Situation hydrogéologique au 1er décembre 2025
La recharge est active en novembre, avec 57% des niveaux en hausse (37% en octobre). Les épisodes de recharge sont cependant inégalement répartis dans le temps et permettent uniquement de maintenir les situations par rapport à octobre. L’état des nappes reste généralement satisfaisant, de modérément bas à modérément haut. La situation est déficitaire avec des niveaux bas pour les nappes du Roussillon.
Durant l’hiver, les tendances et l’évolution des situations dépendront essentiellement de la pluviométrie récente pour les nappes réactives et de la pluviométrie cumulée sur la période de recharge pour les nappes inertielles. Les tendances et les situations pourraient changer en quelques semaines pour les nappes réactives et lentement pour les nappes inertielles.
Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente
Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.
À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er décembre 2025.
© BRGM
Tendances d’évolution
La période de recharge s’est amorcée entre fin août et septembre sur de nombreuses nappes réactives (sauf Massif armoricain), a marqué une pause début octobre avant de reprendre fin octobre. Concernant les nappes inertielles, la période de recharge a commencé à se mettre en place à partir d’octobre.
En novembre, la recharge est active avec 57% des niveaux en hausse et 30% en baisse (respectivement 37% et 42% en septembre).
Nappes inertielles
La période de recharge peine à se généraliser aux nappes inertielles de l’Artois et du Bassin parisien. Les niveaux sont en hausse sur les nappes moins inertielles de l’ouest de l’Artois et de Sologne et Sancerre. Concernant les autres nappes inertielles, la vitesse de vidange s’est ralentie à partir d’octobre sur de nombreux points. Mais les pluies infiltrées en profondeur restent insuffisantes pour compenser les sorties (cours d’eau, mer, prélèvements) et ainsi initier la période de recharge.
La recharge s’est activée en octobre ou novembre sur les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, les cumuls pluviométriques ayant été plus importants entre septembre et novembre.
Nappes réactives
La recharge est active en novembre sur la majorité des nappes réactives, avec des niveaux en hausse. Les pluies efficaces, inégalement réparties sur le mois, ont néanmoins permis d’engendrer des épisodes de recharge suffisants. En effet, la plupart des points d’observation enregistrent une baisse de niveaux en début de mois, du fait d’un épisode de recharge fin octobre suivi par un début novembre déficitaire en matière de précipitations, puis une hausse parfois conséquente des niveaux en fin de mois.
Les précipitations souvent importantes survenues à la fin du mois n’ont pas toujours permis de compenser un début de mois déficitaire. Ainsi, les niveaux sont stables pour les nappes réactives de l’est de la Lorraine et pour les nappes du pourtour et du sud du Massif armoricain.
Les tendances sont plus hétérogènes pour le pourtour méditerranéen et la Corse, ces secteurs ayant enregistré des pluies mensuelles déficitaires durant l’automne. La recharge des nappes s’amorce difficilement. Ainsi, les nappes de la Vistrenque, du Bas-Rhône et de la Durance sont en baisse en novembre. Cependant, quelques épisodes pluviométriques ont pu permettre d’enregistrer des recharges, notamment sur le littoral ouest du Languedoc où des niveaux sont en hausse.
Situation comparée entre le 1er décembre 2024 et le 1er décembre 2025
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er décembre 2024 (à gauche) et au 1er décembre 2025 (à droite).
© BRGM
Situation des nappes
En fin d’été 2025, la situation des nappes était généralement satisfaisante pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives. La situation s’est ensuite améliorée en septembre pour les nappes réactives puis s’est stabilisée en octobre.
En novembre, les niveaux sont satisfaisants, de modérément bas à modérément hauts. La situation est quasiment identique à celle d’octobre : 35% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 22% sont comparables et 43% sont au-dessus (idem en octobre).
La situation était beaucoup plus satisfaisante en novembre 2024, après un début de période de recharge très excédentaire et malgré un mois de novembre sec : 65% des niveaux étaient au-dessus des normales mensuelles. La situation est cependant meilleure en 2025 pour les nappes de la plaine du Roussillon et du massif des Corbières.
Nappes inertielles
Concernant l’Artois et le Bassin parisien, les nappes inertielles bénéficient toujours des recharges excédentaires de 2023-2024 et de 2024-2025. La période de recharge 2025-2026 tarde cependant à se mettre en place et la longue période de vidange impacte la situation des nappes. Ainsi, les nappes moins inertielles de l’Artois, de Champagne, de Bourgogne et du Gâtinais, du Perche et du Maine affichent des niveaux proches des normales à modérément bas. Les nappes plus inertielles du centre du Bassin parisien conservent des niveaux modérément hauts.
Les nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône enregistrent des niveaux proches des normales à modérément bas. Les niveaux début 2025 étaient plus déficitaires que dans le Bassin parisien mais la période de vidange a été plus courte.
Nappes réactives
Entre septembre et novembre, les situations des nappes réactives n’évoluent que peu. Les apports sont généralement suffisants pour maintenir l’état des nappes, mais insuffisants pour engendrer une amélioration notable. L’état des nappes s’améliorent légèrement du sud de l’Alsace au nord des Alpes et sur l’ouest du Massif central, les pluies efficaces ayant été abondantes. Ils se dégradent au droit des secteurs peu arrosés, comme le sud du Massif armoricain, la bordure cévenole, la Provence et la Côte d’Azur.
Les niveaux satisfaisants, modérément hauts à proches des normales, s’enregistrent sur les nappes réactives ayant bénéficié de forts épisodes de recharge entre septembre et novembre. Les nappes concernées sont essentiellement situées sur une bande centrale du territoire, du Jura aux Charentes.
Les niveaux modérément bas s’expliquent par une sécheresse automnale, avec un début de la période de recharge tardif ou déficitaire. Ainsi les nappes du Massif armoricain et de l’Avesnois n’ont amorcé leur période de recharge que fin octobre. Concernant l’Adour, le pourtour méditerranéen et la Corse, les pluies automnales sont mal réparties dans l’espace et le temps et elles ne s’infiltrent que peu en profondeur.
L’état des nappes de la plaine du Roussillon et du massif des Corbières s’améliorent lentement mais affichent toujours des niveaux bas.
Nappes présentant des situations excédentaires
Plusieurs nappes présentent des situations excédentaires, avec des niveaux hauts par rapport aux mois de novembre des années antérieures :
- Les nappes des calcaires du Jura ont bénéficié d’un début de période de recharge (septembre à novembre) excédentaire ;
- La recharge a été excédentaire en novembre pour les nappes des calcaires des Causses du Quercy ;
- La situation des nappes alluviales du Rhône inférieur et de ses principaux affluents s’est améliorée avec les apports de septembre puis de novembre.
Nappes présentant des situations moins favorables
Des nappes présentent des situations moins favorables avec des niveaux modérément bas à bas par rapport aux mois de novembre des années précédentes :
- Les nappes du socle du Massif armoricain, accusant un début de la période de recharge tardif (fin octobre) ;
- Les nappes du pourtour méditerranéen et de Corse sont impactées par la sécheresse automnale ;
- Les niveaux des nappes des alluvions de l’Aude, de l’aquifère multicouche du Roussillon et des calcaires karstifiés du massif des Corbières sont bas.
Chiffres clés
-
57.00%des niveaux sont en hausse
-
43.00%des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles
-
35.00%des niveaux sont sous les normales mensuelles
Prévisions
Les prévisions saisonnières de Météo-France pour les mois de décembre 2025 et janvier et février 2026 privilégient des températures plus élevées sur l’ensemble du territoire. Aucun scénario ne se dégage concernant la pluviométrie.
Les tendances et l’évolution des situations des nappes sur les prochaines semaines dépendront exclusivement des pluies infiltrées, et donc des cumuls pluviométriques, et du temps de réponse de la nappe (réactivité / inertie).
Nappes inertielles
Concernant les nappes inertielles du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône, la période de recharge devrait se poursuivre en décembre et jusqu’au printemps 2026. L’état des nappes devrait continuer à s’améliorer en décembre, avec l’infiltration en profondeur des pluies de ces dernières semaines.
Concernant les nappes de l’Artois et du Bassin parisien, les pluies déficitaires de novembre ne permettent pas d’être optimiste quant au début imminent de la période de recharge des nappes les plus inertielles.
A plus long terme, les situations ne devraient évoluer que lentement durant l’hiver et jusqu’au printemps, soit en s’améliorant si les pluies efficaces sont excédentaires, soit en se dégradant si elles sont déficitaires. Les prévisions sont confiantes quant à l’absence de sécheresse hivernale pour les nappes inertielles du Bassin parisien qui affichent actuellement des niveaux au-dessus des normales mensuelles. Cependant, compte tenu de ce début très tardif de la période de recharge sur ce secteur, des incertitudes apparaissent concernant les prévisions au printemps 2026.
Nappes réactives
En cas de pluies efficaces normales à excédentaires en décembre, la recharge des nappes réactives devrait se poursuivre activement. Les situations devraient alors continuer à se maintenir ou s’améliorer. Si la pluviométrie est insuffisante, les pluies infiltrées ne permettront pas de compenser les volumes de sortie (exutoires naturels et prélèvements). La vidange pourrait alors se réactiver. Les situations se dégraderont alors d’autant plus rapidement que le déficit est prononcé et que la nappe est réactive.
Concernant les nappes réactives affichant des niveaux actuels au-dessus des normales, ce début de recharge hivernale permet d’espérer des niveaux satisfaisants durant les prochaines semaines. Cependant, les prévisions pour le début de printemps 2026 restent incertaines. En effet, la situation peut également se dégrader rapidement en cas de pluviométrie insuffisante. Les niveaux de l’été 2026 dépendront d’une recharge abondante durant l’hiver et perdurant durant le printemps, afin de repousser le début de la période de vidange.
Une attention particulière mérite d’être portée durant les prochaines semaines sur les nappes qui accusent un début de recharge déficitaire et qui affichent en novembre des niveaux modérément bas (Massif armoricain, Adour, sud-est et Corse).
Enfin, l’atteinte de niveaux normaux au printemps 2026 reste toujours très incertaine pour les nappes de la plaine du Roussillon affichant des niveaux bas en novembre.
Contact presse
État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM
L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.
Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.
Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre
Comment les nappes se rechargent-elles et comment se vident-elles ?
Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).
Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.
À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.
Pourquoi certaines nappes se rechargent-elles plus vite que d'autres ?
Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.
Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :
- en quelques années en milieu poreux,
- en quelques mois en milieu fissuré,
- et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.
Nappes inertielles, nappes réactives : de quoi s'agit-il ?
L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.
On parle de nappes :
- réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
- inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.
© BRGM
Carte établie le 5 décembre 2025 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 30 novembre 2025.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.