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Les fumerolles du volcan de la Soufrière dit "la Vieille Dame" (Guadeloupe, 2005). © BRGM - Séverine Bès de Berc

Études multi-aléas et analyse multicritères sur le secteur littoral de Petit-Bourg, Guadeloupe : implication pour la relocalisation spatiale des activités et des biens fortement exposés

25.10.2017
Dans le cadre de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, le ministère chargé de l’Environnement a lancé, en 2012, auprès des collectivités locales intéressées, un appel à projet de « Relocalisation spatiale des activités et des biens fortement exposés dans les territoires à risques littoraux ». La commune de Petit-Bourg, avec la Communauté d’Agglomération du Nord Basse-Terre (CANBT), et, en collaboration avec l’Agence des 50 pas géométriques de la Guadeloupe (AG50), est la seule collectivité d’Outre-mer à avoir été retenue dans le cadre de cet appel avec un projet sur la commune de Petit-Bourg, concernant les sites de Bovis, Bel-Air et Pointe-à-Bacchus. Lors de ce projet, il est apparu que de nombreuses incertitudes demeurent encore, en lien avec les aléas mouvements de terrain et l’érosion côtière, ce qui a conduit la DEAL Guadeloupe à solliciter le BRGM pour réaliser, en partenariat avec la commune de Petit-Bourg, la Communauté d’Agglomération du Nord Basse-Terre et l’Agence des 50 pas géométriques de la Guadeloupe, une étude sur le secteur littoral de Petit-Bourg.

Études multi-aléas et analyse multicritèrse sur le secteur de Pointe-à-Bacchus, Petit-Bourg, Guadeloupe.

Études multi-aléas et analyse multicritèrse sur le secteur de Pointe-à-Bacchus, Petit-Bourg, Guadeloupe.

Objectif

Dans un premier temps, l’objectif est de caractériser et de cartographier les zones menaçant gravement les vies humaines pour les quartiers de Bovis et de Bel-Air et, dans un second temps, de réaliser une analyse multicritère pour différents scénarios d’actions pour le quartier de Pointe-à-Bacchus.

L’objectif in fine est de pouvoir :

  1. caractériser les zones menaçant gravement les vies humaines et nécessitant une relocalisation spatiale des activités et des biens fortement exposés ;
  2. apporter aux élus et aux gestionnaires des propositions de scénarios d’actions sur les zones qui ne menaceraient pas gravement les vies humaines.

Programme des travaux

Ce projet s’organise autour de 4 axes principaux :

  • amélioration des connaissances sur les aléas érosion du trait de côte et mouvements de terrain ;
  • définition des zones menaçant gravement les vies humaines au sens de la loi Letchimy ;
  • recommandations sur des parades envisageables face aux risques de mouvements de terrain et d’érosion du trait de côte ;
  • analyse multicritères sur le secteur de Pointe-à-Bacchus.

Résultats obtenus

Les études de terrain ont permis d’affiner l’aléa mouvements de terrain pour les sites de Bovis, Bel-Air et Pointe-a-Bacchus.

La cartographie qui en résulte est ainsi plus précise que les cartes d’aléa mouvement de terrain jusque-là disponibles et sa résolution est en adéquation avec les décisions à prendre en termes de relocalisation des biens.

Sur la base d’une série d’orthophotos IGN® 1950, 1998, 2004, 2010 et d’images orthosatellite Pléiades® 2013, une analyse de l’évolution historique des traits de côte a été menée sur les différents sites afin de caractériser l’aléa recul du trait de côte. L’évolution historique du trait de côte entre 1950 et 2013 ne semble pas, sur la base de l’interprétation de ces orthophotos et orthoscans, être significative (inférieure à 15 m entre 1950 et 2013) pour les quartiers de Bovis et de Pointe-à-Bacchus, à la différence du quartier de Bel-Air, où l’on observe une érosion faible (supérieure à 15 m) à moyenne (supérieure à 30 m).

Dans le cadre d’une étude réalisée suite à une sollicitation de la DEAL, en appui à l’AG50, le BRGM a mis au point une méthodologie, par aléa, permettant de définir le degré d’exposition de chaque construction en fonction de différents critères (nature de la construction, occupants, environnement externe, aléas, ...). Cette approche pilote a été définie à partir d’une investigation de terrain, dont l’objectif était de tester l’applicabilité de la loi Letchimy.

Une actualisation de cette approche permettant de hiérarchiser les zones menaçant gravement les vies humaines a été réalisée et mise en place sur les secteurs de Bovis et de Bel-Air.

Sur le secteur de Pointe-à-Bacchus, où des incertitudes persistent dans les décisions à prendre en matière de relocalisation, le BRGM a proposé d’analyser la possibilité de mettre en œuvre des solutions de réduction du risque et/ou de l’exposition au risque de mouvements de terrain. En fonction de la position des constructions concernées, une approche d’ensemble pluri parcellaire des solutions de réduction du risque a été proposée. Il n’a pas été question ici de réaliser des études géotechniques de définition de travaux, mais plutôt d’envisager des solutions techniques plausibles et d’estimer l’ordre de grandeur de leur coût et la faisabilité.

Une analyse multicritère permettra de mettre en perspective les coûts des investigations et travaux induits en regard de la valeur des biens concernés en comparant différents scenarii d’adaptation face aux aléas (mouvements de terrain et recul du trait de côte).

Elle permettra de mieux décrire l’impact potentiel des options d’adaptation sur la réduction des conséquences des aléas mouvements de terrain et érosion pour la société, et de juger de leur pertinence au regard de leur coût.

L’analyse multicritère permettra de produire deux types d’indicateurs :

  • les indicateurs élémentaires, s’intéressant aux coûts de mise en œuvre des options et aux impacts attendus en termes de mise en sécurité des personnes, de réduction des dommages aux biens, d’amélioration de la résilience du territoire, de protection de l’environnement et de protection du patrimoine culturel ;
  • les indicateurs synthétiques, permettant d’évaluer l’efficacité, le rapport coût-efficacité, et l’efficience des options proposées. Seuls les impacts sur les biens dits « tangibles » feront l’objet d’une évaluation monétaire. Les autres types d’impacts seront quantifiés en unités physiques. 

Logigramme permettant d’identifier les conditions de menace grave pour les vies humaines concernant l’aléa mouvements de terrain. © BRGM

Logigramme permettant d’identifier les conditions de menace grave pour les vies humaines concernant l’aléa mouvements de terrain. © BRGM

Exemple de résultats obtenus suite à l’application de la méthode permettant de caractériser et de hiérarchiser les zones menaçant gravement les vies humaines pour les quartiers de Bel-Air (à gauche) et Bovis (à droite). © BRGM

Exemple de résultats obtenus suite à l’application de la méthode permettant de caractériser et de hiérarchiser les zones menaçant gravement les vies humaines pour les quartiers de Bel-Air (à gauche) et Bovis (à droite). © BRGM

Scénarios d’actions étudiés dans le cadre de l’analyse multicritères de la Pointe-à-Bacchus.

Scénarios d’actions étudiés dans le cadre de l’analyse multicritères de la Pointe-à-Bacchus.

PARTENAIRES

DEAL Guadeloupe

Commune de Petit-Bourg

Communauté d’Agglomération du Nord Basse-Terre

Agence des 50 Pas géométriques de la Guadeloupe

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34