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Lido de l’étang de Thau dans le Languedoc (Hérault, France, 1988). © BRGM - François Michel

L’observatoire de côte sableuse catalane (OBSCAT) : un outil d’aide à la gestion des phénomènes d’érosion côtière et de submersion marine de la bordure littorale de la plaine du Roussillon

13.10.2017
Située dans le Golfe du Lion, la côte sableuse catalane est une unité hydrosédimentaire de 44 km orientée nord-sud, s'étendant de la plage du Racou (commune d’Argelès-sur-Mer) au cap Leucate et constituant la bordure littorale de la plaine du Roussillon. A la fois basse et très aménagée, cette côte est fortement vulnérable aux tempêtes marines et aux aléas associés d’érosion côtière et de submersion marine.

Partie sud de Port-Barcarès montrant le volume de sable important stocké sur la plage émergée en 2013, utilisé lors des travaux au Nord du port.  © OBSCAT (07/10/2013)

Partie sud de Port-Barcarès montrant le volume de sable important stocké sur la plage émergée en 2013, utilisé lors des travaux au Nord du port.  © OBSCAT (07/10/2013)

Contexte

Dans ce contexte, la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole, dont les 4 communes côtières (Le Barcarès, Torreilles, Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon) couvrent 23 km de ce linéaire, a initié, avec le soutien de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, une démarche de suivi afin de mieux comprendre la dynamique côtière en action et entreprendre une gestion cohérente et intégrée de son territoire littoral. Dans ce but, l’observatoire de la côte sableuse catalane (OBSCAT) est lancé depuis mi-2013 sur les quatre communes de l’agglomération, en attendant le rattachement des autres communes riveraines (Leucate, Saint-Cyprien, Elne et Argelès-sur-Mer). En 2015, la commune de Leucate s’est rattachée à l’observatoire dans sa troisième année de fonctionnement.

Ce programme de suivi du trait de côte répond aux exigences du Grenelle de la mer et de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.

Objectifs

Les objectifs principaux sont pour les communes de se doter d’outils :

  • d’observation du littoral sableux et d’un socle solide de connaissances ;
  • d’aide à la décision permettant de mieux appréhender la dynamique côtière et les risques côtiers en lien avec les activités humaines et les interactions entre le bassin-versant et la mer.

Sur la base des suivis réalisés et de la compréhension de la dynamique côtière, l’observatoire permet de formuler des recommandations devant servir à la mise en œuvre d’une restauration et d’une gestion cohérente du milieu littoral.

Les missions de l’observatoire sont :

  1. le suivi du littoral (collecte des données) ;
  2. la mutualisation de l’information (bancarisation des données) ;
  3. l’analyse des phénomènes et la formulation de recommandations (interprétation des données) ;
  4. la communication (diffusion des données).

Le BRGM pilote les volets 1 et 3 et contribue aux volets 2 et 4.

Programme des travaux

Pour chaque volet, un programme détaillé sur 3 ans est déroulé. Concernant le volet 1 (observation), un suivi du littoral vis-à-vis de l’érosion côtière et des submersions marines est mis en œuvre en s’appuyant sur un réseau de collaborateurs internes ou externes. L’observation est réalisée au moyen d’un protocole basé sur le suivi d’indicateurs hydromorphologiques et écologiques pertinents de la dynamique côtière aux échelles temporelles et spatiales adaptées, en lien avec la DCE[1] et la DCSMM[2]. Il comprend notamment des suivis annuels (photographiques, topo-bathymétriques, vidéos, de la végétation) et des suivis ponctuels (géophysique, suivis long terme par photos satellites ou aériennes).

Un travail est également mené pour traiter et interpréter les données, les diffuser via une plateforme web, et communiquer auprès des élus et du grand public.

Résultats obtenus

L’analyse de l’évolution des différents sites depuis la création de l’OBSCAT en 2013 montre que les bilans sédimentaires sur trois ans sont contrastés. Ces bilans cumulés indiquent que :

  • Sur la zone complète, l’ensemble des sites (hors embouchures) présente un comportement similaire qui se traduit par une augmentation progressive du volume sableux, à l’exception de deux périodes : printemps à automne 2014 et hiver 2015-2016, qui présentent des baisses de volume ou restent globalement stables. Les secteurs d’embouchure ont un comportement différent, avec des périodes ponctuelles d’accrétion/érosion et un comportement globalement stable le reste du temps. Ces modifications à haute-fréquence à certaines périodes de l’année sont à mettre en relation avec les crues plus ou moins importantes qui demeurent le facteur d’évolution prédominant.
  • Sur les zones de plages émergées, on note :
  • une très forte variabilité sur les plages du Barcarès, liée aux rechargements de la plage nord ;
  • une variabilité saisonnière contrastée pour les autres sites, mais qui se traduit par un bilan sédimentaire légèrement positif sur la période de suivi pour les plages du Lydia, de Canet Nord et de Torreilles, et légèrement négatif pour les plages de Sainte-Marie et Canet Sud.

Le retour d’expérience sur ces trois années d’observation indique que les données acquises à une fréquence saisonnière sur trois ans (trait de côte, topo-bathymétrie, morphologie dunaire) par l’OBSCAT permettent, à partir de différents indicateurs morphologiques, de donner de premiers éléments de compréhension du fonctionnement de la côte sableuse roussillonnaise et d’apporter ainsi une expertise argumentée sur l’état des sites et les éventuelles actions de gestion de l’érosion côtière à mettre en œuvre.

Des schémas de fonctionnement par sites sont ainsi construits, alimentés et consolidés par les mesures et résultats produits chaque année.

Par ailleurs, en fin d’année 2, à la lumière de l’expertise des deux premières années de résultats et d’analyses, des recommandations de gestion ont été formulées pour chaque cellule sédimentaire de la côte sableuse catalane suivi par l’Observatoire. Ces recommandations portent sur les modes de gestion (douce ou dure) et les méthodes (rechargement, mise en défens des cordons dunaires, etc.) à mettre en œuvre. Ces recommandations sont ciblées selon les problématiques et enjeux de chaque secteur.

Si certains types d’acquisition seront probablement à adapter (la fréquence des levés altimétriques sur les cordons dunaires par exemple), une attention plus importante devra être portée aux évènements impactant fortement le littoral (crues, tempêtes, aménagement majeurs) afin de mieux quantifier leurs impacts sur le fonctionnement et l’évolution des plages et la vulnérabilité des sites.

Carte des traits de côte entre novembre 2015 et mai 2016 du secteur du Lydia

Carte des traits de côte entre novembre 2015 et mai 2016 du secteur du Lydia

Bilan sédimentaire entre avril 2014 et mai 2016 pour le secteur du Lydia

Bilan sédimentaire entre avril 2014 et mai 2016 pour le secteur du Lydia

PARTENAIRES

Communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole

Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse

RAPPORTS PUBLICS

BRGM/RP-64945-FR - Observatoire de la côte sableuse catalane - OBSCAT : rapport technique d'année 2 - Télécharger le rapport

BRGM/RP-66077-FR - Observatoire de la côte sableuse catalane - OBSCAT : rapport technique d'année 3 - Télécharger le rapport

 

[1] DCE : Directive Cadre sur l’Eau. 

[2] DCSMM : Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin.

 

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34