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Les résurgences du cirque de Choranche. Elles drainent les eaux du massif des Coulmes vers la Bourne (Pont en Royan, Isère, 2009). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d’eau souterraine au 1er mai 2017

Notes d'information - 15.05.2017
Les deux tiers des nappes phréatiques (67%) affichent un niveau modérément bas à très bas. La situation montre qu’un tiers seulement du territoire a, à ce jour, bénéficié de la recharge hivernale habituellement observée à cette période de l’année.

Résumé de la situation

Situation du niveau des nappes

Le niveau des nappes au 1er mai 2017 est hétérogène d’une région à l’autre.

Les deux tiers des nappes (67%) affichent un niveau modérément bas à très bas. La situation montre qu’un tiers seulement du territoire a, à ce jour, bénéficié de la recharge hivernale habituellement observée à cette période de l’année. Seuls quelques rares secteurs présentent des niveaux autour de la moyenne voire modérément hauts comme certains secteurs est et sud du bassin parisien et amont du bassin Adour-Garonne ainsi qu’une partie du pourtour méditerranéen. Le reste du territoire présente des niveaux modérément bas voire très bas.

Tendance d’évolution du niveau des nappes

La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit la fin de la période de recharge hivernale avec près des deux-tiers des points (59%) désormais orientés à la baisse. Le phénomène s’est fortement accéléré en avril puisqu’au 1er mai seuls 24% des points sont en hausse alors qu’ils étaient 66% au 1er avril. Le nombre de points stables (17%) est constant par rapport au mois précédent. Cette situation n’est pas habituelle pour cette période de l’année. L’incidence marquée de la recharge hivernale que l’on devrait mesurer à cette période de l’année n’est pas observée.

La situation des nappes au 1er mai 2017 traduit clairement le déficit de recharge hivernale de cette année.

Depuis janvier 2017 un nouvel indicateur de l'état des nappes est proposé. Cet Indicateur Piézométrique Standardisé (IPS) est applicable sur l’ensemble des points de suivi des niveaux d’eau souterraine ayant au moins 15 valeurs. Sept classes ont été retenues pour indiquer l’état des nappes avec une graduation allant de "niveaux très bas" à "niveaux très hauts". Des équivalences en termes de période de retour sont proposées. Toutefois, l’utilisation de la terminologie propre à l’IPS sera privilégiée, principalement pour les nappes à cycle pluriannuel (que l'on ne peut pas traiter en termes de période de retour). L’iconographie liée au BSH reste inchangée.

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La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er mai 2017

La pluviométrie du mois d’avril 2017 a été très déficitaire sur l’ensemble du pays. En moyenne sur la France, le déficit pluviométrique a été supérieur à 50 %. Les cumuls ont été extrêmement faibles le long des frontières du Nord et du Nord-Est. Le déficit a souvent dépassé 70% sur la moitié nord ainsi qu’en Corse, et de la Gironde au golfe du Lion. Le déficit des précipitations cumulées depuis septembre reste le plus souvent supérieur à 25% sur la moitié nord du pays. Au Sud, il s’accentue des Landes à l’ouest de l’Aude, tandis que l’excédent diminue sur l’Hérault, les Cévennes, le sud des Alpes et la Haute-Corse.

L’évolution du niveau des nappes traduit une situation assez inhabituelle liée à un déficit marqué de la recharge hivernale. Le déficit pluviométrique enregistré ces derniers mois sur une grande partie du territoire explique ce taux de recharge déficitaire. Les premières pluies d’automne qui avaient commencé à engendrer un premier épisode de recharge n’ont pas perduré et la situation ne s’est pas améliorée au cours de l’hiver et en ce début de printemps.

Le nombre de points en baisse (59%) a beaucoup augmenté ce dernier mois (18% fin mars 2017) et le nombre de points en hausse (24%) est désormais très réduit (il était de 66% fin mars 2017).

Sur l’ensemble du territoire, les niveaux des nappes se situent autour de la moyenne voire plus hauts pour seulement 33% des points suivis, ils sont modérément bas à très bas pour les 67% restants. Les pluies de la période novembre à avril qui, habituellement, permettent d’assurer la recharge hivernale n’ont pas rempli leur rôle de remplissage des nappes cette année.

Les niveaux des nappes fin avril 2017 sont en baisse pour 59% d'entre eux, stables pour 17% et en hausse pour les 24% restant.

En cette fin de période de recharge hivernale, un grand nombre de réservoirs (67%) affichent des niveaux modérément bas à très bas.

Dans le détail, concernant les niveaux, on note que 3% sont hauts ou très hauts, 11% modérément hauts, 18% autour de la moyenne, 41% modérément bas, 19% bas et 7% très bas.

Pour la plus grande partie du territoire, les niveaux des nappes sont inférieurs à la normale. Quelques rares secteurs présentent cependant des niveaux moins déficitaires.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette fin de période de recharge hivernale, avec des niveaux autour de la moyenne et plus hauts que la moyenne, on peut citer :

  • Les aquifères karstiques des régions de Nîmes et Montpellier dont les niveaux, encore stables, sont globalement au-dessus de la moyenne dans un contexte de pluies déficitaires pour un mois d’avril.
  • Les nappes des calcaires du Jurassique de la Côte-Des-Bars à l’est du bassin parisien dont les niveaux, désormais en baisse, sont globalement autour des valeurs moyennes.
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau dont les niveaux se sont stabilisés après leur hausse du début d’année et qui sont désormais modérément hauts pour un grand nombre.

De nombreux secteurs présentent des situations moins favorables, avec des niveaux bas voire très bas par rapport aux moyennes, on peut citer par exemple :

  • La nappe de la craie champenoise dont les points sont globalement orientés à la baisse et qui présentent, pour un grand nombre de points, des niveaux bas.
  • Une grande partie des nappes du bassin Adour-Garonne qui présentent des niveaux plus bas que la moyenne à cause d’une recharge hivernale assez réduite. Les niveaux poursuivent encore leur hausse pour certains mais ils tendent progressivement à se stabiliser.
  • Les aquifères de la vallée du Rhône, amont et aval, qui présentent des niveaux globalement orientés à la baisse et qui, dans leur grande majorité, sont plus bas que la moyenne dans un contexte de recharge hivernale déficitaire.
  • La nappe alluviale de la plaine d’Alsace dont les niveaux sont globalement en baisse avec des périodes de retour dans l’ensemble inférieures aux normales saisonnières.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la note d'information sur l'état des nappes d’eau souterraine

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