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Fig. 2 : Carte géologique montrant le petit sillon houiller de Viges-

Villerange dans la Creuse (en marron) avec développement de

fortes anomalies en As dans les sols - exprimées en g/t - au niveau

de la bordure nord (mylonites : zone hachurée de la carte).

Fig. 2: Geological map showing the small Viges-Villerange coal belt

in the Creuse (brown) with strong As anomalies in the soil (g/t)

along its northern edge (cross-hatched area on the map: mylonite).

© BRGM-Im@gé

cisaillements sur des volumes considérables, le long

de segments mylonitiques (roches finement broyées

par les déformations du socle) souvent puissants de

plusieurs centaines de mètres et pouvant atteindre

des extensions de plusieurs dizaines de km. Ces seg-

ments arséniés entaillent totalement les massifs

cristallins français (Bretagne, Massif Central, Vosges)

mais se rencontrent également,quoique plusmorcelés

par la tectonique alpine, dans les Alpes et les

Pyrénées.

Dans ces structures, les teneurs dans la roche

atteignent fréquemment plusieurs centaines de

grammes par tonne et peuvent localement dépasser

quelques %. Lorsque ces roches s’altèrent, les sols

développés à leurs dépens enregistrent des niveaux

de teneur comparables, en général inférieurs, mais

toujours importants, atteignant fréquemment

quelques milliers de grammes par tonne.

Ces zones de faiblesse de l’écorce terrestre, qui ont

servi de drains pour les fluides hydrothermaux

arséniés (eaux chaudes d’origine magmatique ou

métamorphique qui ont déposé les minéraux métal-

liques, dont les sulfures d’arsenic, dans les roches

qu’elles ont imprégnées), correspondent à des sites à

forte occupation humaine :

- Constituées de roches broyées et altérées, elles ont

guidé le réseau hydrographique et correspondent

souvent aux vallées, lieu privilégié de l’habitat.

L’eau, facteur de libération

- Ce sont des zones à forte perméabilité,et de nombreux

captages d’eau sont préférentiellement implantés

sur leur trajet .

- Les zones les plus fortement imprégnées ont pu être

exploitées pour leur contenu en métaux précieux ou

en métaux lourds.

- Ces zones mylonitiques servent également de

bordure aux bassins houillers, et ont facilité les

émissions volcaniques ou les intrusions de granites

spécialisés, en favorisant ainsi un nouvel apport et

une dissémination d’arsenic dans les roches de ces

bassins.

De l’arsenic dans l’eau !

Dans unmilieu en équilibre ayant atteint samaturité

(1)

,

l’arsenic se trouve généralement piégé dans des

minéraux, et nous ne devrions pas le rencontrer dans

les eaux de surface, si l’on fait exception des sources

chaudes

(2)

du volcanisme récent. En France, une étude

récente réalisée dans le cadre du futur Atlas géochi-

mique européen montre que le fond géochimique en

As des eaux de surface est voisin de 0,73 µg/l.

En fait, sa présence dans les eaux superficielles

correspond bien souvent à une activité humaine

ayant perturbé l’équilibre du milieu, et cette activité

peut être très éloignée d’une activité industrielle

”“

Sa présence dans les eaux

superficielles correspond bien souvent

à une activité humaine ayant

perturbé l’équilibre du milieu.

58

(1)

Milieu où les minéraux métastables de l’arsenic (sulfates, arséniates, phosphates) ont été oxydés et ont laissé place aux seuls oxydes

et hydroxydes.

(2)

20 % des sources thermales renferment des teneurs en As supérieures à 50 µg / l.