Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 septembre 2026. Carte établie le 17 septembre 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 septembre 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
Au 15 septembre, la vidange continue avec 81% des niveaux en baisse.
La vidange concerne la très grande majorité des nappes, ce qui est attendu en cette période de fin d’été, même si la fin de l’étiage se rapproche. Les sols sont secs et les pluies localisées du mois d’août ont d’abord bénéficié à la végétation et ont généré peu de pluie efficace. De plus, elles sont souvent associées à des épisodes orageux qui génèrent proportionnellement plus de ruissellement et donc moins d’infiltration. Enfin, l’augmentation des prélèvements, liée à des températures élevées, a accentué la vidange naturelle des nappes à cette période de l’année.
Nappes inertielles
Concernant les nappes inertielles, seules celles contenues dans les calcaires du Sundgau se stabilisent. Les nappes contenues dans la craie de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, les formations du couloir Rhône-Saône, les formations fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et l’avant pays savoyard ainsi que les sables fauves et calcaires de l’Armagnac se vidangent.
Nappes réactives
Concernant les nappes réactives, les tendances sont majoritairement à la baisse. Toutefois, les niveaux se stabilisent pour les nappes du socle des Cévennes, de Margeride, de Ségala et de la Montagne noire, les karsts des Causses (Quercy et Grands Causses), les nappes des calcaires crétacés et tertiaires de Sologne et du sancerrois ainsi que plusieurs nappes alluviales et les éventuels bassins tertiaires associés (plaine sud d’Alsace, Rhône inférieur et ses principaux affluents, Limagne, littoral Corse et Côte d’Azur, Hérault et Orb, Aude, Adour et Gaves).
Situation des nappes
Nappes inertielles
La situation des nappes inertielles n’a pas évolué depuis le 1er septembre :
- Les nappes contenues dans les calcaires de Beauce et de l’Armagnac ont toujours des niveaux modérément hauts.
- Les nappes du Pliocène du Sundgau et du Roussillon et les formations fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais affichent des niveaux autour de la moyenne pour cette période de l’année.
- Les nappes de la craie de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les formations du couloir Rhône-Saône, les formations fluvio-glaciaires du Bas-Dauphiné et l’avant pays savoyard ont des niveaux modérément bas.
- Enfin, les nappes des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine ont toujours des niveaux bas.
Nappes réactives
Concernant les nappes réactives, la situation était plutôt à la stabilisation en août, avec quelques disparités locales, compte tenu d’un mois moins sec que les mois précédents.
La situation s’est dégradée dans cinq secteurs :
- Le niveau des nappes alluviales de l’Hérault et de l’Orb est passé de modérément haut à autour de la moyenne.
- Le niveau des nappes alluviales et tertiaires du Bas-Rhône et de la Durance ainsi que celui des nappes du socle des Cévennes, de Margeride, de Ségala et de la Montagne noire est passé d’autour de la moyenne à modérément bas.
- Le niveau des nappes des alluvions fluviatiles et fluvioglaciaires du Rhône supérieur et de ses affluents est passé de modérément bas à bas.
- Enfin, le niveau des nappes du socle du Morvan, du Livradois, du Forez et du Vivarais est passé de bas à très bas.
Inversement, la situation s’est améliorée dans cinq autres secteurs :
- Le niveau des nappes de la plaine nord d'Alsace est passé de très bas à bas.
- Le niveau des nappes du Plioquaternaire du Bassin aquitain et des sables du Crétacé inférieur en bordure est du Bassin parisien est passé de bas à modérément bas.
- Le niveau de la nappe alluviale de l’Aude est passé de modérément bas à autour de la moyenne.
- Enfin, le niveau de la nappe des sables astiens de Valras-Agde est passé de haut à très haut.
Outre les nappes du socle du Morvan, du Livradois, du Forez et du Vivarais, leurs voisines du plateau du Limousin et de la Chataigneraie, de même que les calcaires karstifiés du Jura, affichent toujours des niveaux très bas.
De l’autre côté du spectre, outre les niveaux très hauts de la nappe des sables astiens de Valras-Agde, les niveaux sont hauts pour la nappe voisine de la Vistrenque et modérément hauts pour les nappes alluviales du littoral de la plaine du Roussillon ainsi que celles du Rhône inférieur et de ses principaux affluents.
Prévisions
Les tendances dans les prochaines semaines devraient rester majoritairement à la baisse, Météo-France prévoyant des conditions anticycloniques et généralement sèches à court terme. La baisse des prélèvements pour satisfaire les demandes pour l’alimentation en eau potable ou l’irrigation, liée à des températures moins élevées, permettra en outre de soulager la pression sur la ressource en eau souterraine.
Nappes inertielles
Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. Les pluies, si elles ne sont pas assez abondantes, ne profiteront qu’aux besoins des plantes et n’alimenteront pas les nappes. Il est probable que le niveau de ces nappes se situera autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir. Les nappes des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine dont les niveaux sont déjà bas, seront à surveiller.
Nappes réactives
Les prévisions sont favorables, pour les prochaines semaines, pour les nappes réactives dont les niveaux sont au-dessus des niveaux moyens. Pour les autres, la prévision à long terme est beaucoup plus incertaine, le maintien des niveaux dépendra des précipitations de ces prochaines semaines. Un cumul de précipitations faible associé aux besoins de la végétation et aux prélèvements encore soutenus localement, pourraient dégrader encore davantage les nappes très réactives dont le niveau est déjà très bas comme certaines nappes de socle du Massif Central (plateau du Limousin et Chataigneraie, Morvan, Livradois, Forez et Vivarais) ainsi que les calcaires karstifiés du Jura.
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres). Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.
L'indicateur "Niveau des nappes" (couleurs) compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé). Les zones grisées correspondent à des secteurs sans nappes libres étendues et/ou sans points de suivi. L'indicateur "Évolution des niveaux" (symboles ponctuels) traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).