Dans un contexte de tensions internationales sur l’approvisionnement en métaux critiques, la France a lancé l’actualisation de l’inventaire de ses ressources minérales.
20 mai 2025
Répartition des 5 zones géographiques ciblées par l’inventaire des ressources minérales (IRM).

Répartition des 5 zones géographiques ciblées par l’inventaire des ressources minérales (IRM).

© BRGM

Alors que les transitions énergétique et numérique s’intensifient, les métaux critiques tels que le lithium, le graphite ou encore le tungstène sont devenus indispensables à la fabrication de technologies bas-carbone. Pour répondre à ces enjeux, la France a lancé en février 2025 une actualisation de son inventaire des ressources minérales. Objectif : mieux connaître le potentiel du sous-sol national pour renforcer la souveraineté industrielle de la France.

Un précédent inventaire en héritage

Ce nouveau programme ne part pas d’une feuille blanche. Il s’appuie sur un précédent exercice similaire réalisé entre 1975 et 1995 par le BRGM, dans un contexte déjà marqué par les tensions géopolitiques sur l’énergie et les matières premières du fait du premier choc pétrolier.

Ce premier inventaire portait principalement sur les métaux non ferreux et d’alliage comme le cuivre, le plomb ou encore le zinc. Près de 125 000 km² avaient alors été explorés, principalement dans les massifs anciens (Massif central, Alpes, Pyrénées…). Ce programme avait permis d’identifier plus d’une centaine de cibles d’intérêt, dont trois ont été mises en exploitation.

Ce socle de connaissances constitue aujourd’hui un appui précieux pour relancer une exploration minérale ciblée sur les nouveaux besoins.

Une approche renouvelée pour répondre aux enjeux contemporains

À l’ère des technologies vertes et du Critical Raw Materials Act européen, le nouvel inventaire se distingue par une approche plus diversifiée, approfondie et innovante. Il couvre désormais une soixantaine d’éléments, contre une vingtaine auparavant, dont certains – comme le lithium, le gallium ou le germanium – étaient absents ou mal détectés lors des premières campagnes.

Le programme, prévu sur cinq ans, cible en priorité cinq régions présentant un fort potentiel géologique : l’ouest du Massif central, la zone Morvan-Brévenne, les Vosges, l’Occitanie-Cévennes et le sillon nord de la Guyane. Dans l’Hexagone, les zones retenues présentent soit des ressources connues, dont les contours – ou extensions possibles – restent encore mal définis, soit un potentiel de découverte avéré pour des métaux critiques et stratégiques. En Guyane, la partie nord du territoire est associée à une grande diversité de minéralisation, incluant l’or, le cuivre, le plomb, le zinc, le lithium, le niobium et le tantale.

L’ambition est également technologique, avec la mobilisation de méthodes avancées d’acquisition et d’analyse, en particulier en géophysique et en géochimie, permettant une lecture tridimensionnelle fine du sous-sol et l’identification de cibles en profondeur. Par exemple, la géophysique aéroportée, qui repose sur des technologies d’imagerie non invasives embarquées à bord d’un avion ou suspendues sous un hélicoptère, permettant une acquisition rapide de données à une échelle régionale.

De quoi identifier les ressources minérales du sous-sol de façon plus précise et aussi peu intrusive que possible.