La vidange des nappes phréatiques se poursuit avec 66% des niveaux en baisse. La situation globale est encore satisfaisante avec 74% des points d’observation autour des normales mensuelles ou au-dessus.
21 avril 2026
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 avril 2026.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d'eau souterraine au 15 avril 2026.

Carte établie le 17 avril 2026 par le BRGM, à partir de données de la banque ADES acquises jusqu’au 15 avril 2026.

Source des données : ADES (ades.eaufrance.fr) / Hydroportail (hydro.eaufrance.fr) / Fond de carte © IGN. Producteurs de données et contribution : APRONA, BRGM, Conseil Départemental de la Vendée, Conseil Départemental des Landes, Conseil Départemental du Lot, EPTB Vistre Vistrenque, Parc Naturel Régional des Grandes Causses, Syndicat Mixte d’Etudes et de Travaux de l’Astien (SMETA), Syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes souterraines de la plaine du Roussillon (SMNPR).

Cette carte présente les indicateurs globaux traduisant les fluctuations moyennes des nappes. Ils sont établis à partir des indicateurs ponctuels relevés au niveau des points de surveillance du niveau des nappes (piézomètres).

L'indicateur "Niveau des nappes" compare le mois en cours par rapport aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, soit au minimum 15 ans de données, et jusqu'à plus de 100 ans. Il est réparti en 7 classes, du niveau le plus bas (en rouge) au niveau le plus haut (en bleu foncé).

Les zones grises correspondent à des secteurs sans nappes libres, c'est-à-dire avec une couche imperméable ou semi-perméable au-dessus de la nappe, et/ou des secteurs comportant une très faible densité de points de suivi. Ce dernier cas concerne notamment les zones montagneuses dont les nappes sont petites et hétérogènes.

L'indicateur "Évolution des niveaux" traduit la variation du niveau d'eau du mois échu par rapport aux deux mois précédents (stable, à la hausse ou à la baisse).

Ces indicateurs globaux rendent compte de situations et de tendances générales et ne tiennent pas compte d'éventuelles disparités locales.

© BRGM

Tendances observées sur les piézomètres au 15 avril 2026.

Tendances observées sur les piézomètres au 15 avril 2026.

© BRGM

Tendances d’évolution

Au 15 avril, la vidange se poursuit avec 66 % des niveaux en baisse.

La vidange se poursuit sur une grande majorité de nappes, conséquence d’un déficit de pluie pendant la 2e quinzaine du mois de mars et ce début du mois d’avril.

Concernant les nappes inertielles, celles contenues dans les calcaires de l’Artois, la craie de Normandie, les calcaires du Sundgau, les formations du couloir Rhône-Saône, les alluvions fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais et dans les calcaires de l’Armagnac, continuent de se recharger. Les niveaux de celles qui sont contenues dans les alluvions fluvio-glaciaires de l’avant-pays savoyard, les calcaires de Brie et les calcaires du Lutétien, se stabilisent.

Concernant les nappes réactives, les tendances sont globalement à la baisse. Seules les nappes des calcaires jurassiques en Brenne-Vienne, des formations de la Vistrenque, bénéficient encore d’une recharge. Les niveaux des nappes des alluvions de la plaine du Roussillon et des calcaires du massif des Corbières, se stabilisent.

Tous les niveaux des autres nappes sont en baisse.

Situation observée sur les piézomètres au 15 avril 2026.

Situation observée sur les piézomètres au 15 avril 2026.

© BRGM

Situation des nappes

La situation des nappes inertielles est la même qu’au 1er avril. Pour ces nappes, les niveaux sont autour de la normale, à l’exception de la nappe des calcaires de l’Armagnac dont le niveau est modérément haut.

Concernant les nappes réactives, la situation a légèrement évolué, conséquence du déficit de pluie et de la généralisation du démarrage de la vidange.

La situation est passée de « modérément haut » à « autour de la moyenne » pour les nappes situées dans les formations sédimentaires du Cotentin, le socle breton et limousin, les calcaires jurassiques des Charentes et les alluvions de la plaine d’Alsace nord, de la vallée des Alpes et du Bas-Rhône-Durance.

De même, la situation s’est dégradée, passant de niveaux « autour de la moyenne » à « modérément bas » pour les nappes contenues dans les calcaires jurassiques du Boulonnais, de Lorraine et de la Côte des Bars, dans les sables de l’Albien de la bordure du Bassin parisien, les formations du bassin de Limagne.

Pour les autres nappes, la situation est toujours au-dessus de la normale, notamment pour les nappes alluviales de la Garonne et du Rhône inférieur, ainsi que la nappe des formations de la Vistrenque, pour lesquelles les niveaux sont encore hauts à très hauts.

Prévisions

Les prévisions pour les nappes inertielles demeurent incertaines. La végétation ayant repris, les pluies, si elles ne sont pas assez abondantes, ne profiteront qu’aux besoins des plantes et n’alimenteront pas les nappes. Il est probable que le niveau de ces nappes se situera autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir.

Les prévisions sont favorables pour les nappes réactives qui sont au-dessus des niveaux moyens. Une vigilance devra être maintenue sur les nappes de l’arc jurassique de la bordure nord-est du Bassin parisien, la nappe dans les grès vosgiens et calcaires triasiques, la nappe présente dans les édifices volcaniques et celles dans les bassins tertiaires de Limagne. La prévision à long terme est beaucoup plus incertaine, le maintien des niveaux dépendra des précipitations de ces prochaines semaines. Un cumul de précipitations faible associé à la reprise de la végétation et à l’augmentation des prélèvements pourraient avoir un impact significatif rapide sur les nappes très réactives dont le niveau se situe déjà autour de la moyenne comme celles du socle breton et limousin.

Situation des nappes d’eau souterraine : une carte revisitée et plus fréquente

Très attendu chaque mois par le public, le bulletin de situation des nappes phréatiques évolue. Désormais diffusée deux fois par mois, la carte se dote d'une nouvelle palette de couleurs, pour une meilleure lisibilité.

À partir du 1er juillet 2025, la carte comparative entre le mois en cours et le même mois de l'année précédente est également rééditée dans la nouvelle gamme de couleurs.