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Les marmites de géants de Saint-Germain-Joux (Ain, 2007). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d’eau souterraine au 1er avril 2017

Notes d'information - 20.04.2017
Au 1er trimestre de 2017, moins de la moitié des nappes (46%) affiche un niveau moyen ou plus haut que la moyenne. La situation montre qu’à peine la moitié du territoire a, pour l’instant, commencé à bénéficier de la recharge hivernale attendue pour cette période de l’année.

Résumé de la situation

Situation du niveau des nappes

Le niveau des nappes au 1er avril 2017 est hétérogène d’une région à l’autre.

Moins de la moitié des nappes (46%) affichent un niveau moyen ou plus haut que la moyenne. La situation montre qu’à peine la moitié du territoire a, pour l’instant, commencé à bénéficier de la recharge hivernale attendue pour cette période de l’année. Seuls quelques rares secteurs présentent des niveaux autour de la moyenne voire modérément hauts comme la Lorraine, le sud du Bassin parisien ou la plus grande partie du pourtour méditerranéen. Le reste du territoire présente des niveaux modérément bas voire bas.

Tendance d’évolution du niveau des nappes

La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit, en fin de période de recharge hivernale, une phase de bascule tardive qui s’accélère. Le phénomène est lent mais désormais assez marqué avec les deux tiers (66%) des points orientés à la hausse et un nombre de points stables (16%) constant par rapport au mois précédent. Le nombre de points orientés à la baisse (18%) est encore très important. Cette situation n’est pas habituelle pour cette période de l’année. L’incidence marquée de la recharge hivernale que l’on devrait observer à cette période de l’année n’est pas réelle.

La situation des nappes au 1er avril 2017 traduit une période de recharge hivernale déficitaire pour l’instant.

Depuis janvier 2017, un nouvel indicateur de l'état des nappes est proposé. Cet Indicateur Piézométrique Standardisé (IPS) est applicable sur l’ensemble des points de suivi des niveaux d’eau souterraine ayant au moins 15 valeurs. Sept classes ont été retenues pour indiquer l’état des nappes avec une graduation allant de "niveaux très bas" à "niveaux très hauts". Des équivalences en termes de période de retour sont proposées. Toutefois, l’utilisation de la terminologie propre à l’IPS sera privilégiée, principalement pour les nappes à cycle pluriannuel (que l'on ne peut pas traiter en termes de période de retour). L’iconographie liée au BSH reste inchangée.

La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er avril 2017.

Après avoir retrouvé en février une pluviométrie conforme à la normale, le mois de mars a été bien arrosé sur la moitié sud du pays à l’exception de la Corse, un peu moins sur la moitié nord où les précipitations ont été déficitaires de la Bretagne au sud de la Normandie ainsi que des Hauts-de-France aux frontières du Grand-Est. En moyenne sur la France, l’excédent atteint 20%. Le déficit des précipitations cumulées depuis septembre s’atténue sur la moitié sud du pays mais reste souvent supérieur à 25% sur la moitié nord.

L’évolution du niveau des nappes traduit une situation assez inhabituelle liée à une recharge hivernale faible. Le déficit pluviométrique enregistré ces derniers mois sur une grande partie du territoire induit un taux de recharge déficitaire. Les premières pluies d’automne qui avaient commencé à engendrer un premier épisode de recharge n’ont pas perduré et la situation ne s’est pas beaucoup améliorée au cours de l’hiver. Le nombre de points en baisse (18%) a cependant diminué ce dernier mois (21% fin février 2017) et le nombre de points en hausse (66%) a progressé (52% fin février 2017).

Sur l’ensemble du territoire, les niveaux des nappes se situent autour de la moyenne voire plus hauts pour 46% des points suivis, ils sont modérément bas à très bas pour les 54% restants. Les pluies de la période de novembre à mars qui sont attendues pour assurer la recharge hivernale n’ont, pour l’instant, rempli que partiellement le rôle de remplissage que l’on attend d’elles.

Pour une grande partie du territoire, les niveaux des nappes sont inférieurs à la normale. Quelques rares secteurs présentent cependant des niveaux moins déficitaires.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette fin de période de recharge hivernale, avec des niveaux autour de la moyenne et plus hauts que la moyenne, on peut citer :

  • Les nappes de la plaine du Roussillon qui présentent des niveaux relativement stables, moyens voir plus hauts que la moyenne. La situation s’est globalement améliorée excepté dans les secteurs "bordure côtière Nord" et "Aspres-Réart" du pliocène qui restent  toujours déficitaires.
  • Les nappes des calcaires du Jurassique de Lorraine dont les pluies du mois de mars, efficaces, ont permis une recharge notable. Les niveaux sont ainsi tous en hausse et globalement au-dessus des valeurs moyennes.
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau qui poursuivent leur hausse entamée début 2017. Dans la partie amont de la nappe de l’Adour, les niveaux sont stabilisés après la forte hausse de février, ils sont désormais modérément hauts pour la plupart.

De nombreux secteurs présentent des situations moins favorables, avec des niveaux  bas voire très bas par rapport aux moyennes, on peut citer par exemple :

  • La nappe de la craie normande et picarde dont les points sont certes majoritairement orientés à la hausse (les deux-tiers), mais qui présentent des niveaux encore modérément bas.
  • Une grande partie des nappes du bassin Adour-Garonne qui présentent des niveaux plus bas que la moyenne à cause d’une recharge hivernale assez réduite. Les niveaux repartent sensiblement tous à la hausse.
  • Les aquifères de la vallée du Rhône, amont et aval, qui présentent des niveaux qui tardent à s’orienter à la hausse et qui, globalement, sont plus bas que la moyenne dans un contexte de recharge hivernale déficitaire.
  • Les nappes alluviales, et les réservoirs calcaires des secteurs amont de la région PACA qui n’ont pas connu d’épisode de crue et dont la tendance globale est à la baisse. Les niveaux observés sont globalement plus bas que la moyenne.

POUR ALLER PLUS LOIN

Télécharger la note d'information sur l'état des nappes d’eau souterraine

Télécharger la carte de France de la situation des nappes au 1er avril 2017

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