Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 janvier 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
Au 15 janvier, la recharge est active, avec 52% des niveaux en hausse, mais ralentit.
Les pluies de l’automne et de l’hiver ont été généralement déficitaires sur le Bassin parisien et l’est de l’Artois. La période de recharge peine à se mettre en place sur les nappes inertielles de ces secteurs. La plupart des points du centre et de l’ouest du Bassin parisien n’ont pas débuté leur recharge. Concernant les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, la recharge est active avec des niveaux en hausse.
Concernant les nappes réactives, les tendances sont dépendantes des pluies récentes. Des épisodes de recharges conséquents s’observent sur le Roussillon, le Languedoc, le sud du Massif central et la Corse, ainsi qu’en moindre mesure sur la Provence et la Côte d’Azur. La recharge a été conforme aux normales sur le centre-ouest du Bassin aquitain. Elle a été faible sur les deux-tiers nord du territoire où les tendances sont en faible hausse, stables voire en baisse. Au nord, du nord de la Bretagne à l’Alsace, les pluies de la première moitié de janvier ont été peu efficaces, puisqu’elles ont d’abord réhumidifié les sols après plusieurs semaines de sécheresse météorologique.
Situation des nappes
Seules les nappes réactives du sud-est bénéficient des pluies infiltrées de fin décembre, et de janvier pour la Corse, et voient leur état s’améliorer entre le 1er et le 15 janvier. Les situations de ces nappes sont généralement excédentaires, de modérément hautes à très hautes. Quelques nappes affichent encore des niveaux sous les normales, du fait d’un déficit chronique (Roussillon), d’une inertie plus prononcée (Valras-Agde) ou de pluies inégalement réparties (Bas-Rhône et Durance).
Les niveaux restent satisfaisants sur une bande centrale, du Bassin aquitain au Jura. Cependant, les situations se dégradent légèrement sur de nombreuses nappes réactives. Les pluies de début janvier ont permis de maintenir les situations pour les nappes réactives du centre-ouest du Bassin aquitain et du centre du Massif central.
Au nord, du Massif armoricain à l’Alsace, les situations se dégradent du fait d’un début de recharge déficitaire. Les épisodes pluviométriques, succédant à des périodes sèches, n’ont pas toujours été efficaces pour la recharge des nappes durant l’automne et le début de l’hiver. Les niveaux des nappes inertielles du Bassin parisien et de l’Artois restent satisfaisants, de modérément bas à modérément hauts. Les niveaux des nappes réactives, sensibles aux conditions météorologiques récentes, sont moins favorables, de proches des normales à bas. Des niveaux bas à très bas s’enregistrent localement au nord de la Champagne et de la Lorraine.
Prévisions
Les prévisions des nappes réactives demeurent incertaines, car elles sont très dépendantes des pluies infiltrées durant l’hiver et le printemps. Les prévisions sont plus optimistes pour les nappes affichant en décembre des niveaux très au-dessus des normales que pour celles en-dessous. Les déficits ou les excédents peuvent cependant se résorber en quelques semaines.
Les prévisions en sortie d’hiver sont plutôt favorables pour les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, même si des incertitudes relatives à la fin de la période de recharge subsistent.
Les prévisions sont confiantes quant à l’absence de sécheresse hivernale pour les nappes inertielles du Bassin parisien qui affichent actuellement des niveaux proches à au-dessus des normales mensuelles. Cependant, compte tenu du début très tardif de la période de recharge sur ce secteur, des incertitudes apparaissent concernant les prévisions à l’été 2026, notamment si la recharge demeure déficitaire.
Pour aller plus loin
Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente
Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.
À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.
Carte établie le 19 janvier 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 janvier 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.