Catherine Lagneau, présidente-directrice générale du BRGM, et Dominique Garcia, président de l'Inrap, ont signé le mardi 9 septembre 2025 un accord de partenariat entre les deux organismes.
© Inrap - Hervé Lequeux
Pour les archéologues, connaître le contexte plus large autour d’un site archéologique est essentiel. Quelles étaient les conditions climatiques, environnementales de l’époque concernée par les fouilles ? Les sciences de la Terre peuvent aider à répondre à ces questions.
Pour les géologues, les fouilles archéologiques constituent des opportunités d’acquisition de données et de connaissances, notamment sur les formations de proche surface (régolithe) en milieu urbain, premières concernées par les activités humaines.
Des données complémentaires et des pistes de collaboration multiples
Ces pistes de collaboration ont conduit le BRGM, service géologique national, et l’Inrap, établissement public en charge des opérations d’archéologie préventive menées dans le cadre des travaux d’aménagement du territoire, à signer le 9 septembre 2025 un premier accord pour développer et pérenniser leurs partenariats.
Cet accord permettra notamment de partager les données collectées par le BRGM et l’Inrap, de mettre en commun des savoir-faire et des moyens, d’engager des programmes de recherche communs, d’encadrer des thèses, post-doctorats et stages.
Domaines prioritaires
L’accord prévoit de développer particulièrement les domaines de collaboration suivants :
- Connaissance géologique du territoire : connaissance du régolithe (proche sous-sol), paléoenvironnements, paléoclimats, géothèque, données sur les ouvrages souterrains…
- Prévention des risques : données sur les séismes et sur les tsunamis (avant l’existence d’archives textuelles afin d’étendre la connaissance vers le passé), études de stabilité, données sur la pollution des sols urbains…
- Gestion de l’eau : impact du climat sur les ressources en eau.
- Outils d’acquisition et d’imagerie : mutualisation des parcs instrumentaux géophysiques, co-développement de nouveaux moyens d’imagerie géophysique.
- Capacités analytiques : provenance des matériaux, nouveaux développements analytiques.
- Numérique : choix logiciels, intelligence artificielle…
- Partenariats régionaux en France hexagonale et en Outre-mer.
Un premier projet pour mieux connaître la géologie de proche surface
Une première étude commune débutant à la signature de l’accord va permettre de mettre en commun les savoirs et savoir-faire du BRGM et de l’Inrap dans le cadre de zones-tests le long de grands linéaires et d’infrastructures : le Grand Port Maritime de Dunkerque, le Canal Seine-Nord Europe et Grand Projet Ferroviaire du Sud-Ouest.
Cette étude permettra d’enrichir la banque de données du sous-sol gérée par le BRGM (renseignée réglementairement par les travaux impactant le sous-sol au-delà de 10 m de profondeur) par des informations issues des diagnostics archéologiques, renseignant la géologie de proche surface (de l’ordre de quelques mètres de profondeur maximum).
L’objectif est de démontrer l’intérêt des données collectées dans le cadre de l’archéologie préventive pour nourrir les problématiques en lien avec le changement climatique, la perte de la biodiversité et les interactions Hommes-Milieu.