Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 mars 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
Au 15 mars, la recharge est active avec 68 % des niveaux en hausse.
La recharge se poursuit sur une grande majorité de nappes inertielles. Seuls les nappes des calcaires de Beauce, de la Brie et ceux de l’Armagnac ont des niveaux qui se stabilisent ou sont légèrement en baisse. Localement, à la faveur de secteurs un peu plus réactifs, des tendances peuvent s’inverser très lentement ou se stabiliser. C’est le cas dans la craie de l’Artois ou de Champagne.
Concernant les nappes réactives, les tendances sont plus variées. Les pluies soutenues tombées sur toute la France ont permis des recharges exceptionnelles. Elles ont aussi permis aux sols d’être plus humides les rendant plus infiltrants. Une décrue et une vidange de certains secteurs de nappe commencent à s’amorcer. Des niveaux en baisse ou stables sont observés dans les nappes du socle breton, des calcaires des Corbières, des alluvions de la plaine du Roussillon, des alluvions de l’Hérault et de l’Aude, du socle des Cévennes au Morvan, des édifices volcaniques du Massif central et des calcaires karstifiés de Provence. Ailleurs les tendances sont encore à la hausse même si au sein de ces nappes des tendances peuvent commencer à s’inverser.
Situation des nappes
Les situations des nappes de l’Artois, du Bassin parisien, du Sundgau et du couloir Rhône Saône n’évoluent pas du fait de leur inertie. Elles restent à des niveaux moyens. Les grès vosgiens et les calcaires carbonifères des Ardennes restent à des niveaux modérément bas alors que les nappes des calcaires de Beauce et des calcaires de Touraine sont à des niveaux modérément haut.
Concernant les nappes réactives les niveaux sont au-dessus des niveaux moyens dans une grande partie sud et ouest de l’hexagone. Les niveaux varient entre modérément haut à haut. Seules les nappes de Champagne et Lorraine et celles présentes dans les édifices volcaniques ont un niveau autour de la moyenne.
Des niveaux très hauts sont encore observés à l’ouest du Massif central pour les nappes des calcaires karstiques du Poitou-Charentes, des calcaires du Périgord et de l’Angoumois, des alluvions de la Garonne, de l’Aude, de l’Hérault, du Rhône et de la Saône et des formations de la Vistrenque. Un retour à des niveaux haut à modérément haut, conséquence d’une décrue des nappes réactives suite aux niveaux exceptionnellement hauts du mois de février est observé sur les nappes du socle breton et du Limousin et les calcaires karstiques des Grands Causses et de Provence.
Prévisions
Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. Elles vont dépendre des pluies de printemps et de la capacité des sols à laisser infiltrer l’eau de pluie. C’est aussi une période de reprise de la végétation qui captera l’eau dont elle a besoin dans ces sols. Des cumuls de pluie conséquents devront avoir lieu pour assurer la poursuite de la recharge de ces nappes.
Les prévisions en sortie d’hiver sont favorables pour les nappes réactives qui sont au-dessus des niveaux moyens. Une vigilance devra être maintenue sur la nappe de la craie de Champagne qui vient seulement d’atteindre des niveaux autour de la moyenne. Comme pour les nappes inertielles, les pluies printanières joueront un rôle dans le maintien de ces niveaux rendant la prévision à long terme beaucoup plus incertaine. Un cumul de précipitations faible associé à la reprise de la végétation pourraient avoir un impact significatif sur les nappes très réactives du socle breton et du socle limousin.
Pour aller plus loin
Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente
Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.
À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.
Carte établie le 19 mars 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 mars 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.