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L'enfouissement des ordures ménagères en décharge de classe 2 à Vert-le-Grand (Essonne, France, 1998). © BRGM - François Michel

Evaluation environnementale : les écotechnologies au coeur de l'économie circulaire

07.05.2015
En développant de façon novatrice une approche ACV (analyse du cycle de vie) dans le domaine de la gestion des déchets ménagers, le BRGM participe à la promotion de l’économie circulaire. L’objectif étant de satisfaire les besoins de l’économie tout en minimisant les impacts environnementaux.

Dans le cadre de ses travaux qui ont pour but de  développer et d’analyser les écotechnologies et leurs filières dans les sites  et sols pollués, les déchets et l’énergie, le BRGM a pu faire une application novatrice de la méthode ACV (analyse de cycle de vie) à la gestion des déchets ménagers, et la projeter sur des cas concrets pour l’évaluation environnementale. Les écotechnologies deviennent ainsi une composante importante au service de l’économie circulaire.

L'ACV pour mieux comprendre et faire des choix environnementaux

L’analyse du cycle de vie est une méthode d’analyse environnementale mise au point dans les  années 1970,  pour les  besoins d’industriels à la recherche de  sources d’économies d’énergie. Cette méthode, qui  est  normalisée depuis les  années 2000 repose sur  un "modèle conceptuel" de l’environnement, et a vocation à comparer des systèmes, produits, services et procédés dans le but de choisir les technologies qui  sont les meilleures au plan environnemental. L’ACV permet ainsi de mieux comprendre afin de faire des choix environnementaux.

Schéma illustrant l'analyse du cycle de vie des produits.

Le BRGM a pour la première fois appliqué l’ACV à la gestion des déchets ménagers. Le but : déterminer le système le plus vertueux au plan environnemental à une échelle territoriale, en tenant compte, et là aussi c’est une innovation, des  incertitudes sur  les données appliquées aux spécificités locales.

L’approche ACV a pu servir à alimenter les réflexions menées autour du remplacement de l’incinérateur d’Ivry dès 2009, et dernièrement à la réalisation de l’évaluation environnementale de Plan en Moselle.

Ce Plan  Moselle fixait des  objectifs de prévention, de collecte sélective et de valorisation des déchets, mais aussi de limite aux capacités d’incinération et de stockage des déchets, opposables aux créations et extensions d’installations d’incinération et de stockage des déchets. Il a dressé un état des lieux ainsi qu’un état prévisionnel de la production et du traitement des déchets à 6 et 12 ans, en déterminant les types et les capacités de traitement nécessaires afin de gérer le gisement mosellan.

Les  travaux du BRGM apportent une dimension supplémentaire à l’ACV. Par exemple la méthode "standard" apporte bien  des indicateurs pour rendre compte de la déplétion des ressources, mais il s’agit d’indicateurs théoriques ; le BRGM cale ces indicateurs sur  la réalité géologique. Les travaux de l’établissement ont aussi pu toucher à la géothermie (sur le site de Bouillante en Guadeloupe), et concernent aujourd’hui les métaux critiques pour l’industrie française, dans le cadre de comités stratégiques de filières.

Tailles de ferailles à recycler (Galway, Irlande, 2011)

Economie circulaire et "mine urbaine"

Surtout,  l’approche ACV menée par  le BRGM prouve que les  écotechnologies sont au cœur de l’économie circulaire. Le BRGM a été, dès le début des années 1970, le premier organisme d’État français à initier et soutenir la recherche et l’innovation technologique au profit d’une économie circulaire, notamment à partir des différents types de déchets et effluents urbains. Particulièrement pour ce qui concerne les efforts de recyclage et de valorisation des composants des  ordures ménagères, les travaux du BRGM ont fortement contribué au développement de technologies de tri physique ainsi que de  caractérisation méthodologique de leur flux.

Déchets d'équipements électriques et électroniques.

Ces travaux ont mené au concept de "mine urbaine", qui  considère la  ville  d’aujourd’hui comme une mine du futur. Riche de déchets multiples et variés en métaux et matériaux de toutes sortes (composants et matériels de produits manufacturés, déchets électroniques, véhicules hors d’usage et bâtiments…), la "mine urbaine" constitue une action complémentaire et vertueuse à l’exploitation de ressources géologiques primaires pour la production de biens et d’infrastructures.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34