Les pluies de juillet ont eu peu d’impact sur les nappes phréatiques et la vidange se poursuit. La situation est hétérogène, avec 44% des points d’observation sous les normales mensuelles, bien plus qu’en 2024 (17%).
8 août 2025

Situation hydrogéologique au 1er août 2025

Les précipitations de juillet n’ont eu qu’un faible impact sur les nappes. La vidange a été ralentie par des épisodes de recharges localisés et ponctuels. Mais les niveaux sont restés en baisse (88%). L’état des nappes se dégrade lentement et reste hétérogène, de très bas à modérément haut. La situation des nappes réactives du nord-est est peu favorable, la fin de la recharge hivernale ayant été insuffisante. Elle est plus satisfaisante pour les nappes réactives ayant été soutenues par les pluies efficaces de fin d’hiver et du printemps et pour les nappes inertielles.

En août, les tendances devraient rester orientées à la baisse. Concernant les nappes réactives, les tendances et l’évolution des situations dépendront essentiellement des pluies efficaces locales et des demandes en eau. Les épisodes orageux survenant habituellement en fin d’été devraient uniquement impacter les nappes très réactives. Mais les épisodes de recharge devraient rester ponctuels et peu intenses. La situation des nappes inertielles ne devrait que peu se modifier durant les prochaines semaines, sauf en cas de fortes sollicitations (prélèvements). La situation devra être particulièrement surveillée sur les nappes qui affichent actuellement des niveaux sous les normales mensuelles ainsi que sur les secteurs fortement sollicités par des prélèvements.

Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente

Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.

À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er août 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 1er août 2025.

Carte établie le 6 août 2025 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 juillet 2025.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Évolution des tendances observées sur les piézomètres d'août 2024 à juillet 2025.

Évolution des tendances observées sur les piézomètres d'août 2024 à juillet 2025.

© BRGM

Tendances d’évolution

La période de vidange a débuté très précocement, à partir de février, sur les nappes réactives d’une grande partie nord du territoire. La vidange s’est ensuite généralisée aux nappes inertielles de l’Artois et du Bassin parisien durant le printemps. Elle s’est mise en place entre avril et mai sur les nappes du sud et de la Corse. A partir de mai, les pluies n’étaient plus efficaces pour engendrer des épisodes de recharge. Les niveaux sont alors restés en baisse en mai et juin.

En juillet 2025, 88% des niveaux sont en baisse (87% en juin).

La vidange est en cours sur la totalité des nappes, les précipitations ayant été peu bénéfiques pour les nappes. Ce constat est habituel à cette période de l’année : les épisodes pluviométriques de l’été ne s’infiltrent que très peu en profondeur. D’une part, les épisodes orageux favorisent le ruissellement au détriment d’une infiltration dans les sols. D’autre part, les pluies infiltrées permettent d’humidifier les sols et profitent essentiellement à la végétation. 

Cependant, les pluies ont été abondantes en juillet. Elles ont localement réussi à s’infiltrer en profondeur et à engendrer des épisodes ponctuels de recharge. Ces apports ont permis de réduire la vitesse de la vidange de nappes réactives situées au droit de secteurs très arrosés (moitié nord du territoire, pourtour méditerranéen et Corse). Les précipitations ont permis une diminution plus ou moins significative des prélèvements, notamment pour l’irrigation et le tourisme, et d’alléger ainsi la pression sur les eaux souterraines.

Concernant les nappes inertielles et les secteurs peu arrosés abritant des nappes réactives, la vidange reste active. La baisse des niveaux est localement accentuée par les prélèvements en nappe pour l’irrigation.

Situation comparée entre le 1er août 2024 et le 1er août 2025

Pour visualiser l'évolution sur un an, faites glisser le curseur sur la carte.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2024.
Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2025.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes au 1er août 2024 (à gauche) et au 1er août 2025 (à droite).

© BRGM

Évolution de la situation observée sur les piézomètres d'août 2024 à juillet 2025.

Évolution de la situation observée sur les piézomètres d'août 2024 à juillet 2025.

© BRGM

Situation des nappes

Les niveaux à l’étiage 2024 (octobre) étaient particulièrement hauts. Ils ont ensuite évolué durant l’automne et l’hiver selon l’intensité des recharges. La situation globale s’est dégradée progressivement depuis février, du fait d’un déficit de précipitations persistant sur une grande partie nord du territoire qui s’est généralisé entre avril et mai au sud.

L’état global des nappes est hétérogène en juillet : 44% des points d’observation sont sous les normales mensuelles, 24% sont comparables et 32% sont au-dessus (respectivement 39%, 26% et 35% en juin).

La situation était beaucoup plus satisfaisante en juillet 2024, avec 70% des niveaux au-dessus des normales mensuelles, du fait d’une recharge 2023-2024 abondante et d’un fort soutien par les pluies du printemps 2024. La situation est meilleure en 2025 pour les nappes très inertielles de la Beauce et du Sundgau (sud Alsace) et pour quelques nappes réactives (massif des Corbières, vallées de l’Hérault et de l’Orb et Corse).

En juillet 2025, les situations restent généralement stables par rapport à juin. Elles s’améliorent légèrement sur les nappes réactives du nord-est du Massif armoricain et de Corse qui ont bénéficié d’un soutien par les pluies. Elles se dégradent sur les nappes inertielles, peu sensibles aux conditions météorologiques récentes, et sur les nappes réactives du Bassin aquitain au Jura.

Nappes inertielles

L’état des nappes inertielles reste globalement satisfaisant en juillet, avec des indicateurs modérément bas à modérément hauts.

Sur l’Artois et le Bassin parisien, les niveaux sont majoritairement modérément hauts. Quelques points hauts à très hauts sont présents en partie ouest de la Beauce. Les nappes moins inertielles du littoral de l’Artois et de la bordure est et sud du Bassin parisien sont plus sensibles aux déficits de recharge enregistrés en fin d’hiver et durant le printemps. Leurs niveaux sont modérément bas à proches des normales mensuelles.

Les niveaux des nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône sont généralement comparables aux normales. Les situations locales peuvent être hétérogènes, avec des niveaux bas à hauts.

Nappes réactives 

L’état des nappes réactives dépend des cumuls pluviométriques de ces dernières semaines et de la réactivité de la nappe.

Les pluies déficitaires de la fin d’hiver et du printemps ont fortement impacté les nappes réactives du nord (Boulonnais et Avesnois), du Grand-Est, du Jura et des deux-tiers nord du Massif central. Les niveaux sont peu satisfaisants, modérément bas à bas. Quelques points très bas apparaissent sur les nappes du socle du Massif central.

Concernant le Massif armoricain, le Bassin aquitain, le pourtour méditerranéen et la Corse, les niveaux sont plus satisfaisants, de modérément bas à modérément hauts. Les situations hétérogènes s’expliquent par les cumuls pluviométriques locaux infiltrés durant le printemps, par le soutien des pluies de juillet et par la pression exercée localement par les prélèvements. Ainsi, les pluies efficaces de juillet ont soutenu les niveaux des nappes du Massif armoricain, du pourtour méditerranéen et de la Corse. Les situations sont restées stables voire se sont améliorées en Corse. A l’inverse, les apports ont été déficitaires sur le Bassin aquitain et les situations se sont dégradées entre juin et juillet.

Enfin, les niveaux sont bas à très bas sur les nappes de la vallée de l’Aude, du massif des Corbières et de la plaine du Roussillon. Les précipitations de juillet ont engendré une recharge des nappes les plus réactives (Corbières notamment) et ont permis de réduire les prélèvements en nappe (irrigation et arrosage).

Plusieurs nappes présentent des situations excédentaires, avec des niveaux modérément hauts par rapport aux mois de juillet des années antérieures :

  • Les nappes inertielles de l’ouest et du sud du Bassin parisien bénéficient encore des apports des recharges excédentaires de 2023-2024 et de 2024-2025 et observent des niveaux modérément hauts ;
  • Les niveaux des nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents restent modérément hauts ;
  • La situation de la nappe des sables astiens à Valras-Agde redevient supérieure aux normales mensuelles, la gestion des prélèvements permettant de limiter les pressions sur les eaux souterraines ;
  • La pluviométrie excédentaire de juillet a permis d’améliorer l’état des nappes du littoral de Corse et les niveaux deviennent modérément hauts.

Plusieurs nappes présentent des situations peu favorables avec des niveaux bas à très bas par rapport aux mois de juillet des années précédentes :

  • Les niveaux des nappes réactives des calcaires jurassiques du Boulonnais, de Lorraine et de la Côte-des-Bars sont bas, conséquence des pluies efficaces déficitaires de la fin d’hiver et du printemps ;
  • L’état des nappes du socle du nord-est du Massif central, des alluvions et des bassins tertiaires de la Limagne et des formations volcaniques atteint des niveaux bas ;
  • Les niveaux des nappes de l’aquifère multicouche du Roussillon, des calcaires karstifiés du massif des Corbières et des alluvions de l’Aude sont bas à très bas.

Chiffres clés

  • 88.00
    %
    des niveaux sont en baisse

  • 32.00
    %
    des niveaux sont au-dessus des normales mensuelles

  • 44.00
    %
    des niveaux sont sous les normales mensuelles

Prévisions 

Les prévisions saisonnières de Météo-France sur les mois d’août, septembre et octobre 2025 privilégient des températures plus élevées sur l’ensemble du territoire. Aucun scénario ne se dégage pour la pluviométrie.

Les températures élevées prévues par Météo-France devraient contribuer à augmenter les besoins en eau de la végétation et les prélèvements (irrigation, activités de loisirs et tourisme). En absence de pluies suffisantes en août, intensifiant la sécheresse des sols, la demande en eau pourrait être forte. Les sollicitations importantes des eaux souterraines pourraient accentuer localement les tendances à la baisse.

Prévisions saisonnières des nappes inertielles

Concernant les nappes inertielles (Artois, Bassin parisien, Sundgau, couloir Rhône-Saône), aucun épisode de recharge ne devrait s’observer avant la mise en dormance de la végétation et la survenue de pluies importantes, soit avant le milieu de l’automne ou le début d’hiver. La vitesse de la vidange pourrait toutefois être accélérée par les prélèvements, notamment pour l’irrigation. Sur l’Artois et le Bassin parisien, les pluies excédentaires de juillet devraient cependant limiter les besoins en eau pour l’irrigation et alléger ainsi la pression exercée sur les eaux souterraines.

Les situations devraient rester stables ou se dégrader graduellement jusqu’à l’étiage. Les niveaux à l’étiage devraient rester au-dessus des normales pour les nappes les plus inertielles de l’Artois et du Bassin parisien. Les nappes du couloir Rhône-Saône devraient rester proches des normales mais pourraient atteindre des niveaux sous les normales en cas d’étiage tardif.

Prévisions saisonnières des nappes réactives

Concernant les nappes réactives, les tendances et l’évolution des situations des prochaines semaines dépendront essentiellement des pluies efficaces locales et des demandes en eau souterraine.

La vidange devrait se poursuivre jusqu’à l’automne et l’arrivée de précipitations importantes. Les épisodes orageux survenant habituellement en fin d’été devraient impacter uniquement les nappes les plus réactives. Les épisodes de recharge devraient cependant rester ponctuels et peu intenses. 

La situation devrait rester stable voire s’améliorer en cas de soutien par des pluies. Elle devrait se dégrader au droit des nappes non soutenues par de petits épisodes de recharge et sur celles fortement sollicitées par des prélèvements. Sauf évènements pluviométriques exceptionnels, l’étiage 2025 devrait être généralement inférieur aux normales sans atteindre les niveaux de 2022 et de 2023.

L’évolution des nappes présentant des situations peu satisfaisantes en juillet devra être particulièrement surveillée : Boulonnais, Avesnois, Grand-Est, Jura et deux-tiers nord du Massif central. Les prévisions sur les prochains mois demeurent très pessimistes pour les nappes de la plaine du Roussillon, du massif des Corbières et de la vallée de l’Aude.

Contact presse

Avatar du BRGM
Service presse du BRGM
Tél. : +33 (0)2 38 64 46 65 / +33 (0)6 84 27 94 14

État des nappes d’eau souterraine : un suivi assuré par le BRGM

L’eau souterraine est une ressource très utilisée : en France hexagonale, elle représente près des deux tiers de la consommation d’eau potable et plus du tiers de celle du monde agricole. Elle est aussi largement exploitée dans le secteur industriel. Les nappes d’eau souterraine dépendent de recharges cycliques.

Le BRGM assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France hexagonale. Découvrez les actions menées par le service géologique national et les ressources et bases de données disponibles sur l'eau souterraine en France.

Recharge des nappes : 3 questions pour mieux comprendre

Le niveau des nappes varie au cours de l’année, entre des niveaux hauts l’hiver (quand la végétation n’absorbe pas l’eau des pluies) et des niveaux bas l’été (période classique de vidange des nappes).

Le devenir d'une pluie est très différent selon la période de l'année et l'état de la surface sur laquelle elle tombe. Traditionnellement, la période de recharge des nappes s'étend du début de l'automne (septembre - octobre) au début du printemps (mars - avril), semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont en principe plus abondantes. Si l'hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.

À partir du printemps et durant l’été, la hausse des températures, la reprise de la végétation, et donc l’augmentation de l’évapotranspiration, limitent l’infiltration des pluies vers les nappes. Entre mai et octobre, sauf événements pluviométriques exceptionnels, la vidange des nappes se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.

Les nappes s'écoulent plus ou moins rapidement selon la porosité (pourcentage de vides dans la roche) et la perméabilité (capacité à laisser circuler l’eau – connexion entre ces vides) des aquifères. Plus les vides sont importants, grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoulera vite, et plus elle se remplira, mais aussi se videra vite.

Un même volume d’eau peut parcourir une même distance :

  • en quelques années en milieu poreux,
  • en quelques mois en milieu fissuré,
  • et en quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.

L'impact de la qualité de la recharge hivernale est différent selon la cyclicité de la nappe, c’est-à-dire sa réactivité à l’infiltration d’une pluie.

On parle de nappes :

  • réactives (dans des aquifères constitués de sables, graviers, calcaires karstiques, granites altérés). Elles se distinguent par des réactions rapides : elles peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, mais ont également une sensibilité importante à la sécheresse. Leur état de remplissage peut donc varier très rapidement au cours d’une même saison.
  • inertielles (dans des aquifères constitués de craie, calcaire non karstique, grès). Leurs réactions sont lentes. Leur cyclicité peut être pluriannuelle, c’est-à-dire qu’elles nécessitent une longue période pour se recharger ou se vidanger.
Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France hexagonale.

© BRGM

Cyclicité des nappes d'eau souterraine en France Hexagonale. © BRGM