banner-ombre-top
banner-ombre-left
Glissement de terrain de Salazie à La Réunion. © BRGM - René Carayol

PPR multi-aléas des communes de La Réunion : proposition d’évolutions méthodologiques

19.10.2017
Depuis la procédure de révision du PPR de Saint-Denis lancée en 2007, la DEAL de La Réunion s’inscrit dans une démarche d’élaboration des PPR dits « multi-aléas » intégrant simultanément les aléas mouvements de terrain (MVT) et inondation.

  Exemple d’effondrement en crête d’un grand versant avec des habitations exposées en recul – Secteur d’Ilet à Cordes à Cilaos – 2014. © BRGM

Exemple d’effondrement en crête d’un grand versant avec des habitations exposées en recul – Secteur d’Ilet à Cordes à Cilaos – 2014. © BRGM

Contexte

La méthodologie d’élaboration des cartes d’aléas MVT des PPR de La Réunion s’appuie sur les directives du guide national (MATE, METL, 1999) sur la base d’une approche couplant une analyse cartographique SIG et une analyse naturaliste d’identification des indices géomorphologiques de terrain. Cette méthodologie, décrite dans le guide d’élaboration des PPR à La Réunion (DEAL de La Réunion, Août 2012) et dans les notes de présentation des PPR approuvés, dite « à dire d’expert », est fréquemment sujette à question de la part des citoyens concernés, notamment lors des phases d’enquête publique, et/ou des services des collectivités locales lors des phases de concertation et d’échanges sur les cartes d’aléas.

Par ailleurs, lors des phases d’échanges avec les collectivités locales au sujet de la traduction réglementaire des aléas, des difficultés apparaissent pour la compréhension et la prise en compte de certains principes d’inconstructibilité énoncés dans les projets de règlement des PPR. L’aléa moyen MVT concentre les débats ; en effet, historiquement à La Réunion, ce niveau d’aléa était traduit en zone rouge (R2, dotée d’un principe d’inconstructibilité) dans les premiers PPR approuvés. Or, ces zones s’inscrivent souvent dans des projets d’urbanisation à plus ou moins court terme malgré l’exposition aux aléas. Dans un contexte insulaire, où le prix des terrains est croissant et où la rareté des terrains aménageables se fait de plus en plus pesante, les difficultés de compréhension de l’outil PPR s’expliquent, entre autres, par le contraste entre les principes d’élaboration d’un PPR d’une part (échelle communale et période de référence longue, équivalente au siècle à venir), et la dynamique d’aménagement d’un territoire d’autre part (échelle parcellaire pour les particuliers, voire quartier pour les communes et pour des horizons à brève échéance : quelques années voire dizaines d’années).

Objectif

Le projet vise à améliorer :

  • la compréhension de la méthodologie employée pour la caractérisation des aléas MVT en décrivant les critères techniques spécifiques pour les différents types et niveaux d’aléas retenus dans les zonages  d’aléas MVT des PPR ;
  • l’acceptabilité des PPR par les usagers (citoyens, services instructeurs des actes d’urbanisme des mairies et aménageurs), en proposant des évolutions méthodologiques en matière de transcription réglementaire dans les zones d’aléa moyen MVT, avec notamment la prise en compte des enjeux et la capacité de sécurisation.

Programme des travaux

Le travail a été organisé de la manière suivante :

  • rappel des éléments de contexte (géographique, morphologique, climatique, géologique, mouvements de terrain historiques affectant le territoire réunionnais) ;
  • description générale des différents mouvements de terrain cartographiés dans les outils PPR et des règles actuelles de qualification des aléas ;
  • description détaillée des mouvements de terrain affectant le territoire réunionnais et propositions d’outils méthodologiques pour la caractérisation de chaque type d’aléa MVT ainsi que pour la qualification de l’aléa résultant. Ce travail s’est appuyé sur une analyse des évolutions méthodologiques proposées à l’échelle nationale, notamment les résultats des récents groupes de travail (« CoTechs ») menés, à l’initiative du Ministère chargé de l’Environnement, dans la perspective de la révision des guides méthodologiques relatifs à l’élaboration des PPR en montagne et notamment pour le risque mouvements de terrain ;
  • analyse des pratiques nationales (en métropole et autres DROM) pour la traduction réglementaire des aléas MVT et l’intégration des ouvrages de sécurisation, avec proposition d’évolutions méthodologiques adaptées au contexte réunionnais.

Résultats obtenus

Différentes grilles méthodologiques d’aide à la qualification des aléas MVT (chute de blocs, glissement de terrain, érosion) sont détaillées, justifiées et illustrées par des cas concrets de zonage de PPR, en cours ou approuvés, au droit de secteurs de La Réunion. Ces outils d’aide à la décision de l’expert en charge de l’élaboration des cartes d’aléas MVT s’appuient sur les notions de probabilité d’occurrence et d’intensité pour aboutir au niveau d’aléa, avec une description détaillée de chaque paramètre.

Exemple de grille méthodologique d’aide à la cartographie de l’aléa MVT pour les problématiques de terrains situés en recul de grandes parois (aléa chute de bloc). © BRGM

Exemple de grille méthodologique d’aide à la cartographie de l’aléa MVT pour les problématiques de terrains situés en recul de grandes parois (aléa chute de bloc). © BRGM

Concernant la prise en compte des ouvrages existants dans la cartographie des aléas et leur traduction réglementaire dans les PPR, il est proposé de s’inscrire dans la logique initiée par le groupe de travail « CoTech n°2 » dans le cadre de la démarche de révision des guides PPR en montagne. Les logigrammes d’analyse de l’efficacité des ouvrages existants, établis dans ce groupe de travail, sont intégrés à la réflexion afin de statuer sur la prise en compte ou non des ouvrages existants dans les zonages. D’une manière générale, en zone d’aléa élevé MVT, les terrains exposés situés à l’aval d’ouvrages existants resteront inconstructibles (R1 ou R2) suivant une distance à l’aval à définir au cas par cas. En zone d’aléa moyen MVT, l’analyse de l’efficacité de l’ouvrage permettra de préciser le zonage d’aléa ainsi que sa traduction réglementaire (R2 ou B2u).

Concernant la traduction réglementaire de l’aléa moyen MVT, sur la base des éléments présentés précédemment, il est proposé une évolution vers une classification B2u, soit une zone réglementaire constructible avec prescriptions, notamment sous la condition de réalisation d’une étude géotechnique.

La traduction réglementaire des zones d’aléa moyen MVT en zone B2u s’appuie sur plusieurs critères permettant de définir les secteurs à enjeux jugés sécurisables pour lesquels le classement B2u sera retenu. Les zones exclues de la démarche, par ordre de priorité, seront les suivantes :

  • les terrains situés au sein du cœur du Parc National de La Réunion et dans les espaces naturels forestiers (d’ores et déjà inconstructibles). Cette mesure semble donc être de bon sens et en cohérence avec le classement de ces espaces protégés ;
  • les terrains situés dans les espaces naturels (zone N du document d’urbanisme en vigueur de la commune) concernés par des problématiques de chute de blocs et d’éboulement. Concernant l’aléa rocheux, seuls les secteurs concernés par une remobilisation de blocs sur pentes pourront être pris en compte dans la réflexion pour la traduction réglementaire de l’aléa moyen MVT en zone B2u. En effet pour certaines zones concernées, il sera possible de mettre en œuvre des moyens de sécurisation à un coût raisonnable à l’échelle des projets ;
  • les terrains dont la capacité de sécurisation n’est pas garantie à l’échelle d’un projet d’aménagement pouvant se développer au sein de ces mêmes zones en considérant la période de référence du PPR (soit les 100 prochaines années).

PARTENAIRE

DEAL Réunion

RAPPORT PUBLIC

BRGM/RP-66346-FR - PPR multi-aléas des communes de La Réunion - Propositions d'évolutions méthodologiques - Télécharger le rapport

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34