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Géosciences

• numéro 2 • septembre 2005

l’échelle des temps géologiques et soumis aux

conditions de la surface, les minéraux les plus

résistants finissent par s’altérer sous l’action combinée

du climat et de la biosphère. Les sols, si indispensables

à notre agriculture en sont les témoins les plus

banals ; leur chimie et leur minéralogie actuelles

reflétant la composition des roches d’origine dont ils

sont issus.

Certains minéraux relativement abondants, comme

les sulfures, sont particulièrement instables dans un

environnement superficiel.Cette classeminéralogique,

dont les espèces constituent une des principales

sources de métaux exploités, est à l’origine des

principales pollutions par les élé-

ments métalliques en trace, qu’elles

soient anthropiques ou naturelles.

Sous l’action combinée de l’eau

et de l’oxygène de l’air,mais éga-

lement sous celle de l’activité

bactérienne, les sulfures s’oxydent

rapidement pour se transformer en

encroûtements de sulfates, d’oxydes et

Lorsqu’ils sont de très petite taille, ils se retrouvent

sous forme de poussières dans l’air que nous respirons.

Généralement, ce phénomène ne présente pas

d’autre inconvénient qu’une gêne estivale par jour de

grand vent, mais quelquefois, lorsque les minéraux

dispersés par le vent sont de nature fibreuse, comme

les amiantes, le risque peut être beaucoup plus

important. Transportés par le vent dans la haute

atmosphère, certains de ces aérosols peuvent voyager

sur des milliers de km, comme les loess du Sahara qui,

déposés sur les sols de l’Europe, en modifient

sensiblement la composition.

Pour exister, ces minéraux doivent être en équilibre

avec leur milieu. Une modification de cet équilibre

peut entraîner leur transformation en de nouveaux

minéraux, accompagnée de la libération d’une partie

(ou parfois de la totalité) des éléments chimiques qui

les constituent. Par exemple, le sel de cuisine (cristaux

de halite), parfaitement stable dans l’air sec, se dissout

rapidement dans l’eau douce en libérant le sodium et

le chlore qui le constituent.

Heureusement, la quasi-totalité des minéraux

présentent une grande stabilité et ne sont pas

sensibles aux modifications “mineures” de notre

environnement.

Une question d’équilibre

A l’échelle humaine, la libération du contenu chimique

de la grande majorité des minéraux ne peut s’opérer

que par des procédés industriels, particulièrement

bien illustrés par l’activité métallurgique.Toutefois, à

”“

Les minéraux les plus

résistants finissent par s’altérer

sous l’action combinée du

climat et de la biosphère.

>

Minéralogie de l’arsenic

Elément très commun de l’écorce ter-

restre,l’arsenic entre dans la composi-

tion de plus de 150 espèces minérales

(sulfures, arséniures, sulfosels, oxydes

et hydroxydes, sulfates, chromates,

phosphates, arséniates, silicates) avec

de nombreux autres éléments métal-

liques : Cr, Ni, Co, Cu, Zn, Sb, Pb, ... Une

majorité de ces espèces minérales est

très sensible aux variations du pH et

du potentiel d’oxydo-réduction. Les

rabattements de nap-pes, les modifi-

cations de la composition d’un sol ou

même les remontées de nappes, peu-

vent provoquer la déstabilisation de

certains de ces minéraux, la néofor-

mation d’autres, avec libération de

traces métalliques indésirables dans

les eaux.

Tétraédrite (Cuivre gris) :

(Cu, Ag, Zn, Fe)

12

(Sb,As)

4

S

13

Arsénopyrite : FeAsS

© Minér@lia

de l’arsenic naturel

© Minér@lia