La vidange des nappes phréatiques continue avec 94% des niveaux en baisse. La situation globale est à la dégradation avec 60% des points d’observation en-dessous des normales mensuelles. Les nappes très réactives nécessitent une attention particulière pour les semaines à venir si le manque de pluies efficaces persiste, notamment celles présentant des niveaux bas, en particulier les nappes de socle du Limousin.
20 juillet 2026
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 juillet 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 juillet 2026.

Carte établie le 17 juillet 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 juillet 2026.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Tendances observées sur les piézomètres au 15 juillet 2026.

Tendances observées sur les piézomètres au 15 juillet 2026.

© BRGM

Tendances d’évolution

Au 15 juillet, la vidange continue avec 94 % des niveaux en baisse.

L'accentuation de la vidange concerne la quasi-totalité des nappes, résultant d'un déficit pluviométrique marqué durant la seconde quinzaine de juin et la première quinzaine de juillet. Les sols se sont asséchés et les faibles pluies tombées, souvent pendant des orages, ont à peine été bénéfiques pour la végétation. De plus, l’augmentation des prélèvements liés à des températures élevées ont accentués la vidange naturelle des nappes à cette période de l’année.

Concernant les nappes inertielles, seules celles contenues dans les calcaires du Sundgau se stabilisent. Les nappes contenues dans la craie de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les grès vosgiens et calcaires triasique de Lorraine, les formations du couloir Rhône-Saône, les formations fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et l’avant pays savoyard et dans les calcaires de l’Armagnac se vidangent.

Concernant les nappes réactives, les tendances sont toutes à la baisse à l’exception de la nappe alluviale du bas Rhône et de la Durance qui se stabilisent.

Situation observée sur les piézomètres au 15 juillet 2026.

Situation observée sur les piézomètres au 15 juillet 2026.

© BRGM

Situation des nappes

La situation de la nappe inertielle de la craie de l’Artois s’est dégradée, passant d’un niveau modérément bas à un niveau bas.

Les nappes contenues dans les calcaires de Beauce et de l’Armagnac ont toujours des niveaux modérément hauts. Les nappes de la craie de l’Artois, la craie de Normandie, les formations du Bassin parisien, les formations du couloir Rhône-Saône, les formations fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et l’avant pays savoyard ont des niveaux autour de la normale mensuelle ou modérément bas. Les nappes des grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine ont des niveaux bas.

Concernant les nappes réactives, la situation s’est dégradée, conséquence du déficit de pluie depuis mi-juin et de l’augmentation des besoins en eau (végétation et anthropiques).

La situation est passée de « autour de la moyenne » à « modérément bas » pour les nappes situées dans les calcaires de la Brie et les formations aquitaines.

De même, la situation s’est dégradée, passant de niveaux « modérément bas » à « bas » pour les nappes contenues dans les calcaires de Charentes, le socle du Morvan, les calcaires karstifiés du Jura, des formations alluviales de l’Adour et gave de Pau et de la Garonne aval.

Les nappes alluviales de la plaine du Roussillon, des sables de l’Astien à Agde et la nappe des formations de la Vistrenque ont encore des niveaux modérément hauts à hauts.

Prévisions

Les tendances dans les prochaines semaines devraient être majoritairement à la baisse avec les prévisions plutôt sèches et chaudes de Météo France pour les 15 prochains jours. 

Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. La végétation ayant repris, les pluies, si elles ne sont pas assez abondantes, ne profiteront qu’aux besoins des plantes et n’alimenteront pas les nappes. Il est probable que le niveau de ces nappes se situera autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir. Les nappes dans les calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois et dans les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine dont les niveaux sont déjà bas, seront à surveiller.

Les prévisions sont favorables, pour les prochaines semaines, pour les nappes réactives dont les niveaux sont au-dessus des niveaux moyens. Une vigilance devra être maintenue sur les nappes de l’arc jurassique de la bordure nord-est du Bassin parisien, la nappe présente dans les édifices volcaniques, les nappes de socle armoricain, limousin et du Morvan et celles dans les bassins tertiaires de Limagne. La prévision à long terme est beaucoup plus incertaine, le maintien des niveaux dépendra des précipitations de ces prochaines semaines. Un cumul de précipitations faible associé aux besoins de la végétation et à l’augmentation des prélèvements pourraient avoir un impact significatif rapide sur les nappes très réactives dont le niveau se situe déjà en-dessous de la moyenne comme celles du socle limousin ou celle des calcaires jurassiques de Lorraine.