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Érosion majeure au droit de l’immeuble Le Signal, séparé du haut de falaise par 15 mètres de dune, suite aux tempêtes de décembre 2013 et janvier 2014 (Soulac-sur-Mer, Aquitaine, 2014).

Évaluation de l’impact des tempêtes de l’hiver 2013-2014 sur la morphologie de la Côte Aquitaine

16.07.2015
Au cours de l’hiver 2013-2014, le littoral aquitain a été particulièrement affecté par des érosions importantes survenues à la suite d’une succession exceptionnelle d’événements tempétueux qui ont progressivement fragilisé les plages, les dunes et les falaises rocheuses. L’Observatoire de la Côte Aquitaine, dont le BRGM fait partie, a réalisé des missions de suivi des tempêtes et de l’érosion.

Le recul moyen annuel du trait de côte sableux aquitain, généralement d’environ 1 à 3 m, a été beaucoup plus important au cours de l’hiver 2013-2014, atteignant régulièrement 20 m, voire 40 m pour certains secteurs, conjugués à des abaissements de plage supérieurs à 2,5 m. En conséquence, des dégâts importants ont été occasionnés sur de nombreux équipements urbains.

Les missions de suivi et d’expertise assurées par l’Observatoire de la Côte Aquitaine ont permis de caractériser ces tempêtes et les érosions consécutives, et d’apporter les éléments de connaissance indispensables pour la mise en œuvre des stratégies de gestion adaptées. 

Recul du front de mer au Nord de l’immeuble Le Signal. A droite, érosion majeure au droit du Signal, séparé du haut de falaise par 15 m de dune (Soulac-sur-Mer, 07/01/2014) © BRGM

Recul du front de mer au Nord de l’immeuble Le Signal. A droite, érosion majeure au droit du Signal, séparé du haut de falaise par 15 m de dune (Soulac-sur-Mer, 07/01/2014) © BRGM

Contexte

Malgré des conditions de houle et des niveaux d’eau qui n’étaient pas exceptionnels lorsque considérés individuellement (période de retour maximale identifiée de 20 ans pour la hauteur significative des vagues lors de la tempête Hercules – 6 janvier 2014, à la bouée Cap Ferret), la succession rapprochée dans le temps des tempêtes a provoqué sur l’ensemble de la côte aquitaine, des conséquences notables voire exceptionnelles en termes d’érosion et/ou de submersion. L’expertise de l’Observatoire de la Côte Aquitaine sur l’évaluation de ces tempêtes au moment de leur déroulement et au printemps, période de rechargement naturel des plages, a joué un rôle important dans les prises de décisions des gestionnaires. La diffusion rapide de ces résultats a également permis d’informer le public, très concerné par ces tempêtes qui furent largement médiatisées. 

Objectif

Les objectifs de cette étude sont d’apporter des éléments factuels et mesurés de l’effet des tempêtes survenues entre décembre 2013 et mars 2014 sur la côte aquitaine à l’attention des gestionnaires (services de l’État, collectivités), en appui aux prises de décision (stratégies de gestion, confortements, rechargements, information du public, etc.).

Programme des travaux

Les conditions météo-marines de l’hiver 2013-2014 ont été caractérisées, en particulier à partir de l’analyse statistique des conditions de houle et des niveaux d’eau comparés à des données historiques. L’étude porte également sur l’évolution géomorphologique du littoral aquitain par comparaison des mesures du « trait de côte » réalisées au cours et après l’hiver, avec les suivis réguliers opérés et collectés par l’Observatoire de la Côte Aquitaine (OCA).

Résultats obtenus

Le caractère exceptionnel des tempêtes de l’hiver 2013-2014 provient de leur durée cumulée. En effet, sur la période étudiée, 4,7% des hauteurs significatives des vagues a dépassé le seuil de tempête déterminé dans cette présente étude (Hseuil2/3 = 5,86 m à la bouée Cap Ferret), ce qui est plus du double des proportions calculées les hivers passés (mesures bouée Cap Ferret pour les hivers 2008-2009, 2011-2012, 2012-2013 et base de données BoBWA pour les hivers de la période 1958-2002). 

D’autre part, la puissance de la houle estimée au cours de l’hiver 2013-2014 a été très nettement supérieure aux données historiques (200 kW) ce qui est plus du double de la puissance de la plupart des hivers précédents. En revanche, la direction de la composante énergétique de la houle est homogène avec celle des autres hivers (entre 277°N et 287°N). 

D’une manière générale, l’ensemble de la côte sableuse aquitaine a été fortement érodé à la suite de l’hiver 2013-2014. Le recul du trait de côte dépasse 20 m sur de nombreux sites de la côte sableuse Aquitaine, atteignant par endroits 30 à 40 m. 

D’une façon générale, les plages se sont fortement abaissées (jusqu’à 2,5 m) et aplanies, limitant ainsi leur résistance aux assauts de l’océan. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la côte rocheuse basque n’a pas beaucoup évolué d’un point de vue géomorphologique à la suite de l’hiver 2013-2014. Cependant, l’abaissement quasi-généralisé de l’estran, combiné à l’impact des vagues, a généré des dégâts importants sur l’ensemble des infrastructures des plages. Par ailleurs, les tempêtes ont probablement accéléré les mouvements de terrain des falaises rocheuses comme celle d’Erretegia à Bidart, suivie par l’OCA depuis 2011.

Partenaires 

Cette étude a été réalisée dans le cadre des missions de l’Observatoire de la Côte Aquitaine, projet inscrit dans le Contrat de Projet État-Région (CPER) et le Programme Opérationnel FEDER 2007-2013, financé par l’État, la Région Aquitaine, les Conseils généraux de la Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA), le BRGM et l’ONF.

Carte de synthèse de l’érosion du trait de côte entre 2013 et 2014 sur la côte sableuse présentée par cellule et sous-cellule (encerclée) sédimentaire

Carte de synthèse de l’érosion du trait de côte entre 2013 et 2014 sur la côte sableuse présentée par cellule et sous-cellule (encerclée) sédimentaire.

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