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L'étang de Thau, lagune d'eau saumâtre de 7500 ha, les parcs à huitres et la ville de Sète en arrière plan (Étang de Thau, Sète, Hérault, 2007). © BRGM - François Michel

Demande en eau potable et urbanisme dans l’Hérault

01.07.2012
L’étude, réalisée dans le cadre du programme européen SUDOE, vise principalement à améliorer la connaissance de la demande en eau potable, à identifier les actions à promouvoir pour réaliser des économies d’eau et à calculer la demande en eau potable associée à différents scénarios de développement urbain pour évaluer les économies d’eau permises par une maîtrise de l’urbanisme. Le niveau de consommation en eau potable est très variable, en raison en particulier des écarts de prix de l’eau, des écarts de revenu moyen des ménages, des différences de climat local mais de la possibilité de réaliser un forage ou non. Les résultats de l’étude mettent également en évidence que la maîtrise de l’urbanisme est un levier important pour réduire la demande en eau potable.

Contexte

Compte tenu de la forte croissance démographique constatée dans l’Hérault et des changements climatiques annoncés, d’ici 20 à 30 ans, l’eau est susceptible de devenir une contrainte majeure pour le département. Le Conseil Général de l’Hérault se prépare à relever ce défi en développant une politique de l’eau qui repose sur deux piliers : la mobilisation de nouvelles ressources (superficielles ou souterraines) et la maîtrise des besoins en eau. Concernant ce second volet, le Conseil Général cherche à évaluer les volumes d’eau potable pouvant être économisés par des actions visant les consommateurs domestiques.

C’est dans ce cadre général que s’inscrit l’étude de cas qui a été réalisée en partenariat avec le Conseil Général de l’Hérault dans le cadre du programme Interreg SUDOE, projet "Water and Territories" (WAT). 

Objectifs

L’étude a trois objectifs principaux :

  • améliorer la connaissance de la demande en eau potable et des facteurs qui expliquent sa variabilité spatiale ;
  • identifier les actions à promouvoir pour réaliser des économies d’eau et évaluer le potentiel d’économie sur un territoire pilote ;
  • calculer la demande en eau potable associée à différents scénarios de développement urbain, pour évaluer les économies d’eau permises par une maîtrise de l’urbanisme.

Evolution des besoins en eau potable des 77 communes du Pays Cœur d’Hérault (différents scénarios d’urbanisme et même croissance démographique).

Programme des travaux

Le travail réalisé s’est articulé en quatre tâches. 

  1. Une analyse statistique, consistant à rechercher des corrélations entre le niveau moyen de consommation observé par commune d’une part, et le prix de l’eau, le climat, le type de logements, le revenu moyen des ménages, etc., d’autre part. Cette analyse statistique a porté sur un échantillon de 148 communes de l’Ouest du département, incluant le bassin versant de l’Hérault.

  2. Une recherche documentaire, pour produire un catalogue d’actions possibles en matière d’économie d’eau. Nous avons ensuite évalué le potentiel d’économie d’eau de certaines de ces mesures sur les 77 communes du Pays Cœur d’Hérault, un territoire qui connait l’un des plus forts taux de croissance démographique du département.

  3. La relation entre forme d’urbanisme et demande en eau a été abordée à travers la construction de scénarios, évalués à l’échelle des 77 communes du pays Cœur d’Hérault.

  4. Enfin, les résultats de ces études techniques ont été mis en débat au sein de groupes d’experts et d’élus. L’objectif de ces débats était de sensibiliser les élus sur le lien existant entre les formes d’urbanismes et le niveau de consommation en eau, ainsi que de recueillir leur point de vue sur les actions à promouvoir pour maîtriser la demande en eau potable.

Résultats obtenus 

Connaissance des usages de l’eau potable

Dans l’échantillon de 137 communes étudiées, le niveau de consommation en eau potable, exprimé en m3 par habitant permanent, est très variable. Cette variabilité est en partie expliquée par les écarts de prix de l’eau, les écarts de revenu moyen des ménages, et les différences de climat local, mais aussi par la possibilité de réaliser un forage ou non (variable selon la nature du sous-sol). L’analyse statistique montre qu’une augmentation de 10% du prix de l’eau entraine une diminution de 2% de la consommation. De même, un revenu moyen supérieur de 10% entraine une hausse de la consommation de 4% environ.

Scénarios d’évolution de la demande dans le pays Cœur d’Hérault

Considérant que 36 000 nouveaux habitants devraient arriver dans le Pays Cœur d’Hérault d’ici 2030 (soit une croissance de 50%), trois scénarios contrastés d’évolution de l’urbanisme ont été imaginés. La demande en eau correspondante à chacun est alors évaluée.

On distingue, d’une part, un scénario "laissez-faire" qui suppose une très faible construction de logements collectifs (10%) et de l’habitat individuel à faible densité. A l’autre extrême, un scénario volontariste suppose que 30% des nouveaux logements construits seront collectifs et que les logements individuels seront essentiellement implantés sur des petites parcelles de moins de 350 m². Ces résultats mettent en évidence que la maîtrise de l’urbanisme est un levier important pour réduire la demande en eau potable.

Partenaire

Conseil Général de l’Hérault

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34