Longtemps pilotée par l’agence d’Antananarive à Madagascar, l’activité du BRGM pour l’océan Indien a été installée de manière permanente à La Réunion en 1974. Les priorités de l’établissement se sont d’abord focalisées sur la cartographie géologique complète de l’île à l'échelle 1/50 000, mais aussi sur l’amélioration de la connaissance des eaux souterraines et la réalisation d’opérations de forage pour l’alimentation en eau potable. Dès la fin des années 70, le BRGM a mené des études de prospection du potentiel géothermique de l’île, et il a initié une mission de surveillance volcanique du Piton de la Fournaise (laquelle fut réattribuée à l’Institut de physique du globe de Paris au début des années 80).
Une activité dense sur les aléas naturels
En 1980, les dégâts du cyclone Hyacinthe (12 jours de pluies intenses et 25 morts) provoquent une prise de conscience de la nécessité de mieux suivre les risques naturels; le BRGM débutera de nombreuses études sur les glissements de terrain ou les risques d’éboulement, qui se sont poursuivies et affinées jusqu’à nos jours. Plus de la moitié de l’activité de la direction réunionnaise du BRGM est consacrée aux aléas naturels.
En 2014, le BRGM menait un vaste programme d’acquisitions de données géophysiques par voie aérienne. Celui-ci a permis de collecter des données essentielles sur la structure du sol, depuis la surface jusqu’à des profondeurs de 200 mètres environ. Les informations recueillies ont permis de mieux comprendre les premières couches géologiques de l’île et sont encore utilisées aujourd’hui dans divers projets de recherche.
À l’avenir, l’activité du BRGM continuera de s’inscrire dans les grands enjeux de son époque et dans ceux de la Réunion, en partenariat avec l’ensemble des acteurs locaux de la recherche et du service public. La direction territoriale de la Réunion emploie actuellement une dizaine de personnes.
Un accord-cadre avec le Conseil régional pour renforcer la coopération
Avec une surface de 2 520 km2 et 860 000 habitants, La Réunion est une région française densément peuplée. L’île est constituée de deux massifs volcaniques, le Piton des Neiges (point culminant de l’océan Indien avec 3071 m d’altitude) dont la dernière éruption est datée d’environ 12 000 ans, et le Piton de La Fournaise, volcan très actif avec en moyenne une éruption tous les neuf mois. Son climat tropical est caractérisé par une pluviométrie importante présentant une grande variabilité spatio-temporelle (l’ouest est aride, l’est est très arrosé, avec des records mondiaux d’intensité de pluie) engendrant des phénomènes d’érosion intense et une morphologie très abrupte. Elle connaît également des épisodes cycloniques réguliers. La Réunion concentre plusieurs problématiques qui sollicitent les géosciences : la pression démographique et foncière, la globalisation des échanges, les risques naturels, la gestion des ressources naturelles et des déchets, ainsi que la dépendance aux énergies fossiles importées.
Pour renforcer leur coopération, le Conseil régional de la Réunion et le BRGM ont signé ce 23 octobre 2024 un accord-cadre fixant les principaux objectifs des futurs travaux. Prévu pour une durée de quatre ans, cet accord s’inscrit dans la volonté des parties de renforcer une recherche tournée vers le besoin des populations locales et le développement d’une économie assurant les souverainetés sanitaires, alimentaires et énergétiques de l’île.
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