Carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2026.
© BRGM
Environ 240 000 sinistres dus au retrait-gonflement des sols argileux ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58% des sinistres survenus depuis 1989 (chiffres MRN). Face à cette situation, l’État a demandé au BRGM et à la Mission risques naturels d’actualiser la cartographie d’exposition à ce phénomène. Le nouveau zonage sera applicable dans le cadre de l’article 68 de la loi Élan au 1er juillet 2026.
Le retrait-gonflement des argiles, qu’est-ce que c’est ?
Lorsqu’un sol est argileux, il peut être fortement sensible aux variations de sa teneur en eau. Comme une éponge, il se rétracte en période sèche et gonfle en période humide.
Ce phénomène lent, appelé retrait-gonflement des argiles (RGA), peut atteindre une amplitude assez importante pour endommager les bâtiments et les routes. Il engendre chaque année des dégâts considérables aux bâtiments, indemnisables au titre des catastrophes naturelles. La grande majorité des sinistres concerne des maisons individuelles.
En 2019, une première carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles avait été publiée. Depuis 2020, dans le cadre de la loi Élan, cette carte d’exposition sert de cadre à la mise en œuvre de prescriptions adaptées pour les constructions dans les zones les plus exposées (zones moyenne et forte).
Comparatif entre les cartes d’exposition 2019 et 2026
Carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2019 (à gauche) et 2026 (à droite).
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55% du territoire hexagonal désormais concerné par le retrait-gonflement des argiles
Depuis la publication de ce premier zonage, un nombre important de sinistres se sont produits, en particulier à la suite de la sécheresse de 2022. C’est notamment pour intégrer cette forte sinistralité que l’État a souhaité mettre à jour la cartographie d’exposition au risque.
Cette initiative prend place dans le cadre du plan national d’adaptation au changement climatique, dit PNACC-3, dont l’un des objectifs est d’anticiper les dégâts sur les bâtiments liés au retrait-gonflement des argiles.
La nouvelle carte, officialisée par un arrêté publié le 9 janvier 2026, sera annexée aux promesses de vente ou aux actes authentiques de vente des terrains non bâtis constructibles et aux contrats de construction de maisons individuelles conclus à compter du 1er juillet 2026.
55% du territoire hexagonal est désormais concerné par une exposition moyenne ou forte, contre 48% auparavant.
Comment l’exposition au retrait-gonflement des argiles est-elle évaluée ?
Pour définir le niveau d’exposition d’un secteur donné au retrait-gonflement des argiles, les scientifiques prennent en compte deux types de facteurs :
- Les facteurs de prédisposition. Pour réaliser une carte à l’échelle nationale, il s’agit d’étudier la nature du sol : présence de formations argileuses et marneuses, et degré de sensibilité de ces formations au retrait et au gonflement.
- La sinistralité aux bâtiments, par le biais des données remontées dans le cadre Cat Nat auprès de la Mission Risques Naturels (MRN)
Concrètement, la carte d’exposition est réalisée en croisant des données géologiques, lithologiques (nature des roches), minéralogiques et géotechniques d’une part, et les données de sinistralité, c’est-à-dire les sinistres effectivement survenus, d’autre part.