L’absence de pluie efficace se poursuit en juillet, 94% des niveaux des nappes phréatiques sont en baisse. Avec 63% des points d’observation dont les niveaux sont en-dessous des normales mensuelles, la situation des nappes se dégrade. La vidange s’accentue. Les nappes les plus sensibles ou ayant bénéficié d’une recharge modérée ont des niveaux bien en-dessous des normales mensuelles.
10 août 2026

Nappes phréatiques : une situation qui se dégrade

La situation des nappes se dégrade en lien avec le déficit de pluie efficace du mois de juillet et avec l’augmentation de la demande en eaux des différents usages.

Comme le mois précédent, sur l’ensemble du territoire, la vidange des nappes se poursuit en lien avec le déficit de pluie efficace du mois de juillet et l’augmentation des prélèvements.

37% des points d’observation ont un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles. Cette situation est plus dégradée que celle au 1er août 2025 : 56% des points d’observation avaient un niveau au-dessus ou autour des normales mensuelles.

Le niveau des nappes est contrasté sur le territoire. Il est très bas pour les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bars et encore haut pour les nappes des formations de la Vistrenque.

Les nappes réactives dont les niveaux sont encore au-dessus de la normale mensuelle peuvent espérer avoir des niveaux satisfaisants pour le trimestre prochain. Cependant, des incertitudes existent concernant la répartition et l’efficacité des pluies estivales qui permettraient de réhumidifier les sols et ainsi limiter les prélèvements dans les nappes pour satisfaire les besoins des différents usages, notamment agricoles. Les prévisions à plus long terme restent incertaines.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er août 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er août 2026.

Carte établie le 6 août 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 juillet 2026.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de juillet 2025 à juillet 2026.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres de juillet 2025 à juillet 2026.

© BRGM

Tendances d’évolution

La vidange se poursuit au mois de juillet. Les niveaux piézométriques des nappes présentent des tendances à la baisse généralisée au niveau national. Ce phénomène s’explique par un déficit de pluie efficace depuis le mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sécheresse plus marquée et des températures élevées au mois de juin et juillet. 

Les données recueillies en juillet 2026 révèlent que la vidange s’opère sur 94% des points d’observation. Les niveaux sont stables pour 4% des points et sont à la hausse pour 2% d’entre eux. L’intensité de la vidange apparait plus marquée que celle de juillet 2025.

Nappes inertielles

En juillet 2026, le niveau des nappes à forte inertie continue de baisser. C’est le cas des nappes des calcaires de Beauce, de l’Artois, de Normandie, du Lutétien et des sables yprésiens du Bassin parisien, des grès des Vosges et des calcaires triasiques de Lorraine, des formations de la Bresse et de la Dombes, des formations fluvio-glaciaires de l’est lyonnais et du Dauphiné.

Seul le niveau de la nappe des cailloutis du Sundgau se stabilise.

Nappes réactives

La quasi-totalité des nappes présente des niveaux à la baisse. Seule la nappe des calcaires karstifiés du Quercy et celle des bassins de la Limagne ont des niveaux qui se stabilisent.

Ce constat est habituel pour la période. Les pluies tombées lors des épisodes orageux souvent violents, s’infiltrent peu dans les sols. De plus, les températures élevées de la période ont favorisé l’évapotranspiration et accru le besoin en eau des plantes. Les prélèvements pour l’irrigation et le tourisme ont pu localement accélérer la baisse des niveaux.

Situation comparée entre le 1er août 2025 et le 1er août 2026

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2025.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2025 (à gauche) et au 1er août 2026 (à droite).

© BRGM

Évolution des situations observées sur les piézomètres de juillet 2025 à juillet 2026.

Évolution des situations observées sur les piézomètres de juillet 2025 à juillet 2026.

© BRGM

Situation des nappes

Durant le mois de juillet 2026, la situation s’est détériorée en lien avec le déficit de pluie, les températures élevées et l’augmentation des prélèvements.

Fin du mois de juillet, les niveaux des nappes sont satisfaisants pour seulement 37% des points d’observation qui sont légèrement au-dessus ou autour de la normale. 63% des points d’observation sont en dessous des normales. Dans le détail, 16% des points sont au-dessus de la normale, 21% sont comparables et 63% sont en dessous de la normale (respectivement 22%, 24% et 54% fin juin).

La situation actuelle apparait plus dégradée que celle observée fin juillet 2025, période au cours de laquelle 30% des niveaux se situaient au-dessus de la normale mensuelle, 26% étaient comparables à cette dernière et 44% étaient en-dessous.

Nappes inertielles

Les niveaux des nappes à inertie élevée sont contrastés sur le territoire.

Certaines nappes affichent des niveaux modérément hauts par rapport à la moyenne. Il s’agit des nappes des calcaires de Beauce et des calcaires d'Armagnac.

La nappe du Sundgau présente des niveaux proches de la moyenne.

Les nappes des calcaires lutétiens et des sables yprésiens du nord du Bassin parisien, celle de la craie de l’Artois, de la craie normande, des formations du Dijonnais, de la Bresse et de la Dombes et des alluvions fluvioglaciaires du Dauphiné et de l’avant-pays savoyard ont des niveaux modérément bas pour la saison.

La nappe des grès des Vosges et des calcaires triasiques de Lorraine a un niveau bas.

Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.

Nappes réactives 

La situation des nappes à réactivité élevée est aussi contrastée.

Des niveaux restent encore modérément élevés pour les nappes des sables de Valras-Agde et des alluvions de la plaine du Roussillon. Les niveaux sont encore hauts pour la nappe des formations de la Vistrenque.

Les niveaux des nappes de socle de la Vilaine et bocage vendéen, de la craie de Touraine, des calcaires jurassiques de la Brenne et de la Vienne, des calcaires de l’Angoumois et du Périgord, des calcaires de l’entre-deux-mers, des alluvions de la Garonne amont, des calcaires de Corbières, des sables de la plaine du Roussillon, des calcaires jurassiques des Grands-Causses, des alluvions de l’Hérault, des calcaires de Provence et des formations fluvio-glaciaires de l’est lyonnais sont autour de la normale.

Certaines d’entre elles ont des niveaux bas. C’est le cas des nappes de socle du Morvan et de l’est du Massif central, des calcaires jurassiques des Charentes, des formations volcaniques du Massif central, des alluvions de la plaine nord d’Alsace, des calcaires de Lorraine et du Jura et de la craie de Champagne.

Les nappes du socle limousin et des calcaires de la Côte des Bars ont des niveaux très bas.

Les autres nappes réactives ont des niveaux modérément bas.

A noter que la situation des nappes des bassins de la Limagne, du Quercy et des alluvions de l’Adour, gave de Pau et Garonne aval s’est améliorée passant de niveaux bas à modérément bas.

Il convient de souligner que des disparités locales significatives peuvent être observées au sein de ces systèmes aquifères.

Chiffres clés

  • 94.00
    %
    des niveaux sont en baisse

  • 16.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 63.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France pour la période août-octobre 2026 indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur l'ensemble du territoire national. Concernant le régime des précipitations, Météo France indique qu’aucun scénario n’est privilégié à l’exception du sud de la France qui pourrait bénéficier de pluie au-dessus des normales de saison. 

Les besoins de la végétation, corrélée aux températures plus élevées et à l’augmentation des prélèvements, accentueront la vidange sur la quasi-totalité des nappes au moins pour le mois d’août. En septembre, avec des demandes en eau à la baisse et la fin de la campagne d’irrigation, la vidange des nappes devrait s’atténuer.

Nappes inertielles

Les niveaux des nappes inertielles sont conditionnés par les niveaux atteints lors de l'étiage précédent ainsi que par le cumul des précipitations efficaces durant l'intégralité de la période de recharge.

Seule la nappe du Sundgau a un niveau qui se stabilise. Pour les autres nappes dont les niveaux sont déjà en baisse, elles continueront à avoir une tendance baissière jusqu’à l’automne. 

Cependant, les projections pour l'été 2026 demeurent incertaines. Les niveaux piézométriques seront nécessairement inférieurs à ceux observés en 2025, en raison d'une recharge 2025-2026 plus modérée. 

Nappes réactives

Le déficit de précipitations efficaces enregistré au mois de juillet a engendré une poursuite de la vidange des nappes réactives. Néanmoins, concernant les nappes présentant des niveaux excédentaires, de modérément hauts à hauts, les prévisions saisonnières demeurent favorables.

Pour les autres nappes dont les niveaux se situent autour de la normale ou en-dessous, des incertitudes existent et dépendront des précipitations estivales.

Les nappes à réactivité élevée sont sensibles à une sécheresse prolongée et intense. C’est le cas des nappes du socle limousin et des calcaires de la Côte des Bars pour lesquelles la situation est déjà préoccupante.

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État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM