En 2022, le retrait-gonflement des sols argileux a causé, à lui seul, plusieurs milliards d’euros de dégâts. Des recherches récentes ont construit un indicateur pour prévoir l’évolution future du risque.
4 septembre 2025
L’indicateur de sécheresse RGA augmente fortement dans la deuxième partie du XXIe siècle, selon les hypothèses du Giec RCP 4.5 (scénario d’émissions modérées) et RCP 8.5 (scénario d’émissions fortes).

L’indicateur de sécheresse RGA augmente fortement dans la deuxième partie du XXIe siècle, selon les hypothèses du Giec RCP 4.5 (scénario d’émissions modérées) et RCP 8.5 (scénario d’émissions fortes).

© BRGM - Sophie Barthelemy

Le risque de retrait-gonflement des sols argileux (RGA), associé aux périodes de sécheresse, est en forte augmentation du fait du changement climatique.

Risque naturel étonnamment méconnu au regard de ses conséquences et de son coût pour la collectivité, ce phénomène conduit le sol à se rétracter comme une éponge suite à une période de sécheresse, et à gonfler ensuite lors du retour des pluies. Ces variations de volume peuvent endommager les constructions situées en surface.

Rien qu’en 2022, le RGA a coûté plus de trois milliards d’euros à la collectivité et aux assureurs. Cela pourrait encore s’aggraver sous l’effet du changement climatique, en particulier dans le sud-ouest et le nord-est du pays.

Des recherches récentes ont construit un indicateur pour prévoir l’évolution future des risques.

Un risque présent sur plus de la moitié du territoire français

À l’origine de ce phénomène, on trouve des minéraux argileux, comme la smectite, qui sont capables de retenir de l’eau dans leur structure en millefeuille. Leur changement de volume provoque une variation millimétrique du niveau de la surface, imperceptible à l’œil nu, mais qui peut suffire à fissurer routes, chaussées et constructions légères comme des maisons de plain-pied.

Ce type de sol est présent sur environ la moitié de la superficie du territoire français. Plus de 10 millions de logements individuels y sont construits. Or, sous le climat tempéré qui est actuellement le nôtre, les sols sont humides la plupart du temps. Les sinistres surviennent donc en période de sécheresse.

Vers un modèle de prévision des risques de RGA

Des travaux récents menés conjointement par Météo France, le BRGM et la Caisse centrale de réassurance (CCR) ont permis d’améliorer les connaissances à ce sujet.

Un indicateur annuel de sécheresse a été développé afin de mieux caractériser les facteurs favorisant la survenue du RGA et de quantifier, d’un point de vue statistique, le nombre global de sinistres. À noter toutefois que l’objectif de l’outil n’est pas de déterminer le risque de sinistre à l’échelle de chaque maison individuelle.

Un dernier volet de l’étude avait pour objectif de cerner l’évolution future des sécheresses propices au RGA sous l’effet du changement climatique, en projetant l’indicateur sous différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

L’évolution de l’indicateur RGA a été calculée jusqu’en 2065, à partir de modélisations de l’humidité des sols réalisées à partir de six modèles climatiques différents sous les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 (scénario médian d’émissions modérées et scénario pessimiste, où les émissions continuent d’augmenter au rythme actuel).

Dans les deux scénarios, la valeur de l’indicateur augmente, notamment après 2045, ce qui traduit une intensification à venir des sécheresses favorables au RGA. Le nord-est et le sud-ouest du pays seraient particulièrement touchés par ce phénomène dans le cadre du scénario RCP 8.5.