pour les nappes des formations de la Vistrenque, de l’Astien à Agde, les nappes alluviales de la plaine du Roussillon, du Rhône inférieur et de la Garonne amont et des calcaires de Touraine, de Beauce et de l’Armagnac.
Les nappes réactives dont les niveaux sont encore au-dessus de la normale mensuelle peuvent espérer d’avoir des niveaux satisfaisants pour le trimestre prochain. Cependant, des incertitudes existent concernant la répartition et l’efficacité des pluies estivales qui permettraient de réhumidifier les sols et ainsi limiter les prélèvements dans les nappes pour satisfaire les besoins des différents usages, notamment agricoles. Les prévisions à plus long terme restent incertaines.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er juillet 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
La vidange se poursuit au mois de juin. Les niveaux piézométriques des nappes phréatiques présentent des tendances à la baisse généralisée sur la quasi-totalité du territoire national. Ce phénomène s’explique par un déficit de pluie efficace depuis le mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sècheresse plus marquée et des températures élevées au mois de juin.
Les données recueillies en juin 2026 révèlent que la vidange s’opère sur 93% des points d’observation, caractérisés par des niveaux en décroissance. Les niveaux sont stables pour 5% des points et sont à la hausse pour 2% d’entre eux. L’intensité de la vidange apparait plus marquée que celle de juin 2025.
Nappes inertielles
En juin 2026, les nappes à forte inertie voient leur niveau continuer à baisser. C’est le cas des nappes des calcaires de Beauce, de l’Artois, de Normandie, du Lutétien et des sables yprésiens du Bassin parisien, des formations de la Bresse et de la Dombes, des formations fluvio-glaciaires de l’est lyonnais et du Dauphiné.
Les autres nappes dont les niveaux s’étaient stabilisés n’ont pas changé de dynamique. C’est le cas des nappes des cailloutis du Sundgau et des formations de l’avant pays savoyard.
Nappes réactives
La totalité des nappes présente des niveaux à la baisse. Ce constat est habituel pour la période. Les pluies tombées lors des épisodes orageux souvent violents s’infiltrent peu dans les sols. De plus, les températures élevées ont favorisé l’évapotranspiration et accru le besoin en eau des plantes. Les prélèvements pour l’irrigation et le tourisme ont pu localement accélérer la baisse des niveaux.
Situation comparée entre le 1er juillet 2025 et le 1er juillet 2026
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er juillet 2025 (à gauche) et au 1er juillet 2026 (à droite).
© BRGM
Situation des nappes
Durant le mois de juin 2026, la situation s’est détériorée liée au déficit de pluie, des températures élevées et des prélèvements en augmentation.
Fin du mois de juin, les niveaux des nappes sont satisfaisants pour seulement 46% des points d’observation qui sont légèrement au-dessus ou autour de la normale. 54% des points d’observation sont en dessous des normales. Dans le détail, 22% des points sont au-dessus de la normale, 24% sont comparables et 54% sont en dessous de la normale (respectivement 30%, 28% et 42% fin mai).
La situation actuelle apparait plus dégradée que celle observée fin juin 2025, période au cours de laquelle 32% des niveaux se situaient au-dessus de la normale mensuelle, 26% étaient comparables à cette dernière et 42% étaient en-dessous.
Nappes inertielles
Les niveaux des nappes à inertie élevée sont contrastés sur le territoire.
Certaines nappes affichent des niveaux modérément hauts par rapport à la moyenne. Il s’agit des nappes des calcaires de Beauce et des calcaires d'Armagnac.
Les nappes des calcaires lutétiens et des sables yprésiens du nord du Bassin parisien, celle de la craie de l’Artois et des alluvions fluvioglaciaires du Dauphiné ont des niveaux modérément bas pour la saison.
Les autres nappes inertielles présentent des niveaux proches de la moyenne.
Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.
Nappes réactives
La situation des nappes à réactivité élevée est aussi contrastée.
Certaines d’entre elles ont des niveaux modérément bas. C’est le cas des nappes du jurassique sud-est du Bassin parisien, des calcaires karstifiés du Jura, de socle du Cotentin, ouest breton, Morvan et l’est du Massif central, des calcaires des Charentes, des alluvions de la plaine nord Alsace, du gave de Pau et de l’Adour, de la Garonne avale et de celles de Corse.
Les niveaux des nappes des calcaires jurassiques, grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, des calcaires de la côte des Bars, des formations de la plaine de Limagne et des calcaires karstifiés des Causses du Quercy, du socle limousin, sont bas.
Des niveaux restent encore modérément élevés pour les nappes de la craie de Touraine, des calcaires jurassiques de la Vienne, des sables de Valras-Agde, des alluvions de la Garonne amont, de la plaine du Roussillon et du Rhône inférieur. Les niveaux sont encore très hauts pour la nappe des formations de la Vistrenque. Pour les autres nappes réactives, les niveaux sont autour de la normale.
Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.
Évolution de la situation des nappes phréatiques de l'été 2022 à l'été 2026
État des nappes d’eau souterraine du 1er juillet 2022 au 1er juillet 2026.
En 2022 et 2023, les niveaux bas des nappes s'expliquaient par une recharge déficitaire et un printemps sec. Au contraire, au 1er juillet 2024, les niveaux étaient exceptionnellement hauts du fait d'une recharge excédentaire et d'un soutien par les pluies au printemps. Le 1er juillet 2025 faisait suite à une fin d’hiver et un printemps secs.
Enfin, la situation contrastée au 1er juillet 2026 s'explique par une bonne recharge dans les trois quarts Sud-Ouest, suivie d'un printemps très sec.
La situation 2026 est nettement moins préoccupante qu’en 2022 (sauf pour le Massif central) et sensiblement plus favorable qu’en 2023, mais moins favorable qu'en 2025, surtout dans le Nord, Nord-Ouest et Limousin.
© BRGM
Chiffres clés
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93.00%des niveaux sont en baisse
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22.00%des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles
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54.00%des niveaux sont sous les normales mensuelles
Prévisions
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour la période juillet-septembre 2026 indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur l'ensemble du territoire national. Concernant le régime des précipitations, Météo France indique une probabilité d’une chance sur deux d’avoir un régime plus sec dans le nord de la France.
Les besoins de la végétation, corrélée aux températures plus élevées et à l’augmentation des prélèvements, accentueront la vidange sur la quasi-totalité des nappes.
Nappes inertielles
Les niveaux des nappes inertielles sont conditionnés par les niveaux atteints lors de l'étiage précédent ainsi que par le cumul des précipitations efficaces durant l'intégralité de la période de recharge.
Seules les nappes du Sundgau et des formations fluvio-glaciaires de l’avant-pays savoyard ont des niveaux qui se stabilisent. Pour les autres nappes dont les niveaux sont déjà en baisse, elles continueront à avoir une tendance baissière jusqu’à l’automne.
Cependant, les projections pour l'été 2026 demeurent incertaines. Les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d'une recharge 2025-2026 plus modérée.
Nappes réactives
Le déficit de précipitations efficaces enregistré au mois de juin a engendré une poursuite de la vidange des nappes réactives. Néanmoins, concernant ces nappes présentant des niveaux excédentaires, de modérément hauts à très hauts, les prévisions saisonnières demeurent favorables.
Pour les autres nappes dont les niveaux se situent autour de la normale ou en-dessous, des incertitudes existent, liées aux précipitations estivales qui en réhumidifiant les sols, réduisent les besoins de prélèvements dans les nappes pour les différents usages (alimentation en eau potable et irrigation des cultures principalement).
Les nappes à réactivité élevée sont sensibles à une sécheresse prolongée et intense. C’est le cas des nappes du socle limousin pour lesquelles la situation serait préoccupante si la sècheresse persiste.
Contact presse
État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM
L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.
Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.
Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre
Comment les nappes se rechargent-elles et comment se vident-elles ?
Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).
Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.
À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.
Pourquoi certaines nappes se rechargent-elles plus vite que d'autres ?
Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.
Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :
- en quelques années en milieu poreux,
- en quelques mois en milieu fissuré,
- et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.
Nappes inertielles, nappes réactives : de quoi s'agit-il ?
L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.
On parle de nappes :
- réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
- inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.
© BRGM
Carte établie le 6 juillet 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 30 juin 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.