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La grotte traversante du Mas-d'Azil creusée par l'Arize dans le massif du Plantaurel. Elle fut occupée à différentes époques préhistoriques et historiques (Le Mas d’Azil, Ariège, 2006). © BRGM - François Michel

Identification de zones de vigilance aux pollutions diffuses en aquifères de socle sur le bassin Adour-Garonne (COQAS)

26.09.2018
Les formations de socle couvrent plus de 20 000 km² du territoire du bassin Adour-Garonne. La surveillance quantitative et qualitative des nappes qu’elles contiennent, longtemps considérées comme sans enjeu car peu à pas aquifères, est restée lacunaire, mal adaptée ou peu représentative.

Les avancées réalisées grâce à des programmes de recherche sur ces aquifères composites complexes ont incité l’Agence de l’eau Adour-Garonne, en partenariat avec le BRGM, à engager une stratégie d’amélioration des connaissances et de surveillance des aquifères de socle afin de mieux répondre aux enjeux du futur sur l’ensemble de son territoire. Entre 2015 et 2017, l’effort s’est tout d’abord porté sur la mise en place d’un réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines des formations de socle. La confrontation de l’état des eaux souterraines avec les pressions « pollutions diffuses » a permis d’établir six classes de zones de vigilance, selon un logigramme propre à chaque paramètre. Pour chaque classe, une action de surveillance des eaux souterraines est proposée.

Au total, vingt-sept points de surveillance de la qualité des eaux souterraines vis-à-vis des pollutions diffuses ont intégré le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS) des huit masses d’eau souterraine de formations de socle sur le bassin Adour-Garonne.

Visite d’ouvrage © BRGM – E. Poux

Visite d’ouvrage © BRGM - E. Poux

Contexte

Les formations en contexte de socle granitique et métamorphique (hors massif des Pyrénées) couvrent plus de 20 000 km² du territoire du bassin Adour-Garonne, s’étendant ainsi sur quatorze départements et trois régions.

Localisation des formations de socle au sens de la Directive Cadre Européenne sur le bassin Adour-Garonne.  © BRGM

Localisation des formations de socle au sens de la Directive Cadre Européenne sur le bassin Adour-Garonne. © BRGM

Ces formations ont longtemps été considérées comme sans enjeu, voire peu à pas aquifères. La surveillance quantitative et qualitative des nappes qu’elles contiennent est restée lacunaire, mal adaptée ou peu représentative. Pourtant, les aquifères de socle présentent un enjeu local d’importance dans des secteurs où l’habitat est souvent dispersé, et où la multitude de sources qui y sont captées pour la consommation humaine et l’abreuvage des animaux constitue le plus souvent la seule ressource en eau disponible. Elles sont très vulnérables, aussi bien vis-à-vis de la sécheresse (tarissement fréquent) que des contaminations anthropiques et géogéniques auxquelles elles sont soumises. Les avancées scientifiques récentes sur la compréhension de ces aquifères composites et complexes ont incité l’Agence de l’eau Adour-Garonne, en partenariat avec le BRGM, à engager sur le long terme une stratégie d’amélioration des connaissances et de surveillance sur les aquifères de socle afin de mieux répondre aux enjeux du futur sur l’ensemble de son territoire. La mise en œuvre de cette stratégie illustre une volonté de « mieux connaître pour mieux surveiller ».

Objectifs

Le programme COQAS, qui s’achèvera en 2020, est scindé en plusieurs étapes. L’effort s’est tout d’abord porté, entre 2015 et 2017, sur la mise en place d’un réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines représentatif à l’échelle du référentiel hydrogéologique français BD LISA. L’objectif est de mieux anticiper l’évolution perceptible des pollutions diffuses sur ce territoire et coordonner les efforts avec les acteurs de l’eau afin de comprendre et identifier les solutions adéquates à la préservation de la bonne qualité de l’eau.

Programme des travaux

Afin d’approcher l’origine des pollutions diffuses agricoles sur le bassin Adour-Garonne, le Registre Parcellaire Graphique (RPG) 2013 a été analysé.  Un regroupement a été effectué selon quatre familles de cultures : vergers/vignes, grandes cultures, tournesol/légumineuses et prairies.

L’état qualitatif des eaux souterraines a en parallèle  été établi à partir du traitement des données de la banque nationale d’Accès aux Données sur les Eaux Souterraines ADES, de la base de données SISE-Eaux de l’Agence Régionale de la Santé (ARS) et du Système d’Information sur l’Eau (SIE) du bassin Adour-Garonne pour les nitrates et les produits phytosanitaires. Afin de pallier le manque de données sur les eaux brutes (au droit des captages), une approche exploratoire a été utilisée à partir des analyses réalisées par l’ARS sur les eaux traitées destinées à l’alimentation en eau potable sur des réseaux « simples ». Cette approche a pu être validée pour le paramètre « nitrates ». Les points « à problèmes » pour les nitrates ont ainsi été définis pour une concentration moyenne dépassant 40 mg/l ou une concentration moyenne dépassant 10 mg/l avec une tendance avérée de cette concentration à la hausse. Pour le paramètre « phytosanitaires » Les points « à problèmes » ont été définis lorsqu’au moins une analyse (tout produit phytosanitaire confondu) dépasse la norme eau potable de 0,1 µg/l.

Résultats obtenus

La confrontation de l’état des eaux souterraines avec les pressions « pollutions diffuses » a permis d’établir six classes de zones de vigilance, selon un logigramme propre à chaque paramètre, accompagnées chacune d’une proposition d’action pour la surveillance des eaux souterraines.

Cartes des zones de vigilance « nitrates » et « phytosanitaires » pour les eaux souterraines (aplats de couleur, en haut) et définition des classes de vigilance (en bas). © BRGM – JM Gandolfi

Cartes des zones de vigilance « nitrates » et « phytosanitaires » pour les eaux souterraines (aplats de couleur, en haut) et définition des classes de vigilance (en bas). © BRGM - J.-M. Gandolfi

Ces zones de vigilance ont été définies à l’échelle de chaque entité de niveau 3 de la BD LISA (entité hydrogéologique régionale au 1/50 000) en croisant le niveau de contamination (avérée ou supposée) avec la pression « pollution diffuse ». Une campagne de terrain a été menée dans ces zones de vigilance afin d’identifier de nouveaux points à intégrer au réseau de surveillance qualitative des eaux souterraines. Un tableau d’aide à la décision prenant en compte le type d’enjeu (nitrates, produits phytosanitaires) a complété la réflexion pour la sélection des points. Au total, 27 points de surveillance de la qualité des eaux souterraines vis-à-vis des pollutions diffuses ont été ajoutés au Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS) sur les huit masses d’eau souterraine de formations de socle du bassin Adour-Garonne. Sur ces points, quatre campagnes de prélèvements et d’analyses seront réalisées chaque année.

Localisation du réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines vis-à-vis des pollutions diffuses en domaine de socle sur le bassin Adour-Garonne. © BRGM

Localisation du réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines vis-à-vis des pollutions diffuses en domaine de socle sur le bassin Adour-Garonne. © BRGM

Partenaire

Agence de l’eau Adour-Garonne

RAPPORTS PUBLICS

Programme COQAS d'amélioration des COnnaissances pour la surveillance Qualitative des Aquifères de Socle sur le bassin Adour-Garonne - Phase 1 - RP-67142-FR

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34