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Le récif corallien frangeant de la Baie de Nouméa. En l'arrière-plan se trouve le Mont Dore (Nouvelle-Calédonie, 1985). © BRGM - Jean-Claude Chiron

Observatoire du littoral de Nouvelle-Calédonie (OBLIC) : premiers éléments d’observations, état des lieux et constats

11.12.2014
Le comité des utilisateurs de l’OBLIC (OBservatoire du LIttoral de Nouvelle-Calédonie) a identifié plusieurs sites d’intérêt (en Province Sud, Province des Iles et Province Nord) qui posent problème (érosion, submersion). En 2013, la visite de ces sites a permis d’identifier plusieurs problématiques : mobilité des îlots coralliens, érosion et recul du trait de côte sur les grandes îles et sur la Grande-Terre et aléas de submersion (hydrométéorologique et tsunami).

L’acquisition de données, le suivi temporel, l’analyse des événements passés et des modélisations permettront à terme de fournir une évaluation réaliste de l’aléa auquel est soumis chaque site.

Contexte

En 2013, les travaux de l’Observatoire du littoral de Nouvelle-Calédonie (OBLIC) ont été réalisés dans le cadre de la convention de recherche et développement partagés n°CS13-3160-SGNC-1257, entre la DIMENC (Direction de l'Industrie, des Mines et de l'Energie de Nouvelle-Calédonie) et le BRGM. Le comité des utilisateurs de l’OBLIC, réunissant les représentants des différentes entités scientifiques, techniques ou administratives de Nouvelle-Calédonie, a identifié, lors de sa réunion du 11 Juillet 2013,  plusieurs sites d’intérêt (en Province Sud, Province des Iles et Province Nord) qui posent problème (érosion, submersion) et qui présentent un intérêt ou un enjeu particulier (humain, culturel, environnemental).

Objectifs

L’objectif de cette première mission OBLIC a été de visiter ces sites afin :

  • d’identifier les problématiques, les phénomènes et les processus en cours par des observations de terrain ;
  • d’évaluer l’intensité et les extensions spatiales des phénomènes ;
  • d’acquérir une connaissance sur la typologie des traits de côte représentés en Calédonie ;
  • de fournir des informations permettant de définir les actions techniques et scientifiques qui pourraient être envisagées dans le cadre du développement de l’OBLIC.

Erosion et recul du trait de côte au niveau du village de Saint-Joseph (Ouvéa), Province des Iles

Erosion et recul du trait de côte au niveau du village de Saint-Joseph (Ouvéa), Province des Iles © BRGM - Manuel Garcin

Résultats

La première problématique identifiée est la mobilité des îlots coralliens. En effet les cinq îlots qui ont été étudiés, de taille variable et situés dans des contextes différents, sont tous affectés sur au moins un de leur rivage par une érosion visiblement intense. Conjointement à cette érosion, d’autres côtes de l’îlot peuvent être en accrétion. Ces comportements opposés (érosion et accrétion) de part et d’autre des îlots aboutissent, dans la durée, à leur mobilité. Les îlots peuvent être très mobiles à des échelles de temps très courtes (quelques années) ; il est probable qu’il en est de même pour des échelles de temps pluri-décennales.

Les observations réalisées sur les îlots soulèvent toutefois plusieurs questions :

  • Quelle est la variabilité temporelle et spatiale des vitesses d’érosion et d’accrétion ? Quel est le rôle de la dynamique ordinaire (vagues induites par les alizés) par rapport à celle induite par les événements extrêmes (cyclones) dans ces évolutions ?
  • Ces évolutions rapides sont-elles des caractéristiques récentes des îlots ou perdurent elles depuis longtemps
  • Quel est le rôle du changement climatique dans ces évolutions (remontée du niveau marin, mais aussi modifications des climats de vents et de vagues) ? S’agit-il d’évolutions liées au changement climatique ou à la variabilité climatique ?
  • Enfin, quelle est la pérennité des îlots et des écosystèmes associés dans le contexte actuel ?

La seconde problématique concerne l’érosion et le recul du trait de côte,  sur les grandes îles (Ouvéa, Ile des Pins, Ile Ouen…) comme sur la Grande-Terre. Ici encore, le recul actuel du trait de côte semble être très rapide dans certains secteurs. Il serait nécessaire de faire une analyse à plus longue échéance (quelques décennies) de l’évolution de ces segments côtiers, afin de définir s’il s’agit d’une tendance récente ou à plus long terme. Dans tous les cas, il faudra ensuite déterminer les causes et les facteurs qui ont contrôlé ces évolutions.

Les questions posées sont donc identiques à celles formulées pour les îlots, mais les linéaires de côtes sont nettement plus grands et qu’ils concernent des territoires beaucoup plus étendus. De surcroit, les enjeux humains et économiques potentiellement affectés sont plus nombreux. Par ailleurs, des recherches ont démontré que les activités humaines et notamment minières avait un impact sur les zones littorales notamment les estuaires (Garcin et al. 2013). Quelles répercussions ont les évolutions des zones estuariennes sur le reste du littoral ? Sur le lagon ?

A ces questions, il faudra ajouter la prise en compte des mouvements verticaux qui peuvent affecter notablement les processus côtiers. Les mouvements verticaux actuels sont mal connus que ce soit sur les îles ou sur la Grande-Terre. Plusieurs indices géomorphologiques nous suggèrent qu’ils ont une très grande variabilité spatiale.

La troisième problématique soulevée lors de cette mission, concerne les aléas de submersion (hydrométéorologique et tsunami). L’exposition à l’aléa de submersion marine a été notée, par exemple, sur les sites de la Roche Percée (Bourail) et sur celui de la Tribu de Ouara (île Ouen). Dans ces deux cas des forts enjeux humains sont concernés. Les premières observations réalisées montrent que sur ces deux sites, l’aléa peut être simple (submersion marine OU inondation fluviale) ou issu d’une conjonction d’événements (submersion marine ET inondation fluviale). Le nombre de paramètres pouvant intervenir dans l’intensité actuelle de l’aléa et son évolution dans les années futures sont importants, rendant l’évaluation de l’aléa plus complexe. Seule l’acquisition de données, le suivi temporel, l’analyse des événements passés et des modélisations permettront à terme de fournir une évaluation réaliste de l’aléa (actuel et futur) auquel est soumis chaque site.

PARTENAIRES

  • DIMENC / SGNC (Service Géologique de Nouvelle-Calédonie)

RAPPORT PUBLIC

  • BRGM/RP-63235-FR - Observatoire du littoral de Nouvelle-Calédonie - Rapport préliminaire : observations, état des lieux et constats - Télécharger le rapport
BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34