La recharge se poursuit avec 63% des nappes phréatiques en hausse. La situation globale est satisfaisante et s’améliore avec 46% des points d’observation au-dessus des normales mensuelles, mais elle reste moins excédentaire que l'année dernière (61%).
12 janvier 2026

Situation hydrogéologique au 1er janvier 2026

La recharge est active en décembre, avec 63% des niveaux en hausse (57% en novembre). Elle est déficitaire sur le nord-est du Massif armoricain, le Bassin parisien, l’est de l’Artois et le Grand-Est.

L’état des nappes est généralement satisfaisant, de modérément bas à modérément haut. Les situations plus déficitaires s’expliquent par des épisodes de recharge inégalement répartis dans le temps et dans l’espace depuis septembre 2025.

Durant l’hiver et jusqu’au printemps, les tendances et les situations évolueront en fonction des épisodes de recharge. Les prévisions sont optimistes pour janvier mais demeurent incertaines à plus long terme. La situation devra être particulièrement surveillée sur les nappes actuellement sous les normales et sur celles où la recharge peine à débuter (notamment est de l’Artois et Bassin parisien).

Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente

Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.

À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er janvier 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er janvier 2026.

Carte établie le 9 janvier 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 décembre 2025.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de décembre 2024 à décembre 2025.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de décembre 2024 à décembre 2025.

© BRGM

Tendances d’évolution

La période de recharge s’est amorcée entre fin août et septembre sur de nombreuses nappes réactives (sauf Massif armoricain), a marqué une pause début octobre avant de reprendre fin octobre et de se poursuivre en novembre. Concernant les nappes inertielles, la période de recharge a commencé à se mettre en place à partir d’octobre.

En décembre, la recharge est active avec 63% des niveaux en hausse et 25% en baisse (respectivement 57% et 30% en novembre).

Nappes inertielles

La recharge peine toujours à se mettre en place sur les nappes inertielles du Bassin parisien et du Bassin de l’Artois. Elle a démarré uniquement sur des secteurs plus arrosés depuis cet automne et abritant souvent des nappes moins inertielles. Ainsi les tendances de décembre sont en légère hausse sur les nappes de la craie du littoral de l’Artois, de Champagne, de Bourgogne et du Gâtinais, sur le nord-est de la nappe de Beauce et sur la nappe des sables cénomaniens du Perche et du Maine. Elles sont en baisse sur l’ensemble des autres nappes inertielles.

Les cumuls pluviométriques ont été suffisants pour activer la recharge des nappes inertielles du couloir Rhône-Saône en octobre ou novembre. Les niveaux restent en hausse en décembre.

Nappes réactives

La recharge est active en décembre sur les nappes réactives, avec des niveaux majoritairement en hausse. Les épisodes de recharge sont en général conformes aux normales de décembre, sur la moitié ouest du territoire.

Des épisodes de recharges conséquents s’observent durant la seconde quinzaine du mois de décembre sur le Roussillon, le Languedoc et le sud du Massif central. Les nappes du socle de Bretagne et du nord-est de la Corse ont également bénéficié d’une pluviométrie excédentaire durant tout le mois de décembre. Les niveaux des nappes de ces secteurs sont en très forte hausse.

Du fait des pluies déficitaires de novembre et de décembre, la recharge peine à se maintenir sur les nappes du Bassin Rhin-Meuse. La période de recharge commence à se mettre en place très tardivement, en décembre, sur les nappes du socle du nord-est du Massif armoricain. Les niveaux sont en faible hausse ou stables sur ces nappes.

Enfin, les précipitations neigeuses ont été peu efficaces pour la recharge des nappes alluviales des Alpes et les tendances sont en baisse.

Situation comparée entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er janvier 2025.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er janvier 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er janvier 2025 (à gauche) et au 1er janvier 2026 (à droite).

© BRGM

Évolution des situations observées sur les piézomètres de décembre 2024 à décembre 2025.

Évolution des situations observées sur les piézomètres de décembre 2024 à décembre 2025.

© BRGM

Situation des nappes

En fin d’été 2025, la situation des nappes était généralement satisfaisante pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives. Elle s’est ensuite améliorée en septembre puis s’est stabilisée en octobre et en novembre.

En décembre, les niveaux sont satisfaisants, de modérément bas à modérément hauts. La situation s’améliore légèrement mais reste très proche de celle de novembre : 30% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 24% sont comparables et 46% sont au-dessus (respectivement 35%, 22% et 43% en novembre).

La situation était beaucoup plus satisfaisante en décembre 2024 : 61% des niveaux étaient au-dessus des normales mensuelles. La situation est meilleure en 2025 pour les nappes réactives ayant observé un début de recharge excédentaire : Boulonnais, Bretagne et sud-est.

Nappes inertielles

Les nappes inertielles du Bassin parisien et de l’Artois bénéficient encore des deux recharges hivernales précédentes excédentaires. La période de recharge 2025-2026 tarde à se mettre en place mais les situations ne se dégradent que très lentement et restent généralement satisfaisantes. Ainsi, les nappes du centre du Bassin parisien conservent des niveaux modérément hauts à proches des normales. Les nappes moins inertielles du pourtour du Bassin parisien et de l’Artois sont plus sensibles à la recharge automnale déficitaire. Elles affichent des niveaux proches des normales à modérément bas. Quelques points de la craie marneuse de Champagne observent des niveaux bas.

Le début de la période de recharge a été plus généreux pour les nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône. Les niveaux de ces nappes sont proches des normales à modérément bas.

Nappes réactives 

Les situations hétérogènes des nappes réactives s’expliquent par des épisodes de recharge inégalement répartis dans le temps et dans l’espace depuis septembre 2025, début de la période de recharge. La succession d’épisodes humides et secs n’a pas toujours permis une infiltration efficace des pluies et donc une recharge optimale.

Le déficit de précipitations durant l’automne impactent les nappes du Bassin Rhin-Meuse et du nord-est Massif armoricain. Les niveaux se dégradent et passent progressivement sous les normales mensuelles. Les situations les plus déficitaires, avec des niveaux modérément bas à bas, se situent en partie nord des nappes de Lorraine.

L’état des nappes de la moitié ouest, du Boulonnais au Bassin aquitain, et du centre-ouest, du Jura au nord-est du Massif central, évolue peu entre novembre et décembre. Les apports sont généralement suffisants pour maintenir les niveaux à une situation satisfaisante, de proche des normales à modérément haute. Quelques légères améliorations s’observent sur les nappes ayant bénéficié de pluies efficaces plus abondantes en décembre : Boulonnais, Berry et ouest et sud du Massif armoricain.

Les situations des nappes de Provence, de la Côte d’Azur et de la Corse sont hétérogènes, car fonction des cumuls pluviométriques et de la réactivité de la nappe. Ainsi, des épisodes de recharge ont affecté les nappes alluviales et karstiques du nord-est de la Corse, du Var et du Vaucluse. Les niveaux sont modérément hauts à très hauts sur ces secteurs mais se retrouvent en dessous des normales ailleurs.

Les précipitations excédentaires de décembre ont permis une reprise de la phase de recharge des nappes du Roussillon, du Languedoc et du sud du Massif central. Les situations ont pu s’améliorer considérablement, notamment pour les nappes les plus réactives du socle et des calcaires karstiques. Des niveaux sous les normales s’observent cependant encore pour des nappes moins réactives du littoral. De plus, l’état des nappes de la plaine du Roussillon et du massif des Corbières s’améliorent lentement mais affichent toujours des niveaux localement bas.

Plusieurs nappes présentent des situations excédentaires, avec des niveaux hauts par rapport aux mois de décembre des années antérieures :

  • Les nappes des calcaires du Jura ont bénéficié d’un début de période de recharge (septembre à décembre) excédentaire ;
  • Les épisodes conséquents de recharge durant la seconde quinzaine de décembre permettent d’observer des niveaux hauts pour les nappes des calcaires karstifiés des Grands Causses, de la bordure cévenole et du massif des Corbières et pour les nappes alluviales de l’Hérault et de l’Orb.

Des nappes présentent des situations moins favorables avec des niveaux modérément bas à bas par rapport aux mois de décembre des années précédentes :

  • Les nappes de Champagne et de Lorraine accusent un début de la période de recharge déficitaire et affichent des niveaux modérément bas ;
  • Quelques nappes du pourtour méditerranéen et de l’ouest de la Corse restent impactées par la sécheresse automnale ;
  • Les niveaux des nappes du Roussillon s’améliorent avec les épisodes récents de recharge mais restent bas, les déficits accumulés étant importants.

Chiffres clés

  • 63.00
    %
    des niveaux sont en hausse

  • 46.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 30.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les mois de janvier, février et mars 2026 privilégient des températures plus élevées sur l’ensemble du territoire. Aucun scénario ne se dégage concernant la pluviométrie.

Les tendances et l’évolution des situations des nappes sur les prochaines semaines dépendront exclusivement des pluies infiltrées, et donc des cumuls pluviométriques, et du temps de réponse de la nappe (réactivité / inertie).

Nappes inertielles

Sur le prochain trimestre, les tendances des nappes inertielles du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône devraient rester orientées à la hausse, avec l’infiltration lente des pluies de la fin de l’automne et du début de l’hiver. L’état des nappes devrait alors continuer à s’améliorer lentement. Les prévisions en sortie d’hiver sont plutôt favorables, même si des incertitudes relatives à la fin de la période de recharge subsistent.

La recharge ne devrait pas être très active en janvier pour la plupart des nappes inertielles du Bassin parisien et de l’est de l’Artois, du fait d’une sécheresse météorologique persistante en décembre. Compte tenu de leur réaction lente au déficit de recharge, ces nappes ne devraient pas connaître de sécheresse hivernale. Cependant les prévisions sont moins optimistes pour le printemps et l’été 2026, notamment si la recharge demeure déficitaire. Une surveillance accrue est préconisée durant les prochains mois sur ces nappes.

Nappes réactives

Concernant les nappes réactives, les prévisions pour le prochain trimestre restent encore incertaines car dépendantes des cumuls pluviométriques. Les prévisions sont plus optimistes pour les nappes affichant en décembre des niveaux au-dessus des normales que pour celles en-dessous. Cependant, la situation peut évoluer rapidement selon les épisodes de recharge et la réactivité de la nappe. Les niveaux de l’été 2026 dépendront d’une recharge abondante durant l’hiver et perdurant durant le printemps, afin de repousser le début de la période de vidange.

Une attention particulière mérite d’être portée sur les nappes affichant des niveaux sous les normales en décembre 2025. Le retour à des niveaux au-dessus des normales d’ici la sortie d’hiver ne sera possible qu’en cas d’épisodes pluviométriques suffisants et bien répartis dans les prochains mois.

Les situations des nappes du Roussillon restent fragiles et les prévisions incertaines. Si les pluies se poursuivent, les niveaux des nappes seront probablement suffisants pour assurer les différents usages durant le printemps et l’été 2026. Cependant, des secteurs des nappes profondes pliocènes resteront très probablement encore en déficit. En effet, il semble difficilement envisageable de reconstituer durablement les réserves de ces nappes peu réactives. Cependant, si la sécheresse météorologique reprend durant l’hiver et le début du printemps, l’état de l’ensemble des nappes se dégradera à nouveau et les niveaux resteront sous les normales.

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État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM