La vidange des nappes phréatiques s’accentue avec 77% des niveaux en baisse. La situation globale reste satisfaisante avec 59% des points d’observation autour des normales mensuelles ou au-dessus mais mérite une vigilance pour les semaines à venir.
21 mai 2026
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 mai 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 mai 2026.

Carte établie le 21 mai 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 mai 2026.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Tendances observées sur les piézomètres au 15 mai 2026.

Tendances observées sur les piézomètres au 15 mai 2026.

© BRGM

Tendances d’évolution

Au 15 mai, la vidange s’accentue avec 77% des niveaux en baisse.

L'accentuation de la vidange concerne une majorité significative des nappes, résultant d'un déficit pluviométrique marqué durant la seconde quinzaine d'avril. Les précipitations observées début mai se sont avérées insuffisantes pour assurer une recharge efficace des nappes.

Avec le déficit pluviométrique du mois d’avril, les sols se sont asséchés. Au début mai, la conjugaison de plusieurs facteurs (demande en eau élevée liée à la croissance végétale, réhumidification des sols et caractère orageux des systèmes pluviométriques avec des précipitations de forte intensité et avec une distribution spatiale hétérogène) n'a pas permis une infiltration profonde efficace. Seuls quelques piézomètres implantés dans des nappes à forte réactivité ont eu une réponse modérée aux événements pluvieux.

Concernant les nappes inertielles, celle contenue dans les calcaires du Sundgau continue de se recharger. Les nappes contenues dans les calcaires de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les formations du couloir Rhône-Saône, les alluvions fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et dans les calcaires de l’Armagnac voient leurs niveaux se stabiliser ou ont commencé leur vidange.

Concernant les nappes réactives, les tendances sont globalement à la baisse. Seules les nappes des calcaires de l’entre deux mers et de Sologne, du socle des Cévennes, des sables éocènes de la plaine du Roussillon, des formations volcaniques du Massif central et des alluvions en Corse se stabilisent.

Tous les niveaux des autres nappes sont en baisse.

Situation observée sur les piézomètres au 15 mai 2026.

Situation observée sur les piézomètres au 15 mai 2026.

© BRGM

Situation des nappes

La situation des nappes inertielles est la même que celle au 1er mai. Pour ces nappes, les niveaux sont autour de la normale, à l’exception de la nappe des calcaires de l’Armagnac et de la nappe de Beauce dont les niveaux sont modérément hauts. Les nappes des calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois sont quant à elles à des niveaux modérément bas.

Concernant les nappes réactives, la situation s’est légèrement dégradée, conséquence du déficit de pluie du mois d’avril et de l’augmentation des besoins en eau (végétation et anthropiques).

La situation est passée de « autour de la moyenne » à « modérément bas » pour les nappes situées dans les formations de socle à l’ouest du Massif armoricain et l’est limousin, les calcaires jurassiques des Charentes.

De même, la situation s’est dégradée, passant de niveaux « modérément haut » à « autour de la moyenne » pour les nappes contenues dans les calcaires jurassiques du Poitou.

Le niveau de la nappe des formations plio-quaternaires du Bassin aquitain est passé de « autour de la moyenne » à « modérément haut ».

Pour les autres nappes, la situation est toujours autour ou au-dessus de la normale. Les nappes alluviales de la Garonne, de la plaine du Roussillon et du Rhône inférieur, ainsi que la nappe des formations de la Vistrenque ont encore des niveaux hauts à très hauts.

Prévisions

Les tendances dans les prochaines semaines devraient être majoritairement à la baisse avec les prévisions plutôt sèches et chaudes de Météo France pour les 15 prochains jours.

Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. La végétation ayant repris, les pluies, si elles ne sont pas assez abondantes, ne profiteront qu’aux besoins des plantes et n’alimenteront pas les nappes. Il est probable que le niveau de ces nappes se situera autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir. Les nappes dans les calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois dont les niveaux sont déjà modérément bas, seront à surveiller.

Les prévisions sont favorables pour les nappes réactives qui sont au-dessus des niveaux moyens. Une vigilance devra être maintenue sur les nappes de l’arc jurassique de la bordure nord-est du Bassin parisien, la nappe dans les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine, la nappe présente dans les édifices volcaniques, les nappes de socle armoricain et limousin et celles dans les bassins tertiaires de Limagne. La prévision à long terme est beaucoup plus incertaine, le maintien des niveaux dépendra des précipitations de ces prochaines semaines. Un cumul de précipitations faible associé aux besoins de la végétation et à l’augmentation des prélèvements pourraient avoir un impact significatif rapide sur les nappes très réactives dont le niveau se situe déjà en-dessous de la moyenne comme celles du socle breton et limousin.