Bilan global de l’année hydrologique 2024-2025
La situation à l’étiage 2024, en début d’année hydrologique 2024-2025, était particulièrement haute, sauf sur le sud-est. La recharge a débuté dès septembre 2024 sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives et s’est généralisée courant octobre 2024 à l’ensemble des nappes réactives et inertielles. La recharge 2024-2025 a été très active en octobre, a fortement ralenti en novembre, avant de reprendre en décembre et janvier sauf sur le sud-est puis de s’atténuer à partir de février sur une grande partie du territoire et de se réactiver sur le sud-est. L’état des nappes a évolué selon les apports de ces recharges. Les niveaux des hautes eaux 2025 étaient généralement proches à au-dessus des normales. Quelques situations déficitaires restaient présentes notamment sur le Roussillon et le littoral ouest du Languedoc.
La période de vidange 2025 a débuté très précocement, à partir de février, sur les nappes réactives d’une grande partie nord du territoire. La vidange s’est généralisée aux nappes inertielles durant le printemps 2025. Elle s’est mise en place tardivement, entre avril et mai 2025, sur les nappes du sud et de la Corse. A partir de mai 2025, les pluies n’auraient plus dû être efficaces pour engendrer des épisodes de recharge. Cependant les périodes humides ont continué à se succéder et les pluies ont pu être suffisantes pour s’infiltrer en profondeur, générer des épisodes de recharge ponctuels et soutenir les niveaux.
Lors de l’étiage 2025, fin août ou courant septembre, la situation des nappes était généralement proche des normales à haute pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives. Des nappes de la moitié nord et du centre du territoire ont souffert d’une vidange 2025 longue et plus intense et enregistraient des niveaux modérément bas. Enfin, l’état des nappes de la plaine du Roussillon, du massif des Corbières et de la vallée de l’Aude est resté déficitaire durant toute l’année hydrologique 2024-2025.
Situation en début d’année hydrologique
Période d’étiage 2024 (début de période de recharge)
Les plus basses eaux 2024 (étiage) marquent le début de l’année hydrologique 2024-2025. Elles sont survenues un peu précocement sur l’ensemble du territoire, généralement entre septembre et octobre 2024.
Les premiers épisodes de recharge ont été observés localement sur les nappes réactives durant la seconde quinzaine d’août et début septembre 2024 avec les orages de fin d’été. Ces pluies efficaces ont pu engendrer des recharges momentanées sur de nombreuses nappes réactives et ainsi freiner la vitesse de vidange. L’étiage 2024 des nappes réactives a été enregistré durant la première quinzaine de septembre sur une grande partie de la moitié sud du territoire et en Corse et entre fin septembre et octobre sur la moitié nord ainsi que sur le Roussillon, le Languedoc et le sud du Massif central.
L’étiage 2024 des nappes inertielles est généralement survenu entre fin septembre et mi-octobre. Il a été plus tardif, entre mi-novembre et début décembre au droit de quelques points d’observation plus inertiels du Bassin de l’Artois et du Bassin parisien.
Situation des nappes en début de période de recharge
La situation à l’étiage 2024 était généralement excédentaire. En effet, la recharge 2023-2024 a été globalement très au-dessus des normales et la décharge 2024 a été atypique, avec un fort soutien par les pluies infiltrées durant le printemps et, en moindre mesure, de l’été. De plus, la pression des prélèvements a été probablement faible, en lien avec des températures peu élevées.
Concernant les nappes inertielles d’Artois-Picardie, du Bassin parisien et du couloir Rhône-Saône, les niveaux de l’étiage 2024 étaient généralement modérément hauts à hauts. Ils ont atteint des niveaux très hauts sur le bassin Artois-Picardie, en Champagne, en Brie et en Tardenois, en Bourgogne et en Gâtinais, en Sologne et en Sancerre. Des niveaux comparables aux normales à modérément bas étaient toujours présents sur les nappes de la Beauce, de la Bresse et Dombes et du Sundgau, conséquence de leur très forte inertie.
La situation des nappes réactives des deux-tiers nord et du sud-ouest était excédentaire, avec des niveaux d’étiage généralement hauts à très hauts. Les niveaux d’étiage très hauts concernaient principalement les nappes très réactives des calcaires jurassiques et crétacés (Boulonnais, Lorraine, Jura, pourtour du Bassin parisien et pourtour du Bassin aquitain) mais également les nappes des grès vosgiens de Lorraine, du socle du sud du Massif armoricain, des formations plioquaternaires du Bassin aquitain, des alluvions des vallées des Alpes. Quelques nappes moins réactives ou ayant été moins soutenues durant le printemps et l’été 2024 présentaient des niveaux d’étiage modérément hauts : nord-ouest du Massif armoricain, Avesnois, plaine de la Limagne, volcans du Massif central et plaine sud d’Alsace.
Des niveaux d’étiage records ont été ponctuellement enregistrés sur de nombreuses nappes réactives et sur la nappe inertielle des calcaires et sables tertiaires de la Brie au Tardenois. Un risque d’inondation par remontée de nappe a été identifié à court terme pour les nappes réactives. Les nappes réactives peuvent jouer un rôle directement en débordant ou en contribuant à l’alimentation de cours d’eau déjà en crue. Mais le plus souvent, elles jouent un rôle indirect : lorsque le sol et le sous-sol sont saturés d’eau, la nappe constitue un facteur aggravant des ruissellements ou débordements de cours d’eau en limitant l’infiltration des pluies et l’évacuation de l’eau.
Sur le pourtour méditerranéen et en Corse, les niveaux des basses eaux 2024 étaient moins favorables, de bas à modérément hauts. La recharge 2023-2024 a été déficitaire et les nappes ont été peu soutenues par les pluies du printemps et de l’été 2024. L’étiage 2024 s’est de nouveau avéré particulièrement intense, atteignant des minima historiques, sur les nappes de la plaine du Roussillon, des calcaires du massif des Corbières et des alluvions de l’Aude. Les cumuls de pluies infiltrées durant l’année hydrologique 2023-2024 sont restés très insuffisants pour compenser les déficits accumulés lors des 2 années hydrologiques précédentes. A noter que la nappe profonde du pliocène du Roussillon apparaissait sur certains secteurs à un niveau modérément bas du fait de la forte diminution de la pression des prélèvements, engendrant une remontée locale des niveaux. En Corse, l’état des nappes était très contrasté, avec des niveaux d’étiage inquiétants, de modérément bas à très bas, sur le Cap Corse et les plaines orientales, et des niveaux supérieurs aux normales mensuelles sur le littoral ouest.
Situation des nappes d'eau souterraine à l’étiage 2024.
© BRGM
Analyse de la période de recharge 2024-2025
Les nappes sont alimentées principalement durant l’automne et l’hiver car la pluviométrie est généralement plus abondante, l’évaporation est faible et la végétation reste peu active et ne prélève pratiquement pas d’eau dans les sols. La hausse des niveaux dépend de la durée potentielle de la recharge et l’importance des précipitations durant cette période.
L’impact de la pluie efficace sur la nappe (temps de réponse et variation des niveaux) est conditionné par l’épaisseur et la nature des terrains traversés. Le temps de réponse peut être de quelques jours pour une nappe réactive (alluvions, sables, calcaires karstiques crétacés et jurassiques, formations de socle) et de plusieurs semaines pour une nappe inertielle (craie crétacée, sables et calcaires éocènes d’Artois-Picardie et du Bassin parisien ainsi que formations miocènes, plio-quaternaires et fluvio-glaciaires du Sundgau au sud de l’Alsace et des plaines situées à l’est du Rhône et de la Saône). Les niveaux des plus hautes eaux, observés en fin de période de recharge, sont en général enregistrés entre mars et mai.
Evolution de la recharge des nappes
Les conditions pour engendrer des épisodes de recharge ont été réunies dès la fin de l’été 2024 sur de nombreux secteurs. Les sols étaient humides et les températures faibles limitaient l’évapotranspiration et les besoins en eau de la végétation. En réponse aux précipitations importantes, les tendances se sont alors inversées. La période de recharge 2024-2025 s’est mise en place un peu précocement, dès septembre, sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives et s’est généralisée courant octobre à l’ensemble des nappes réactives et inertielles.
La végétation s’est ensuite mise en dormance en octobre 2024, permettant une infiltration efficace des précipitations. L’évolution des tendances et des situations durant l’automne et l’hiver 2024-2025 a alors été uniquement dépendante des cumuls pluviométriques locaux. Ainsi, les épisodes de recharge ont été conséquents en octobre 2024. La recharge a ensuite fortement ralenti en novembre 2024 et la vidange a parfois repris à une vitesse particulièrement rapide sur certains piézomètres captant une nappe réactive. Ce constat s’explique à la fois par des pluies efficaces déficitaires et par une vitesse de décharge plus élevée lorsque les niveaux sont très hauts comme c’était le cas en octobre 2024. En effet, plus les niveaux sont hauts et donc la pression élevée, plus une nappe débite et se vidange rapidement.
La recharge s’est ensuite réactivée en décembre 2024, mais à une vitesse souvent ralentie sur les secteurs abritant des nappes réactives du fait des pluies faibles. Elle s’est poursuivie plus activement en janvier 2025. Fin janvier, les niveaux exceptionnellement hauts de la nappe réactive du socle en Ille-et-Vilaine ont pu contribuer aux inondations. Seules les nappes du sud-est sont restées en baisse en décembre 2024 et janvier 2025. En effet, les nappes inertielles du couloir rhodanien, de l’Est Lyonnais au Bas-Dauphiné, et les nappes réactives du Languedoc, du sud du Massif central, de la Provence, de la Côte d’Azur et des vallées des Alpes n’ont pas bénéficié de cumuls pluviométriques suffisants. De plus, les précipitations tombées sous forme neigeuse n’ont pas été bénéfiques à la recharge des nappes du Massif alpin.
La recharge s’est ensuite atténuée à partir de février 2025 sur une grande partie du territoire. Ainsi les tendances se sont inversées en février 2025 sur de nombreuses nappes réactives et en mars 2025 sur les nappes inertielles, les pluies efficaces déficitaires de février à avril 2025 ne permettant plus de compenser les sorties vers les exutoires naturels (cours d’eau, sources, mer) et vers les prélèvements. Dans un même temps, La recharge s’est réactivée au sud-est : les nappes ont bénéficié de plusieurs épisodes de recharge en février, en mars et en avril 2025. A partir d’avril, la végétation était active et les pluies ont eu de moins en moins d’impact sur les nappes.
Évolution des tendances observées sur les piézomètres de septembre 2024 à mai 2025.
© BRGM
Bilan de la recharge des nappes
A l’échelle du territoire, la recharge 2024-2025 a été hétérogène, de déficitaire à très excédentaire, selon les cumuls pluviométriques locaux et la réactivité de la nappe.
La recharge excédentaire des nappes les plus inertielles du Bassin de l’Artois et du Bassin parisien a été la conséquence du cumul des pluies infiltrées en profondeur sur l’ensemble de l’automne et de l’hiver 2024-2025.
La recharge a été moins satisfaisante, de déficitaire à proche de la moyenne, pour les nappes moins inertielles du littoral de l’Artois et de la bordure est du Bassin parisien et pour les nappes réactives des deux-tiers nord et du sud-ouest du territoire. La succession de périodes humides et de périodes sèches durant l’automne 2024 et l’hiver 2024-2025 a eu pour conséquences un enchaînement d’épisodes de remontée des niveaux et de vidange, peu efficace pour une recharge efficace et pérenne des nappes réactives. De plus, la période de recharge s’est terminée précocement, dès février 2025.
Au sud-est, les pluies infiltrées de février à avril 2025 ont permis de compenser les déficits des mois précédents. Les recharges des nappes réactives ont généralement été conformes aux normales à modérément excédentaires. Des disparités existaient cependant, selon les cumuls pluviométriques locaux. Enfin, les pluies ont été moins efficaces pour les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône : la recharge a été modérément déficitaire à autour de la moyenne.
Bilan de la recharge des nappes d'eau souterraine 2024-2025.
L’indicateur Standardisé des Niveaux Bas (avant la recharge hivernale), ou ISN-B, traduit l’écart à la moyenne (normale) des niveaux journaliers minimums atteints en fin de période de décharge. Cet indice permet un classement des niveaux journaliers de basses eaux des nappes (de très bas à très hauts) par rapport aux niveaux journaliers de basses eaux enregistrés sur la période de référence 2001-2025.
Selon le type de nappes (inertielles/réactives) et les secteurs (en lien avec la pluviométrie, l’activité de la végétation et les volumes prélevés), les basses eaux ne surviennent pas à la même date. L’ISN-B ne permet pas de visualiser l’état des nappes à une date ou un mois donné mais représente les niveaux journaliers des basses eaux, atteints avant la période de recharge.
Carte établie le 30 octobre 2025 par le BRGM, à partir de données acquises jusqu’au 30 septembre 2025. Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN.
Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
© BRGM
Période des hautes eaux (fin de période de recharge)
La vidange s’est mise en place très précocement, entre fin janvier et début février 2025, pour les nappes réactives des deux-tiers nord du territoire. Elle s’est généralisée aux nappes inertielles du Bassin de l’Artois, du Bassin parisien et du Sundgau (sud Alsace) entre fin février et mars 2025. Quelques points d’observation très inertiels captant la nappe de la Beauce et la nappe de la craie de Normandie et de Picardie ont conservé des niveaux en faible hausse ou stables jusqu’en avril 2025. La recharge s’est atténuée très lentement durant le printemps sur ces secteurs, du fait de la très lente infiltration des pluies hivernales.
Au sud-ouest, la période de recharge s’est également terminée entre fin janvier et mi-février 2025. Cependant des plus hautes eaux annuelles ont également été enregistrées fin avril 2025, conséquences d’une pluviométrie excédentaire ou des apports de la fonte des neiges.
Pour les nappes du sud-est et de la Corse, la période de vidange s’est généralement initiée entre fin-mars et avril 2025. Cependant la date des hautes eaux 2025 était contrastée, selon les cumuls pluviométriques locaux, la reprise des prélèvements et la réactivité de la nappe. Ainsi, les hautes eaux se sont étalées jusqu’en mai pour les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône et pour les nappes de la plaine du Roussillon et du littoral de la Corse.
Situation des nappes en fin de période de recharge
La situation observée en fin de période de recharge 2024-2025, lors des plus hautes eaux 2025, dépendait de la situation lors de l’étiage 2024, du bilan de la recharge et de la cyclicité de la nappe. Les nappes inertielles, à cyclicité pluriannuelle, ont une résistance importante aux sécheresses et une réponse lente aux pluies infiltrées. Les nappes réactives, à cyclicité annuelle, sont sensibles aux pluies efficaces, du fait d’écoulements rapides au sein du sous-sol.
Sur les deux-tiers nord et le sud-ouest, la période de recharge a débuté entre septembre et octobre 2024 avec des niveaux particulièrement hauts. Les niveaux ont ensuite évolué durant l’automne et l’hiver selon les apports des recharges et la cyclicité de la nappe. Ils sont globalement restés au-dessus des normales mensuelles.
La recharge 2024-2025 des nappes très inertielles du Bassin de l’Artois et des nappes du Bassin parisien a été excédentaire. L’état des nappes inertielles s’est amélioré très progressivement durant l’automne et l’hiver et les niveaux des hautes eaux 2025 étaient très hauts. Les nappes moins inertielles du littoral du Bassin de l’Artois et de la bordure est du Bassin parisien ont bénéficié d’une recharge modérément déficitaire. Les niveaux se sont légèrement dégradés entre les basses eaux 2024 et les hautes eaux 2025 pour atteindre des niveaux autour de la moyenne à hauts. Les situations des nappes inertielles étaient satisfaisantes puisqu’aucun point d’observation n’affichait des niveaux sous les normales.
Les nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône ont bénéficié d’une recharge 2024-2025 autour de la moyenne à modérément déficitaire et les niveaux se sont légèrement dégradés. Durant les hautes eaux 2025, ils étaient modérément bas pour la nappe du Sundgau et proches des normales pour les nappes du couloir de la Saône. Concernant les nappes inertielles du couloir du Rhône, la situation des hautes eaux 2025 étaient plus favorables à l’amont qu’à l’aval, conséquence de l’hétérogénéité des pluies durant la période de recharge 2024-2025. Les niveaux étaient hauts sur l’Avant-Pays savoyard, modérément hauts sur l’Est Lyonnais et proches des normales à modérément bas sur le Nord-Isère et le Bas-Dauphiné.
Concernant les nappes réactives des deux-tiers nord et du sud-ouest, la période de recharge 2024-2025 a débuté avec des niveaux particulièrement hauts. Cependant, la recharge 2024-2025 a été généralement déficitaire à proche des normales. Les situations se sont alors dégradées durant l’automne et l’hiver 2024-2025. Les niveaux des hautes eaux 2025 des nappes du sud-ouest du territoire étaient satisfaisants, de proches des normales à hauts. Des niveaux modérément bas étaient présents pour les nappes des alluvions des vallées des Pyrénées (Adour et Gaves). L’impact de la recharge déficitaire s’est fait plus ressentir sur les nappes du centre-est, du nord-est et du Boulonnais. Les situations des hautes eaux 2025 étaient moins satisfaisantes, de modérément bas à comparables aux normales.
Pour la plupart des nappes du sud-est et de la Corse, la recharge significative de fin d’hiver 2024-2025 et du printemps 2025 a été bénéfique et a permis de résorber les déficits accumulés durant la fin de l’automne et le début d’hiver. Les niveaux des hautes eaux 2025 étaient proches des normales à modérément hauts pour les nappes de la Corse, de la Côte d’Azur, de la Provence, du sud du Massif central et du littoral est du Languedoc. Quelques situations locales sont restées fragiles sur les nappes de la vallée de l’Aude et de l’Astien de Valras-Agde. Enfin, l’état des nappes des Corbières et de la plaine du Roussillon s’est amélioré mais est resté à des niveaux inquiétants, très bas.
Situation des nappes d'eau souterraine en hautes eaux 2025.
L’indicateur Standardisé des Niveaux Bas (avant la recharge hivernale), ou ISN-B, traduit l’écart à la moyenne (normale) des niveaux journaliers minimums atteints en fin de période de décharge. Cet indice permet un classement des niveaux journaliers de basses eaux des nappes (de très bas à très hauts) par rapport aux niveaux journaliers de basses eaux enregistrés sur la période de référence 2001-2025.
Selon le type de nappes (inertielles/réactives) et les secteurs (en lien avec la pluviométrie, l’activité de la végétation et les volumes prélevés), les basses eaux ne surviennent pas à la même date. L’ISN-B ne permet pas de visualiser l’état des nappes à une date ou un mois donné mais représente les niveaux journaliers des basses eaux, atteints avant la période de recharge.
Carte établie le 30 octobre 2025 par le BRGM, à partir de données acquises jusqu’au 30 septembre 2025. Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN.
Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
© BRGM
Analyse de la période d’étiage 2025
D’une manière générale, la baisse estivale des niveaux est liée à une faible pluviométrie, à une forte évapotranspiration et/ou à l’activité de la végétation ainsi que de plus fortes sollicitations des eaux souterraines sur certains secteurs (pompages). Généralement à partir d‘avril et jusqu’en automne, les pluies s’infiltrant dans le sol sont entièrement reprises par la végétation. La sécheresse météorologique ou la pluviométrie n’ont alors que peu d’influence sur les niveaux des nappes. Les conditions pour observer des niveaux en hausse et une amélioration de la situation des nappes sont une pluviométrie importante, des sols humides et une végétation peu active. Des épisodes pluvieux abondants ne peuvent avoir un effet observable qu’essentiellement sur les nappes réactives, se traduisant par un ralentissement de la décharge des nappes voire une augmentation souvent temporaire des niveaux. Ces apports ponctuels ont alors un effet bénéfique, car ils permettent de repousser le début de la période de vidange au printemps ou de soutenir les niveaux en été. Durant la période de décharge, la baisse des niveaux peut être fortement accélérée sur les secteurs connaissant une forte sollicitation (prélèvements) de la ressource en eaux souterraines.
A la fin de la période de décharge, la nappe atteint son niveau le plus bas de l’année : cette période s’appelle l’étiage ou période de basses eaux. Les précipitations importantes et la mise en dormance de la végétation permettent une infiltration en profondeur de l’eau. Cela se traduit sur les niveaux des nappes par une inversion des tendances. Les niveaux d’étiage sont généralement observés au cours des mois d’octobre à novembre et jusqu’en décembre pour les nappes les plus inertielles. Mais ils peuvent être plus précoces au droit des nappes réactives et survenir dès fin août ou courant septembre, avec les orages de fin d’été qui marquent le début de la recharge.
Evolution de la vidange des nappes
Concernant les nappes inertielles, les situations se sont dégradées graduellement à partir de la date des hautes eaux 2025, soit généralement mars-avril pour le Bassin de l’Artois, le Bassin parisien et le Sundgau (sud Alsace) et avril-mai pour le couloir Rhône-Saône. Cette détérioration était plus rapide sur les nappes les moins inertielles du littoral de l’Artois et de la bordure est du Bassin parisien, plus sensibles à la fin de la période de recharge déficitaire. Habituellement, la vidange des nappes inertielles se poursuit sans interruption jusqu’à l’automne, avec la mise en dormance de la végétation et la survenue des premières précipitations importantes. Les pluies du printemps et de l’été n’ont que peu d’impact sur ces nappes. Cependant, les prélèvements destinés à l’irrigation ont souvent été moins importants en août 2025 par rapport aux années précédentes. Deux facteurs peuvent expliquer l’arrêt précoce ou la diminution de ces prélèvements. D’une part, les précipitations ont suffi à couvrir une partie des besoins en eau des plantes. D’autre part, les cultures étaient en avance dans leur développement, ce qui a conduit à des récoltes précoces et donc à une moindre demande en irrigation. Une vitesse de vidange moins importante qu’habituellement a été observée sur des nappes fortement sollicitées comme la nappe de la Beauce.
La période de vidange 2025 ne s’est pas mise en place de façon synchrone sur l’ensemble des nappes réactives. La vidange a débuté très précocement, dès février 2025, sur les deux-tiers nord et le sud-ouest. Elle est restée très active durant le printemps 2025 pour les nappes réactives de la moitié nord et du centre-est du territoire. Pour les nappes du sud-ouest, des épisodes de recharge ont été enregistrés fin avril et en mai 2025, suite à une pluviométrie excédentaire ou à des apports de la fonte des neiges. Concernant les nappes du sud-est et de la Corse, la période de vidange s’est initiée tardivement, entre avril et mai 2025. A partir de mai, les niveaux sont restés en baisse sur l’ensemble des nappes réactives, les pluies n’étant plus efficaces pour engendrer des épisodes de recharge. L’augmentation de la pression sur les eaux souterraines (prélèvements pour l’irrigation et le tourisme) a commencé à se faire ressentir localement. Les épisodes orageux survenus durant l’été 2025 ont cependant permis de réduire la vitesse de vidange de certaines nappes très réactives : nord-est en juin, moitié nord du territoire, pourtour méditerranéen et Corse en juillet et deux-tiers sud en août. En août 2025, la vitesse de la vidange a été fortement ralentie, du fait, d’une part, de petites recharges ponctuelles générées par les pluies efficaces ou, d’autre part, d’une baisse de la pression liée aux prélèvements.
Les pluies de fin août et de septembre 2025 ont été propices à l’observation des premiers épisodes de recharge sur les nappes réactives et sur les nappes inertielles du sud-ouest du Bassin parisien et du couloir rhodanien. Le mois de septembre 2025 a marqué la transition entre la période de vidange et la période de recharge.
Évolution des tendances observées sur les piézomètres de janvier à septembre 2025.
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Période d’étiage (fin de période de vidange)
L’étiage 2025 (plus basses d’eaux) a été enregistré un peu précocement, entre fin août et septembre 2025, sur de nombreuses nappes réactives des deux-tiers sud et du nord-est du territoire. Les premières recharges ont été observées fin août 2025 avec les orages de fin d’été. Puis, les cumuls pluviométriques de fin août et de septembre 2025 ont été suffisants pour s’infiltrer en profondeur et inverser les tendances des nappes. De plus, la baisse des températures a permis de diminuer les besoins en eau de la végétation et d’ainsi améliorer l’efficacité des pluies. La vidange est restée active à fin septembre 2025 pour les nappes réactives du Massif armoricain, malgré de petits épisodes de recharge, et pour quelques nappes du centre et de l’ouest du Bassin aquitain, dans un contexte de pluies efficaces locales déficitaires.
En septembre 2025, quelques niveaux en hausse s’observaient localement sur les nappes inertielles du sud-ouest du Bassin parisien et de l’Est-Lyonnais, du fait de cumuls pluviométriques importants et de la diminution des prélèvements. La plupart des nappes inertielles n’avaient toutefois pas débuté leur période de recharge à fin septembre et leurs niveaux sont restés orientés vers la baisse. Ce constat est habituel en septembre, les pluies infiltrées pouvant mettre plusieurs semaines pour s’infiltrer en profondeur.
Situation des nappes en fin de période de vidange
La situation à l’étiage 2025 dépendait de la situation lors des hautes eaux 2025, de la durée et de l’intensité de la vidange 2025, de la sollicitation de la nappe par des prélèvements et de la cyclicité de la nappe.
Les nappes réactives, à cyclicité annuelle, sont sensibles aux sécheresses météorologiques et leurs niveaux ont pu être soutenus par des recharges ponctuelles engendrées par les pluies printanières et, en moindre mesure, estivales.
Le début précoce de la vidange 2025, dès février ou mars, a engendré une dégradation des situations des nappes de la moitié nord et du centre du territoire (Boulonnais, Grand-Est, Jura, nord et centre du Massif central, nord du Massif armoricain). Les épisodes orageux survenus durant l’été 2025 notamment sur le nord-est ont permis de soutenir les niveaux et ont freiné la dégradation de l’état des nappes. Les nappes du socle du Massif central ont, quant à elles, particulièrement souffert des déficits pluviométriques de l’été. L’étiage 2025 est heureusement survenu tôt, dès fin août, ce qui a permis de stopper la dégradation des situations et d’observer des niveaux de basses eaux proches des normales à modérément bas. Quelques points bas à très bas étaient présents sur les nappes du socle du Limousin.
Concernant la moitié sud du territoire (sud du Massif armoricain, Bassin aquitain, pourtour méditerranéen et Corse), la période de vidange a été courte et moins intense. Les pluies du printemps et de l’été 2025 ont permis de soutenir ponctuellement les niveaux. Les niveaux de l’étiage 2025 étaient favorables, généralement proches des normales à hauts. Les niveaux étaient plus excédentaires, de modérément hauts à hauts, pour les nappes ayant bénéficié d’un soutien par les pluies en juillet et août 2025, juste avant les basses eaux (Garonne amont, ouest Languedoc, Provence et Côte d’Azur). La situation est restée très fragile durant toute la période de vidange 2025, avec pour conséquence, des niveaux modérément bas à bas à l’étiage 2025 sur les nappes de la plaine du Roussillon, du massif des Corbières et de l’Aude.
Les nappes inertielles, à cyclicité pluriannuelle, sont très peu sensibles aux conditions météorologiques survenant durant la période de vidange : elles ont une résistance importante aux sécheresses et ne réagissent que rarement aux pluies estivales. La période de vidange 2025 s’est caractérisée par une dégradation progressive des situations, pour atteindre des niveaux généralement satisfaisants à l’étiage 2025, proches des normales à hauts. Concernant l’Artois et le Bassin parisien, la période de vidange 2025 a été longue mais les niveaux sont généralement restés modérément hauts à hauts. Les situations des basses eaux 2025 étaient plus dégradées au droit des nappes moins inertielles de la craie marneuse du littoral d'Artois et de la Champagne, plus sensibles aux déficits pluviométriques survenus à partir de février 2025. Au contraire, la situation était particulièrement excédentaire pour la nappe très inertielle de la Beauce. La période de vidange 2025 des nappes du Sundgau (sud Alsace) et du couloir Rhône-Saône a été peu intense et les situations ont peu évoluées durant le printemps et l’été. Les niveaux à l’étiage 2025 étaient généralement comparables aux normales à hauts.
Situation des nappes d'eau souterraine à l’étiage 2025.
L’indicateur Standardisé des Niveaux Bas (avant la recharge hivernale), ou ISN-B, traduit l’écart à la moyenne (normale) des niveaux journaliers minimums atteints en fin de période de décharge. Cet indice permet un classement des niveaux journaliers de basses eaux des nappes (de très bas à très hauts) par rapport aux niveaux journaliers de basses eaux enregistrés sur la période de référence 2001-2025.
Selon le type de nappes (inertielles/réactives) et les secteurs (en lien avec la pluviométrie, l’activité de la végétation et les volumes prélevés), les basses eaux ne surviennent pas à la même date. L’ISN-B ne permet pas de visualiser l’état des nappes à une date ou un mois donné mais représente les niveaux journaliers des basses eaux, atteints avant la période de recharge.
Carte établie le 30 octobre 2025 par le BRGM, à partir de données acquises jusqu’au 30 septembre 2025. Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN.
Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
© BRGM
L’indicateur Standardisé des Niveaux Bas (avant la recharge hivernale), ou ISN-B, traduit l’écart à la moyenne (normale) des niveaux journaliers minimums atteints en fin de période de décharge. Cet indice permet un classement des niveaux journaliers de basses eaux des nappes (de très bas à très hauts) par rapport aux niveaux journaliers de basses eaux enregistrés sur la période de référence 2001-2025.
Selon le type de nappes (inertielles/réactives) et les secteurs (en lien avec la pluviométrie, l’activité de la végétation et les volumes prélevés), les basses eaux ne surviennent pas à la même date. L’ISN-B ne permet pas de visualiser l’état des nappes à une date ou un mois donné mais représente les niveaux journaliers des basses eaux, atteints avant la période de recharge.
Carte établie le 30 octobre 2025 par le BRGM, à partir de données acquises jusqu’au 30 septembre 2025. Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN.
Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).