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Les résurgences du cirque de Choranche. Elles drainent les eaux du massif des Coulmes vers la Bourne (Pont en Royan, Isère, 2009). © BRGM - François Michel

Etat des nappes d’eau souterraine au 1er avril 2014

Notes d'information - 17.04.2014
La très grande majorité des nappes phréatiques (87%) affiche un niveau normal à supérieur à la normale. La situation des nappes en cette période de fin de recharge est liée à des précipitations au-dessus des normales depuis septembre sauf pour l'Hérault et les secteurs côtiers du Languedoc-Roussillon.

Résumé de la situation

Situation du niveau des nappes

Le niveau des nappes au 1er avril 2014 est hétérogène d’une région à l’autre.

La très grande majorité des réservoirs (87%) affiche un niveau normal à supérieur à la normale. Les secteurs où la situation est favorable (niveau supérieur à la normale) sont répartis dans l'ouest (bassin Adour-Garonne), le sud-est (vallée du Rhône, région Provence-Alpes-Côte-d'Azur) et le Nord (bassin Artois-Picardie, Normandie). La situation des nappes en cette période de fin de recharge est liée à des précipitations au-dessus des normales depuis septembre sauf pour l'Hérault et les secteurs côtiers du Languedoc-Roussillon.

Tendance d’évolution du niveau des nappes

En cette fin de période hivernale, on se situe sur la période habituelle de bascule entre recharge et stabilisation, avant la période habituelle de baisse des niveaux. Ceci est confirmé par une forte majorité des points de suivi qui affiche un niveau stable (26%) ou déjà en baisse (41%). Seul un tiers des points restants (33%) présente encore des niveaux en hausse. Cette situation est assez normale pour la saison.

La situation des nappes au 1er avril traduit assez clairement la fin de la période de recharge hivernale. La stabilisation et le passage progressif vers une baisse plus généralisée des niveaux, devrait se confirmer sur les prochains mois.

La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er avril 2014

La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er avril 2014

Après un début d’année très arrosé, le mois de mars 2014 a connu un temps globalement assez sec. La pluviométrie moyennée sur la France est, pour ce mois, inférieure de près de 35 % à la normale. Ce déficit dépasse 70 % sur un grand quart nord-est du pays. En Alsace, c’est le mois de mars le plus sec depuis 1959 avec des cumuls mensuels exceptionnellement faibles. Seuls l’ouest des Pyrénées, la Côte d’Azur et la Corse (à l’exception de la côte est) ont été bien arrosés. Sur la période de recharge hivernale (septembre 2013 à mars 2014), après 5 années consécutives en déficit suivies d’une année excédentaire (hiver 2012/2013), le bilan est à nouveau excédentaire pour cet hiver 2013/2014. Un déficit demeure cependant sur l'Hérault et la côte du Roussillon.

L’évolution du niveau des nappes traduit, avec une proportion grandissante de points en baisse (41%) et une part notable de points stables (26%), la fin de la période de recharge hivernale. Seul un tiers des points (33%) demeure orienté à la hausse. Le printemps correspond à la période habituelle de fin de recharge hivernale. Les niveaux de nappe sont assez hauts pour cette époque de l'année et on peut considérer que la recharge cette année a été très positive. On se situe ainsi, pour de nombreux secteurs, dans des conditions assez favorables pour aborder de futures périodes probablement moins pluvieuses durant lesquelles la recharge ne sera plus active.

Les niveaux de nappe à fin mars 2014 sont en baisse pour 41% d'entre eux, stables pour 26% et en hausse pour les 33% restant.

L’état de remplissage des aquifères est resté constant depuis le mois dernier. Il affiche, pour la plus grande majorité d’entre eux (87%), des valeurs égales ou supérieures à la normale en cette fin mars 2014. Dans le détail, on note que 11% des points suivis ont des niveaux inférieurs à la normale et 2% très inférieurs.

Pour de nombreux secteurs du territoire, les niveaux des nappes sont supérieurs à la normale, notamment dans la vallée du Rhône, dans le bassin Artois-Picardie, dans le sud-est ou dans le bassin Adour-Garonne. Quelques nappes en Alsace, au centre du Bassin parisien, en Lorraine, en Languedoc-Roussillon et en Corse présentent quant à elles des situations plus nuancées avec des niveaux plus normaux, voire déficitaires.

Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette période de l'année, avec des niveaux supérieurs à la normale, à la faveur d'épisodes de recharge hivernale marqués, on peut citer par exemple :

  • Les aquifères de la vallée du Rhône, qui présentent encore une hausse des niveaux pour certains des piézomètres de référence. Les cumuls de pluie de l'hiver ont favorisé une recharge notable.
  • La nappe des calcaires du Jurassique du sud de la Vendée qui présente des niveaux certes orientés à la baisse mais qui ont bénéficié de précipitations très importantes. Les niveaux sont au-dessus des normales de saison.
  • Les nappes alluviales de la région PACA qui présentent des niveaux désormais stables voire en baisse mais qui ont profité d'un cumul de précipitation excédentaire en ce début d'année.
  • Les nappes alluviales de la Garonne avale et de la Dordogne qui tendent vers la stabilité avec des niveaux qui ont profité de façon significative des pluies d'hiver et sont ainsi désormais très supérieurs à la normale.

Parmi les secteurs qui présentent des situations moins favorables, avec des niveaux proches de la normale voire inférieurs à la normale, on peut citer par exemple :

  • Les aquifères du centre du Bassin parisien qui présentent, pour un grand nombre de points, des niveaux normaux, non excédentaires. Une certaine hausse se maintient pour plusieurs points mais la stabilisation des niveaux se met en place progressivement, ce qui est habituel pour la saison.
  • Les aquifères alluviaux de Corse, dans le nord-est, qui présentent un niveau de recharge peu conséquent en relation avec un certain déficit pluviométrique de ce début d'année sur la côte est.
  • Les aquifères du Pliocène et du Quaternaire du multicouche du Roussillon qui présentent, en contexte de faibles précipitations sur le début d'année, une orientation à la baisse avec des niveaux assez déficitaires pour la saison.
  • Les aquifères de Lorraine et du nord de l'Alsace  qui présentent des niveaux inférieurs à la normale et dont la situation s'est dégradée récemment en lien avec un déficit de précipitation durant ce mois de mars.
  • Les aquifères karstiques des régions montpelliéraines et nîmoises qui présentent, en contexte de précipitations déficitaires, des tendances désormais à la baisse des niveaux piézométriques qui se sont détériorés sur ces premiers mois de l'année.

POUR ALLER PLUS LOIN 

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Nappes phréatiques : une recharge hivernale 2013-2014 exceptionnelle

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