Dans le cadre du projet européen POCRISC, qui vise à promouvoir une culture commune du risque sismique dans les Pyrénées, un exercice a été organisé autour de la ville de Tarbes le 19 novembre 2021.
1 décembre 2021
Cellule animation qui pilote l’exercice cadre de simulation de séisme

Cellule animation qui pilote l’exercice cadre de simulation de séisme (Hautes-Pyrénées, 2021).

© BRGM - Anne-Valérie Hau-Barras

Simuler un séisme de magnitude 5,9 et tester la gestion de crise : c’était l’objectif de l’exercice sismique grandeur nature coordonné par le BRGM, le 19 novembre 2021 autour de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

Chaque année sont enregistrés dans les Pyrénées des centaines de séismes, heureusement le plus souvent imperceptibles et sans dommages. Par le passé, des séismes très destructeurs sont survenus dans le massif, conduisant le zonage sismique réglementaire à qualifier l’aléa sismique de modéré à moyen (le plus fort niveau observé en Métropole). Dans ce contexte, le projet POCRISC, financé par le fond européen POCTEFA et dont le BRGM est partenaire, s’intéresse à promouvoir une culture commune du risque sismique dans les Pyrénées :

  • en développant des approches partagées pour l’évaluation du risque pour les services chargés de la prévention,
  • en favorisant la diffusion d’une information commune aux autorités locales et au grand public,
  • et en fournissant des outils pour aider à la décision adaptée aux besoins des gestionnaires des crises.

    Plus de 200 personnes mobilisées en provenance de la France, de l’Espagne et de l’Andorre

    L’exercice sismique avait pour but de tester, dans des conditions réalistes, l’apport en appui à la gestion de crise des outils et méthodologies développés par les partenaires du projet POCRISC depuis 3 ans. Ces outils visent :

    • l’estimation rapide des effets du séisme,
    • la compréhension et la surveillance des répliques,
    • le diagnostic bâtimentaire d’urgence.

    L’exercice comportait à la fois des actions cadre "sur table", jouées à l’École nationale d'ingénieurs (ENIT) de Tarbes avec la Préfecture des Hautes-Pyrénées, et des actions sur le terrain :

    • des équipes mixtes, composées à la fois de sapeurs-pompiers français, espagnols et andorrans, et d’experts de l’Association française du génie parasismique (AFPS) et de son homologue catalane (ACE), ont simulé la conduite de diagnostics bâtimentaires d’urgence ;
    • des unités de sauvetage-déblaiement (USAR) françaises des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques, appuyées de renforts andorrans, ont réalisé des opérations de recherche, d’extraction des décombres et de secours aux victimes dans un ancien site industriel ;
    • la commune de Séméac a testé pour la première fois l’activation de son Plan Communal de Sauvegarde (PCS).

    Au total, cette action de préparation à la gestion de crise a mobilisé plus de 200 personnes en provenance de la France, de l’Espagne et d’Andorre

    L’exercice a été précédé, le 18 novembre 2021, d’une conférence en soirée à destination des élus des Hautes-Pyrénées, qui a notamment été marquée par le témoignage du directeur général des services de la ville du Teil, en Ardèche, touchée le 11 novembre 2019 par un violent séisme.

    Exercice de sauvetage-déblaiement sur la commune de Séméac dans une friche industrielle

    Notre Plan Communal de Sauvegarde demeurait un support de risque aux probabilités aléatoires. S'agissant du risque séisme, il ne faisait pas l'objet d'une attention particulière jusqu'à la mise en œuvre de cet événement en conditions réelles. Aujourd’hui, il devient un outil que chacun pourra s'approprier.

    Christine Barraud, 3ème adjointe au maire de Séméac, en charge de cet exercice sismique