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pollutions par le mercure, le cadmium, le plomb,

le chrome,etc.ont été recherchées dans l’environnement

immédiat des installations associées à leur extraction,

leur élaboration ou leur utilisation ; l’extrême rareté

des concentrations minérales qui les contiennent ne

pouvant que confirmer cette intuition.

Malheureusement, un métalloïde particulièrement

toxique, l’arsenic, fait exception à cette règle. Cet

élément s’avère très banal dans l’écorce terrestre, et

de très nombreuses roches cristallines, volcaniques

ou sédimentaires peuvent renfermer des proportions

importantes d’arsenic sous forme de sulfures, dont

l’espèce la plus commune est l’arsénopyrite ou mis-

pickel.

Les concentrations d’arsénopyrite ont été particuliè-

rement étudiées à partir des années 60, lorsque

l’étroite relation entre ceminéral et les concentrations

aurifères avait été clairement établie par la géochimie

d’exploration minière. Associé au métal précieux de

manière quasi-systématique, tout en étant bien plus

largement distribué,cemétalloïde est l’un des traceurs

les plus utilisés pour repérer les gisements d’or, mais

également d’étain et de tungstène.

En France, le programme d’inventaire systématique

du potentiel minier à partir d’analyses géochimiques

de sols et de sédiments de ruisseaux a fourni des

précieuses informations sur la distribution régionale

des concentrations d’arsénopyrite. Ces travaux ont

permis de montrer pour la première fois l’extrême

abondance de ceminéral qui peut, à partir de fractures

ou de coupoles intrusives, imprégner des formations

géologiques sur plusieurs dizaines de km.

Le principe de cette exploration systématique de l’or est

fort simple. Partant du constat métallogénique que la

totalité des gisements aurifères du socle hercynien

sont associés à l’arsenic, localiser des gisements d’or

inconnus pouvait s’effectuer en recherchant les

concentrations anormales en arsenic, beaucoup plus

l’eau, facteur de libération

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hydroxydes de fer. Ce processus, qui peut opérer sur

des temps très courts, de quelques mois à quelques

années, provoque un départ du soufre sous forme

d’acide sulfurique plus oumoins dilué, ainsi que celui

des autres éléments contenus, comme les métaux de

base (Cu, Pb, Zn), les métaux lourds (Cd, Co, Ni, Hg,...),

ou les métalloïdes (As, Se, ...) dans les eaux environ-

nantes.

Cet abaissement du pH de l’eau peut à son tour

provoquer la déstabilisation d’autres espèces

minérales, qui libèreront aussi tout ou partie de leur

contenu ionique.

Les métaux lourds et l’arsenic

La fin du XX

e

siècle a vu émerger la conscience

environnementale, et avec elle la préoccupation

associée à la nocivité des éléments traces métalliques

sur la santé humaine. Longtemps considérées comme

résultant exclusivement de l’activité industrielle, les

De très nombreuses roches

cristallines, volcaniques ou

volcano-sédimentaires

peuvent renfermer des

proportions importantes

d’arsenic.

>

Bactéries arsénite-oxydantes

© BRGM im@ge -

F. Battaglia

1 >

Souche Cas01 de bactéries

provoquant l’oxydation rapide des

sulfures d’arsenic. Ces bactéries

sont utilisées dans des processus

industriels pour détruire le réseau

cristallin des sulfures et libérer ainsi

leur contenu métallique : or, mais

aussi le cobalt.

2 >

Colonies de bactéries

Variovorax Paradoxus.

Ces bactéries se retrouvent

naturellement dans les sols.

Se nourrissant de sulfures d’arsenic,

elles provoquent la libération du

métalloïde dans les eaux.

1

2