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Reliefs taillés par l’érosion dans les plateaux gréseux paléozoïques des Tassilis (In Akacheker, sud de Tamanrasset, Hoggar, Algérie, 2007). © BRGM - François Michel

Pour une gestion durable des aquifères côtiers des oasis de Gabès

08.08.2016
Depuis 2011 dans la région de Gabès en Tunisie, le BRGM est associé à un important programme visant une meilleure gestion des ressources en eau. Objectif : établir un plan de gestion concerté, afin de répondre durablement aux besoins tout en préservant l’écosystème asien.

Uniques oasis littorales de la Méditerranée, les oasis de Gabès, au sud-est de la Tunisie, ont connu ces dernières décennies un fort développement des activités humaines, en particulier agricoles, engendrant une très forte sollicitation des ressources en eau.

"Au fil du temps, explique Jean-François Vernoux, chef de projet au BRGM, la surexploitation des ressources, liée notamment à l’irrigation, a provoqué le tarissement partiel ou total des sources et la baisse du niveau des nappes, avec pour corollaire des intrusions salines. Ces  facteurs, si l’on y ajoute les drainages agricoles et les pollutions d’origines diverses, mettent en danger non seulement ’hydrosystème, mais également l’écosystème oasien." Le système aquifère de la Djeffara de Gabès (zone de transition entre le désert et la steppe côtière), naturellement réalimenté par les grandes nappes du Sahara, mais très peu par les précipitations, est en effet particulièrement vulnérable. La préservation de son équilibre est indispensable.

Un modèle hydrodynamique

Depuis 2011, le Commissariat régional au dé ve lop pement agricole (CRDA) a engagé avec l’aide de l’Agence française de développement et l’appui du BRGM un important programme baptisé "Gestion des aquifères côtiers des oasis de Gabès".

"L’objectif, poursuit JF Vernoux, est d’acquérir une meilleure connaissance géologique, hydrogéologique et socio-économique des oasis de Gabès, afin de proposer, à terme, des solutions de gestion durable garantissant l’équilibre entre les ressources et les besoins."

Associant étroitement les géoscientifiques tunisiens, un important travail de recueil d’analyse et de synthèse des données collectées depuis les années 70 (localisation et description des forages, suivi piézométrique des nappes, cartographie des périmètres irrigués et de leur évolution…) a été réalisé, en parallèle d’acquisitions nouvelles (télédétection satellitaire des prélèvements d’eau, surfaces irriguées hors oasis…).

Différents modèles (géologique, hydrogéologique) et bases de données, réunis dans un SIE (système d’information sur l’eau) en ont résulté. Ils constituent le socle scientifique du modèle de fonctionnement de l’hydrosystème, dont l’achèvement est prévu pour fin 2016.

"Avec ce modèle hydrodynamique, conclut JF Vernoux, nous allons pouvoir simuler le comportement des aquifères sous différents scénarios d’exploitation, selon les secteurs et les besoins et en tenant compte des effets du changement climatique. Il aidera à la réalisation d’un  programme de gestion intégrée des ressources en eau (Gire)."

Irrigation gravitaire (ou par ruissellement), périmètre irrigué public de l’oasis de Gabès. © BRGM

Irrigation gravitaire (ou par ruissellement), périmètre irrigué public de l’oasis de Gabès. © BRGM

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