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Le lac du barrage de Serre-Ponçon dans les Hautes-Alpes (France, 2001). © BRGM - François Michel

Pressions industrielles et impacts sur les eaux souterraines : déploiement sur le Bassin Rhône-Méditerranée

11.08.2016
Afin d’évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines, le BRGM a développé une approche de type "pression/impact" à l’échelle des bassins industriels.

La "directive fille" de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) visant à protéger les eaux souterraines (Directive 2006/118/CE du 12 décembre 2006) impose de s’intéresser aux "panaches de pollution" résultant de sources ponctuelles et de vérifier qu’ils ne s’étendent pas et ne dégradent pas l'état chimique des masses d’eau. Afin d’évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines, le BRGM a développé une approche de type "pression/impact" à l’échelle des bassins industriels. Cette méthodologie a été élaborée avec le soutien de la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR) du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer (MEEM) et de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et a inspiré les révisions du guide national "pression/impact" menées par la Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DEB) du MEEM et l’ONEMA.

Un déploiement au niveau du bassin Rhône-Méditerranée permet d’apporter des informations concrètes, synthétisées à l’échelle d’une zone ciblée et validées par les services de l’État et d’évaluer l’impact des pressions industrielles sur la qualité des eaux souterraines à l’échelle des bassins industriels. Cette étude a permis d’apporter les éléments d’information utiles à la réalisation de l’état des lieux des masses d’eaux souterraines dans le cadre de l’application de la DCE (2000/60/CE) et vient en soutien au développement du SDAGE et à la mise en œuvre du Programme de Mesures. Enfin, cette étude permet également de disposer d’un premier outil de traitement des données des eaux souterraines qui peut être utilisé avec l’outil GIDAF (Gestion Informatisée des Données d’Autosurveillance Fréquente).

Pressions industrielles au droit d’une masse d’eau  © BRGM

Pressions industrielles au droit d’une masse d’eau. © BRGM

Contexte

La directive fille (Directive pour la protection des eaux souterraines 2006/118/CE) de la DCE impose de s’intéresser aux "panaches de pollution" résultant de sources ponctuelles et de vérifier qu’ils ne s’étendent pas et ne dégradent pas l'état chimique des masses d’eau. (2000/60/CE).

Afin d’évaluer l’impact des activités industrielles passées et actuelles sur la qualité des eaux souterraines, le BRGM a développé une approche de type « pression/impact » à l’échelle des bassins industriels Le développement d’outils spécifiques a permis d’optimiser les diagnostics environnementaux.  

Objectifs

Les objectifs de ce projet sont les suivants :

  • identifier les principaux bassins industriels du bassin Rhône-Méditerranée ;
  • caractériser les pressions "ponctuelles" sur chaque bassin industriel ;
  • caractériser l’état qualitatif des eaux souterraines pour les polluants associés aux pressions « ponctuelles » sur chaque bassin industriel ;
  • caractériser les impacts avérés ou potentiels sur les eaux souterraines dès lors que le lien entre des pressions « ponctuelles » et un éventuel état dégradé des eaux souterraines est établi ou suspecté ;
  • et synthétiser la situation au regard des critères de rapportage européen pour les masses d’eau souterraine concernées.

Programme des travaux

L’approche méthodologique déployée sur le bassin Rhône-Méditerranée comporte cinq phases principales :

  • Phase 1 : Inventaire des pressions ponctuelles, identification puis délimitation de zones d’étude, appelées « bassins industriels », et collecte des données associées ;
  • Phase 2 : Qualification de l’état des eaux souterraines ;
  • Phase 3 : Qualification de la pression industrielle ;
  • Phase 4 : Synthèse de l’impact à l’échelle du bassin industriel ;
  • Phase 5 : Synthèse à l’échelle du bassin Rhône-Méditerranée.

Des informations ont été apportées par les services de l’État et les délégations régionales de l’Agence de l’eau afin de mettre à jour les phases de qualification de l’état des eaux souterraines et de qualification de la pression industrielle.

Afin de mieux répondre aux exigences des utilisateurs finaux des résultats, des optimisations ont été apportées concernant : la sélection et la délimitation des bassins industriels, le traitement statistique des données qualité des eaux souterraines et la méthode de qualification de l’impact.

Cette étude a concerné l’ensemble des régions constituant le bassin Rhône-Méditerranée.

Bassins industriels étudiés sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse et leurs typologies d’impact par rapport à la qualité des eaux souterraines © BRGM

Bassins industriels étudiés sur le bassin Rhône-Méditerranée-Corse et leurs typologies d’impact par rapport à la qualité des eaux souterraines. © BRGM

Résultats obtenus

Cinquante-sept bassins industriels ou zones d’étude ont été étudiés. Les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les plus industrialisées, comportent un nombre important de bassins concernés. A contrario, la région Languedoc-Roussillon, au faible tissu industriel, comporte un nombre réduit de bassins.

Le traitement statistique des données qualité des eaux au droit des zones étudiées, disponibles sous ADES, a permis d’identifier les substances ou groupes de substances pour lesquels un fort pourcentage de points d’eau présente des dépassements des critères de qualité des eaux. Il s’agit essentiellement des composés organiques halogénés volatiles COHV (incluant notamment les solvants chlorés) des dérivés du benzène, des hydrocarbures à chaînes aliphatiques aromatiques, des hydrocarbures aromatiques cycliques (HAP), des métaux s.I (arsenic et plomb principalement), et des produits phytosanitaires (fongicides et pesticides).

D’autres substances inorganiques (sulfates, chlorure, chlorure d’ammonium et autres) et organiques (solvants polaires) ont été répertoriées. D’après les résultats des campagnes d’analyse les plus récentes, on observe des dépassements en métaux, en hydrocarbures, en COHV et en dérivés du benzène dans environ 65% des bassins industriels.

La qualification des pressions a permis d’identifier 419 sites potentiellement responsables d’un impact sur les eaux souterraines. Le nombre de sites potentiellement responsables identifiés dans chaque région est significatif du caractère plus ou moins "industriel" de la région. L’impact par masse d’eau souterraine a été qualifié par  classes d’impact. Ainsi, environ 1 000 classes d’impact ont été attribuées sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée. Cela signifie qu’en moyenne 2 à 3 substances ont fait l’objet d’une classe d’impact par site potentiellement responsable.

Les résultats de l’étude pression-impact ont été utilisés par l’Agence de l’eau pour l’établissement de l’état des lieux dans le contexte de la Directive Cadre sur l’Eau.

Partenaires

Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse
Services de l’État : DREAL de Bassin Rhône-Alpes et Unités territoriales du bassin Rhône-Méditerranée

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34