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Système d'extraction en ligne et analyse des phytosanitaires dans l'eau - laboratoires du BRGM (Orléans, 2009). © BRGM - Didier Depoorter

Métiers de l'eau : géochimiste

12.10.2015

Michel Franceschi, enseignant-chercheur géochimiste, ENSEGID / Bordeaux INP. Portrait réalisé pour le SIGES Aquitaine.

Michel Franceschi, enseignant-chercheur géochimiste, ENSEGID / Bordeaux INP. Portrait réalisé pour le SIGES Aquitaine. © BRGM - 2015

Transcription de la vidéo

Dans la vie, je suis enseignant chercheur dans le domaine de la géochimie. C'est mon domaine d'enseignement et de recherche, au sein d'une école d'ingénieurs qui s'appelle l'Ensegid.

Ma mission, c'est de monter des projets de recherche, pas tout seul, avec mes collègues, pour travailler sur le domaine de l'origine des eaux souterraines, en amont un peu de ce que vont faire d'autres organismes comme le BRGM. Nous, on va se situer sur le côté recherche. On va essayer de mieux comprendre l'acquisition de la composition chimique des eaux et l'origine de ces eaux.

Pour retracer l'origine des eaux souterraines, le matériel de base, pour nous, ça va être une analyse. Donc la 1re partie, c'est collecter des échantillons qu'on va ramener au laboratoire et qu'on va analyser. On va faire plusieurs types d'analyses. Des analyses de chimie classiques. On va doser ce qu'on appelle les éléments majeurs. Des anions et des cations qui sont toujours présents : sodium, potassium, magnésium, calcium, chlorure, nitrate, sulfate. On va doser ces éléments avec des appareils de ce type-là, qu'on appelle des chromatographes liquides. A partir de ça, on va pouvoir avoir ce qu'on appelle une carte d'identité de l'eau. On va voir son faciès. Ensuite, on va chercher d'autres éléments, des éléments-traces. Du fluor, ça a un intérêt pour la santé. Du baryum, du strontium. Et ça, c'est des éléments qui vont être en faibles quantités. Quelques centaines de microgrammes. Alors que les autres, on est au-delà du milligramme voire des dizaines ou des centaines de milligrammes. Et donc, ces éléments-là, ils vont nous donner de l'information plus précise sur les interactions, les réactions chimiques qui ont pu se produire. Et après, on va s'intéresser aussi à l'origine de l'eau. Pour ça, on va utiliser deux types d'outils qui est la mesure des isotopes stables et la mesure des isotopes radioactifs. Tout ça, ensuite, ça va servir à ceux qui font les modèles de gestion pour mieux contraindre leurs modèles. Et ainsi, on va boucler la boucle de l'utilisation de l'eau, puisque le but ultime, c'est de pouvoir utiliser cette ressource pour fournir de l'eau potable aux populations.

Ce que j'aime dans mon métier, c'est à la fois ses aspects terrain, même si, maintenant, on en fait de moins en moins, mais aussi ce côté rigueur de l'analyse et puis essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Pourquoi cette eau a telle composition ? Pourquoi est-ce qu'elle est naturellement potable ? Depuis combien de temps elle est là, au sein de l'aquifère ? Comment on va pouvoir l'exploiter ? Et puis aussi, l'autre côté qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on va retransmettre aussi tout ça aux étudiants. C'est l'autre côté passionnant. C'est d'expliquer ce qu'on fait et à quoi ça sert. Ce qui est intéressant dans ce métier, c'est qu'on peut monter les projets qu'on veut, qu'on travaille avec des gens qu'on aime, et surtout, qu'on peut se donner le temps de la réflexion.

Pour faire ce métier de géochimiste, d'abord, je crois qu'il faut aimer la chimie. Il faut être assez rigoureux dans son travail, notamment le travail analytique, parce que, vous l'avez compris, c'est la pierre de base. C'est là-dessus que repose tout notre travail. Ca, ça s'acquiert par la formation. Ensuite, dans nos domaines à nous, il faut aimer aller sur le terrain. Il faut savoir se débrouiller, souvent, sur le terrain, parce que tout n'est pas forcément comme on l'avait prévu. Il faut savoir s'adapter. Et puis, surtout, le grand... L'aspect important, c'est qu'il faut se documenter sans cesse, parce que les techniques évoluent sans cesse, il y a de nouvelles méthodes, il y a des collègues qui ont des nouvelles idées. Donc il faut beaucoup lire et il faut aimer ça. Je crois que... Un conseil particulier, non. Je crois qu'il faut être conscient qu'il y a peu de postes dans notre domaine. Il y a peu de postes à l'université et en géochimie, encore moins. Mais si quelqu'un est motivé et intéressé, je crois qu'il y a toujours moyen de trouver sa place.

Mon proverbe préféré, c'est peut-être la devise de Guillaume d'Orange, qui disait : "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer." Si j'étais un super-héros, peut-être Zorro, en souvenir de mon enfance. Ou alors plutôt un endroit. Une île dans la Méditerranée, avec le soleil et la montagne. Si j'étais une goutte d'eau, j'aimerais bien être un endroit où les hydrogéologues ne pourraient jamais me pomper.

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