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Expertise héliportée sur la route du littoral suite à la chute d'un bloc sur la route. Malgré toutes les protections, plusieurs dizaines de tonnes de matériaux continuent de tomber chaque année (Route du littoral, la Réunion, 2012). © BRGM - Séverine Bès de Berc

Diagnostic d’urgence de l’éboulement du 14 mars 2017 au PR8 de la route du littoral (RN1)

07.11.2018
Suite à un éboulement ayant impacté la Route du Littoral (RN1), un axe routier crucial pour l’économie de l’île et à fort trafic (60 à 65 000 véhicules par jour), la Direction Régionale des Routes (DRR) de la Réunion, en tant que gestionnaire, a sollicité le BRGM le mardi 14 mars 2017 afin de réaliser un diagnostic de risques en urgence. Cet éboulement survenu au PR8+000, d’un volume estimé à environ 800 m3, a endommagé et franchi plusieurs ouvrages de protection installés en falaise.

Suite aux premiers constats et préalablement à l’expertise du BRGM, la DRR a procédé à la fermeture totale de la Route du Littoral, qui était déjà en mode « basculée » (circulation sur voies réduites côté mer) avant l’éboulement. Le diagnostic d’urgence du BRGM a permis d’identifier les causes de l’instabilité, de préciser le niveau de risques résiduel et d’établir les recommandations en matière de sécurisation. Le BRGM a ainsi identifié des blocs instables et menaçants persistants en paroi qui ont nécessité la mise en œuvre de mesures de sécurisation en urgence afin de permettre une réouverture à la circulation dans les plus brefs délais de l’axe routier.

Dans la continuité de l’expertise en urgence suite à l’éboulement, le BRGM est intervenu en appui aux services de la DRR, afin d’une part, de préciser et d’adapter les mesures de confortement au fur et à mesure de la réalisation des opérations de sécurisation et d’autre part de communiquer auprès des médias.

Caractéristiques de l’éboulement du 14 mars 2017 au PR8 de la route du littoral.

Caractéristiques de l’éboulement du 14 mars 2017 au PR8 de la route du littoral.

Contexte

La route du Littoral (RN1) est un axe routier majeur pour l’économie de La Réunion, qui relie l’ouest au nord de l’ile et supporte un trafic estimé à près de 65 000 véhicules par jour. Cet itinéraire, implanté en pied de falaise a fait l’objet de nombreux travaux de sécurisation par le passé (écrans déflecteurs, filets pendus, merlon en gabions). Toutefois, face à des évènements volumineux et énergétiques, les capacités de ces ouvrages peuvent être dépassées et des blocs peuvent atteindre la chaussée.

Ainsi, le 14 mars 2017, au PR8 de la route du Littoral, suite à un éboulement d’’un volume estimé à environ 800 m3, quelques blocs rocheux, dont un de près de 3 m3, ont atteint et même traversé les voies de circulation.

Cet évènement s’est produit suite à un fort épisode pluvieux avec un cumul de précipitations enregistré de plus de 200 mm sur la journée du 13 mars 2017. Cet évènement pluvieux particulièrement intense avait justifié un éloignement de la circulation sur les voies côté mer (basculement) dès le 13 mars.

Suite à l’éboulement, la Direction Régionale des Routes (DRR) de la Réunion, gestionnaire de la RN1, a procédé à la fermeture totale de la route. Dans ce cadre, le gestionnaire a sollicité le BRGM, le mardi 14 mars 2017, afin de réaliser un diagnostic de risques en urgence.

Profil de la paroi dominant la route du Littoral au PR8.

Profil de la paroi dominant la route du Littoral au PR8.

Objectif

Les objectifs de l’expertise menée par le BRGM étaient les suivants :

  • Identifier, si possible, la cause des instabilités constatées ;
  • Évaluer le niveau de risques résiduels ;
  • Établir des recommandations en matière de sécurisation.

Programme des travaux

Un diagnostic d’urgence a ainsi été mené par le BRGM dès le 14 mars 2017, sur la base d’observations visuelles effectuées depuis le pied de falaise et d’un survol héliporté de la zone d’éboulement. Ce diagnostic a permis, à partir des observations et de l’analyse des risques résiduels, de définir les premières mesures d’urgence à prendre.

Un suivi des opérations de sécurisation a ensuite été assuré par le BRGM afin de préciser et d’adapter les mesures dans l’objectif de permettre une réouverture à la circulation garantissant un niveau de risque résiduel au maximum équivalent à celui antérieur à l’éboulement du 14 mars.

Résultats obtenus

L’éboulement du 14 mars 2017 s’est produit au droit d’une falaise de 160 m de hauteur, avec une zone de départ identifiée en partie sommitale. L’éboulement a emprunté un couloir naturel, occasionnant un endommagement total (ouvrage DEM) ou partiel (ouvrage DEO) des ouvrages de protection présents en paroi. Ces ouvrages ont toutefois permis de limiter la propagation vers les voies de circulation et seuls quelques blocs ont réussi à les franchir, dont un bloc de 3 m3 qui a rebondi sur les voies de circulation pour atteindre une zone en travaux au-delà de la route du Littoral.

Les constats en paroi ont permis d’identifier des blocs et des écailles volumineuses (quelques dizaines de m3) instables qui peuvent, en cas de chute et/ou de remobilisation, générer de possibles atteintes sur les voies de circulation, d’autant plus avec les ouvrages de protection fortement endommagés. L’analyse a ainsi confirmé la forte exposition des usagers de la route du Littoral dans ce secteur et justifié le maintien de la fermeture de la route dans l’attente de la réalisation de mesures de sécurisation en urgence.

Ces mesures, définies par le BRGM suite au diagnostic, ont consisté à :

  • purger les éléments instables en paroi et dans les zones d’accumulations,
  • réaliser une protection provisoire (merlon en gabions d’au moins 3 mètres de hauteur) sur les voies, côté montagne, afin de sécuriser provisoirement les usagers dans l’attente de la réparation des ouvrages en paroi.

A l’issue de ces travaux, réalisés dès le 15 mars 2017 (premières purges et merlon en gabions), une réouverture de la RN1 en mode « basculé » (sur les voies côté mer) de la route a pu être opérée.

Afin de préciser la nature des ouvrages de protection à réaliser en priorité et ce, dans l’optique d’une réouverture totale de la route, le BRGM a assuré un suivi des travaux de purges entre le 14 et le 17 mars. Ce suivi a permis de préciser les trajectoires possibles des blocs purgés depuis la partie haute de la paroi (zone de rebond préférentielle, zone d’atteinte, niveau de fonctionnement résiduel des ouvrages endommagés mais non détruits).

À partir de ces constats, et afin d’optimiser le délai de réparation des ouvrages en falaise tout en permettant de retrouver un niveau de sécurisation acceptable pour envisager une réouverture de la route du littoral sur quatre voies de circulation, il a été décidé de ne pas réparer l’ouvrage déflecteur DEM à l’identique mais plutôt de poser un ouvrage de type filets pendus déflecteurs (nommé FPD3) couvrant la zone de départ, la vire d’accumulation et le ressaut subvertical intermédiaire.

Zone de départ de l’éboulement.

Zone de départ de l’éboulement.

Écran déflecteur (DEO) endommagé par l’éboulement.

Écran déflecteur (DEO) endommagé par l’éboulement.

Bloc de 3 m3 ayant franchi la route du Littoral.

Bloc de 3 m3 ayant franchi la route du Littoral.

Merlon provisoire en gabions sur les voies, côté montagne.

Merlon provisoire en gabions sur les voies, côté montagne.

Partenaires

Région Réunion

Direction Régionale des Routes

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