banner-ombre-top
banner-ombre-left
Création graphique représentant la visualisation des données sur l'eau. © DavidArts - Fotolia / © BRGM - François Michel

Information sur l’eau : de nouveaux standards voient le jour

22.07.2016
La standardisation dans les géosciences est essentielle afin que les spécialistes puissent plus facilement dialoguer et partager leurs données. C’est particulièrement vrai dans le domaine de l’eau, qui réunit des acteurs multiples et très différents. La "Résolution d’Orléans" vient donner un coup de pouce avec l’adoption d’une nouvelle famille de standards.

L'adoption et le développement de standards d’échanges de données dans les géosciences, "c’est capital !", clament les chercheurs et, au-delà de la seule communauté scientifique, les acteurs opérationnels dans des domaines comme celui de l’eau. Ici, les professionnels sont multiples et "éclatés" (en agences de l’eau au plan national, en commissions internationales et organismes de recherche à l’échelle internationale, etc.). Il est indispensable, entre ces différentes entités, d’échanger facilement des données notamment sur l’hydrologie et la météo. Ce qui nécessite des protocoles communs et une vraie interopérabilité des systèmes et des données… Il reste du chemin à faire pour y arriver !

Mesure piézométrique. © BRGM

Session de travail au BRGM lors du 6e atelier de l'"Hydrology Domain Working Group" en septembre 2015. © BRGM

Eau : trop de temps passé à chercher l’information !

Les travaux de normalisation de l’échange d’information sur les géosciences, à l’échelle internationale, dont le BRGM est un pilier, n’en sont pas à leurs débuts. Pourtant, les problèmes d’échange d’informations sur l’eau et d’interopérabilité sont encore nombreux. Plus précisément, les hétérogénéités sont fortes quand il s’agit de présenter des données et de les échanger.

Ainsi, on évalue grossièrement à au moins 30 % le temps passé pour un acteur "métier" à seulement chercher et comprendre l’information ! Ce qui ne manque pas de poser des complications dans des cas transfrontaliers très particuliers comme pour prévoir des crues ou encore le niveau des nappes d’eau, où des acteurs de pays différents doivent partager des informations.

Mesure piézométrique. © BRGM

Mesure piézométrique. © BRGM

La "Résolution d’Orléans" : une avancée majeure

2015 aura connu une avancée majeure sur la standardisation de ces échanges dans le domaine de l’eau. Ainsi, le 6e atelier de l’"Hydrology Domain Working Group" (HDWG) de l’Open Geospatial Consortium (OGC) organisé par le BRGM les 20 et 24 septembre 2015, a été marqué par la "Résolution d’Orléans". Rappelons que l’OGC est un consortium qui édicte des standards internationaux et ouverts pour les données géographiques et leur exploitation. Ils sont repris par exemple dans des outils en lignes tels Google Earth, Google Maps ou InfoTerre ; recommandés par la directive INSPIRE ou l’administration Obama...

Cette session de travail annuelle permet à des experts internationaux issus d’horizons très divers de collaborer, partager leurs expériences, travaux et avancements pour développer et élaborer des standards adaptés et applicables au domaine de l’eau (échange de données, modélisations). La "Résolution d’Orléans" se conclut ainsi : "La commission pour l’hydrologie de la WMO (Organisation météorologique mondiale) reconnaît que les standards préparés/incubés dans l’Hydro Domain Working Group sont assez matures pour être utilisés et mis en oeuvre dans le SI WHOS de la WMO".

Le HDWG a, pour sa part, recommandé la mise en place d’un portail du système d’information hydro de la WMO pour faciliter l’accès aux services de données sur l’eau fournis par les services hydrologiques nationaux, conformément aux standards OGC.

Une famille de standards, des API

Concrètement, une famille de six standards a été adoptée : les séries de mesures hydrologiques, les ressources hydrogéologiques, les courbes de tarage, la qualité de l’eau, les échanges d’observations via des API et des requêtes sur Internet. Rappelons qu’une API (Application Programming Interface) est une interface de programmation sous forme d’un ensemble normalisé d’une sémantique et d’outils associés permettant à un développeur de créer un logiciel, en exploitant de façon simple et directe les services d'autres logiciels.

Les deux premiers standards de la famille ont vu les équipes du BRGM jouer un rôle central : co-écriture des modèles de données, cas d’utilisation, tests itératifs sur des données réelles… Le BRGM a ainsi mis en place une structure de données en décrivant les règles de structuration de l’information et déployé des outils d’implémentation en langage XML.

Des standards qui devraient déborder du domaine de l’eau, pour être élargis à l’environnement.

Les niveaux des nappes accessibles et téléchargeables sur ades.eaufrance.fr. © BRGM

Les niveaux des nappes accessibles et téléchargeables sur ades.eaufrance.fr. © BRGM

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34