Le numérique ne fonctionne pas sans électricité et l’électricité décarbonée dépend du numérique. Comment sortir de ce cercle vicieux ?
19 septembre 2025

Aujourd’hui, le numérique occupe une place croissante dans notre quotidien. Les citoyens l’adoptent pour effectuer des démarches, s’informer ou se divertir. Cependant, le numérique consomme beaucoup d’énergie, ce qui a pour conséquence un impact environnemental important pour les générations actuelles et futures.

Sans électricité, pas de numérique

La consommation électrique des terminaux (ordinateurs, smartphones, objets connectés…) augmente avec leur nombre, dopé par l’essor des usages du numérique. De son côté, la consommation électrique des réseaux reste stable une fois l’infrastructure en place. Celle des centres de données, enfin, explose, entraînée par les besoins croissants de l’intelligence artificielle (IA).

En France, les services numériques représentent déjà 11 % de la consommation électrique nationale, sans compter l’électricité importée via l’utilisation de services hébergés à l’étranger.

Sans numérique, pas d’électricité décarbonée

Il existe une dépendance de l’électricité décarbonée au numérique qui est peu connue. Le numérique joue un rôle clé dans le pilotage du réseau électrique. Ce pilotage repose sur de nombreux capteurs qui collectent et traitent les données pour optimiser la gestion du réseau électrique.

Par ailleurs, les acteurs du numérique investissent massivement dans les énergies bas carbone (soleil, éolien) afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de renforcer leur image. 

Cependant, produire de l’électricité décarbonée accélère l’utilisation du numérique qui a besoin lui-même d’électricité. Ce cycle entraîne un emballement de la production électrique et numérique sans qu’aucun mécanisme de régulation ne soit, à ce jour, envisagé pour en limiter l’ampleur.

L’omniprésente dépendance minérale

La décarbonation de l’électricité vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’un des responsables du dérèglement climatique. Mais cette transition sollicite une grande quantité de minéraux : cuivre (conducteur d’électricité irremplaçable), lithium, plomb et cobalt des batteries, terres rares des éoliennes, mais aussi de nombreux métaux nécessaires au numérique - un « simple » smartphone en contient plus de soixante....

Les minéraux sont une ressource finie. Ils existent depuis la création de la Terre, et se concentrent dans le sous-sol au gré des événements géologiques. Les filons miniers les plus riches et faciles d’accès ont sans surprise été exploités les premiers : la teneur en minéral des gisements diminue, ce qui accroît l'énergie nécessaire pour extraire de nouveaux minéraux du sous-sol.

Quant au recyclage, le « gisement » est insuffisant pour répondre aux besoins d’aujourd’hui. De plus, cette source d'approvisionnement ne permet pas d’atteindre la pureté des minéraux nécessaire à la fabrication de nouveaux composants électroniques.

Pour rendre soutenables les activités humaines, la société civile foisonne d'initiatives. Axer l'innovation sur la sobriété pourrait permettre d’améliorer la qualité et la durabilité des services numériques fondamentaux sans puiser inutilement dans le réservoir limité des ressources minérales.