Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 juin 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
Au 15 juin, la vidange s’accentue avec 86 % des niveaux en baisse.
L'accentuation de la vidange concerne une majorité significative des nappes, résultant d'un déficit pluviométrique marqué durant la seconde quinzaine de mai et la première quinzaine de juin. Les sols se sont asséchés et les faibles pluies tombées n’ont été bénéfiques que pour la végétation.
Concernant les nappes inertielles, seules celles contenues dans les calcaires du Sundgau et les formations fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et l’avant pays savoyard se stabilisent. Les nappes contenues dans la craie de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les grès vosgiens et calcaires triasique de Lorraine, les formations du couloir Rhône-Saône et dans les calcaires de l’Armagnac se vidangent.
Concernant les nappes réactives, les tendances sont globalement à la baisse. Seuls les niveaux des nappes des calcaires de l’entre deux mers, du socle des Cévennes, des sables éocènes de la plaine du Roussillon et des alluvions des vallées des Alpes se stabilisent.
Situation des nappes
La situation des nappes inertielles s’est dégradée pour 2 d’entre elles. La nappe contenue dans les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine est passé d’un niveau modérément bas à un niveau bas, alors que celle la craie de l’Artois est passé d’un niveau autour de la normale à un niveau modérément bas. D’autres nappes ont gardé des niveaux modérément bas comme la nappe des calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois à modérément haut comme la nappe des calcaires de Beauce ou d’Armagnac.
Concernant les nappes réactives, la situation s’est dégradée, conséquence du déficit de pluie depuis mi-mai et de l’augmentation des besoins en eau (végétation et anthropiques).
La situation est passée de « autour de la moyenne » à « modérément bas » pour les nappes situées dans les formations alluviales de la Saône, de la Garonne avale, de l’Adour et du gave de Pau.
De même, la situation s’est dégradée, passant de niveaux « modérément haut » à « autour de la moyenne » pour les nappes contenues dans les formations du Bassin aquitain et les alluvions de la plaine sud d’Alsace. Le niveau de la nappe du socle limousin est passé de modérément bas à bas.
Pour les autres nappes, les niveaux sont toujours modérément bas, autour ou au-dessus de la normale.
Les nappes alluviales de la plaine du Roussillon et du Rhône inférieur, ainsi que la nappe des formations de la Vistrenque ont encore des niveaux hauts à très hauts.
Prévisions
Les tendances dans les prochaines semaines devraient être majoritairement à la baisse avec les prévisions plutôt sèches et chaudes de Météo France pour les 15 prochains jours.
Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. La végétation ayant repris, les pluies, si elles ne sont pas assez abondantes, ne profiteront qu’aux besoins des plantes et n’alimenteront pas les nappes. Il est probable que le niveau de ces nappes se situera autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir. Les nappes dans les calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois et dans les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine dont les niveaux sont déjà modérément bas à bas, seront à surveiller.
Les prévisions sont favorables, pour les prochaines semaines, pour les nappes réactives dont les niveaux sont au-dessus des niveaux moyens. Une vigilance devra être maintenue sur les nappes de l’arc jurassique de la bordure nord-est du Bassin parisien, la nappe présente dans les édifices volcaniques, les nappes de socle armoricain et limousin et celles dans les bassins tertiaires de Limagne. La prévision à long terme est beaucoup plus incertaine, le maintien des niveaux dépendra des précipitations de ces prochaines semaines. Un cumul de précipitations faible associé aux besoins de la végétation et à l’augmentation des prélèvements pourraient avoir un impact significatif rapide sur les nappes très réactives dont le niveau se situe déjà en-dessous de la moyenne comme celles du socle breton et limousin ou celle des calcaires jurassiques de Lorraine.
Carte établie le 17 juin 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 juin 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.