Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 février 2026.
© BRGM
Tendances d’évolution
Au 15 février, la recharge est active, avec 77% des niveaux en hausse.
La recharge reprend sur les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, de l’ouest de l’Artois et du pourtour du Bassin parisien. Les tendances s’inversent très lentement mais les niveaux restent stables ou en baisse pour les nappes très inertielles de l’est de l’Artois et du centre du Bassin parisien.
Des épisodes de recharges conséquents s’observent sur l’ensemble des nappes réactives. Cependant, les pluies n’ont pas toujours été très efficaces pour les nappes. Ainsi, pour le nord-est et le Jura, les premières pluies ont d’abord permis d’humidifier les sols, après trois mois de sécheresse, avant de réussir à s’infiltrer en profondeur. Les précipitations intenses sur un temps court ont souvent saturé les sols, favorisant le ruissellement au détriment de l’infiltration.
Situation des nappes
Les situations des nappes de l’Artois, du Bassin parisien, du Sundgau et du couloir Rhône-Saône n’évoluent pas, du fait de leur inertie. Elles restent satisfaisantes, de modérément bas (Bas Dauphiné et Champagne) à modérément haut (Beauce). Quelques niveaux bas à très bas perdurent au nord de la Champagne.
Concernant les nappes réactives, les épisodes de recharge ont permis de conserver des niveaux hauts à très hauts au sud-est et en Corse et d’améliorer les situations. L’état des nappes est excédentaire pour la moitié sud de l’Hexagone, pour l’ouest et le sud du Massif armoricain et en Corse. Du nord du Massif armoricain au Jura, les situations sont proches des normales à modérément bas. Les épisodes pluviométriques, succédant à des périodes sèches, n’ont pas toujours été efficaces pour la recharge des nappes durant l’automne et le début de l’hiver.
Contribution des nappes aux inondations récentes
Les crues actuelles sont principalement dues à des sols saturés engendrant un fort ruissellement de surface et des crues de cours d’eau.
Concernant les nappes inertielles (craie et formations tertiaires du Bassin parisien, de l’Artois et du couloir Rhône-Saône), les niveaux actuels n’atteignent pas des niveaux hauts à très hauts. Les nappes inertielles ne sont donc pas impliquées dans les inondations actuelles. C’est notamment ce qui explique les inondations moins importantes que celles observées en Artois durant l’hiver 2023-2024.
Le risque d’inondation par remontée des nappes inertielles est très faible sur les prochains mois : ces nappes réagissent très lentement aux pluies infiltrées. Ce faible risque est une bonne nouvelle car la décrue d’inondations par remontée des nappes inertielles se fait lentement : les terrains peuvent alors restés immergés plusieurs semaines.
Les nappes réactives du socle du Finistère, du Morbihan et de l’ouest de Loire-Atlantique ainsi que les nappes du sud-est et de Corse étaient déjà hautes à très hautes fin janvier. Elles ont alors pu contribuer aux inondations de février, comme c’était déjà le cas en janvier.
Pour les autres secteurs abritant des nappes réactives, les niveaux n’étaient pas suffisamment hauts début février pour contribuer activement aux crues. Cependant, les précipitations intenses de février ont permis de recharger efficacement les nappes les plus réactives. C’est notamment le cas pour les nappes du sud-ouest et du Massif central qui enregistrent actuellement un pic de crue.
Concernant le nord-est, les pluies étaient déficitaires depuis novembre voire octobre 2025. Les précipitations de février ont d’abord permis de réhumidifier les sols avant de s’infiltrer en profondeur. Les niveaux de la nappe des calcaires située à l’ouest de la Lorraine et dans le Jura commencent à remonter rapidement à partir du 10 février pour atteindre des niveaux hauts mi-février. La nappe des grès de l’est de Lorraine et les nappes d’Alsace sont moins réactives aux pluies et restent à des niveaux proches des normales.
Les nappes réactives affichant des niveaux élevés contribuent aux inondations et aux crues des cours d’eau de février, soit directement en débordant au-dessus du sol ou en alimentant le cours d’eau, soit indirectement en saturant les sols, limitant ainsi l’infiltration des pluies et favorisant le ruissellement. Des crues issues des sources karstiques peuvent également survenir sur la bordure sud et ouest du Massif central, contribuant aux crues des différents cours d’eau. Le risque est élevé tant que les cumuls pluviométriques restent importants.
Prévisions
Les prévisions en sortie d’hiver sont plutôt favorables pour les nappes inertielles. Cependant, des incertitudes relatives à la fin de la période de recharge subsistent et les prévisions pour l’été 2026 sont plus incertaines.
Concernant les nappes réactives affichant des niveaux excédentaires (Corse, moitié sud de l’Hexagone et Massif armoricain), les prévisions saisonnières sont optimistes. Mais elles demeurent incertaines à plus long terme car dépendantes des cumuls pluviométriques de la fin d’hiver et du printemps. En effet, les pluies du printemps seront essentielles pour conserver des niveaux au-dessus des normales le plus tardivement possible. Les nappes réactives peuvent se vidanger en quelques semaines, en cas de sécheresse prolongée et intense. Les situations devraient cependant être plus favorables sur le Roussillon et le Languedoc que les 4 étés précédents.
Pour aller plus loin
Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente
Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.
À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.
Carte établie le 19 janvier 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 février 2026.
Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).
Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).
L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).
Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.
L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).
Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.