banner-ombre-top
banner-ombre-left
Vue panoramique sur la chaîne des Pyrénées côté Atlantique, avec le Mont Perdu (Hautes-Pyrénées, 2006). © BRGM - Pierre Vassal

Convergence : un partenariat pluriannuel de recherche entre le BRGM et Total

28.06.2016
Le BRGM et Total ont signé un accord-cadre qui vise une compréhension renouvelée de l'évolution géodynamique des massifs montagneux et son impact sur les conditions de formation des hydrocarbures. Deux projets, "Orogen" et "Source to sink", s'intéressent notamment à la chaîne pyrénéenne, premier chantier du Référentiel géologique de la France.

Partenaire historique de la société Total, le BRGM vient de signer avec elle un accord-cadre "Convergence" (2015- 2020), qui va mobiliser l'équivalent d'une dizaine de chercheurs à temps plein, pour un budget de 19 millions d'euros. Objectif : renouveler l'approche des conditions de formation et d'évolution des chaînes de montagnes dans les environnements de marge convergentes, et reconsidérer les processus impliqués dans la distribution et la transformation de la matière organique à l'origine des hydrocarbures, et la constitution et la localisation des réservoirs qui les accueillent. Avec Convergence, le BRGM et Total travaillent en synergie autour de questionnements à la fois scientifiques et industriels.

Le programme scientifique du Référentiel géologique de la France, décliné en chantiers régionaux permet d’améliorer la connaissance géologique par la cartographie et la géométrie 3D. Ici, extrait de la carte géologique RGF des Pyrénées à 1/50 000 drapée sur modèle numérique d’altitude. © BRGM

Le programme scientifique du Référentiel géologique de la France, décliné en chantiers régionaux permet d’améliorer la connaissance géologique par la cartographie et la géométrie 3D. Ici, extrait de la carte géologique RGF des Pyrénées à 1/50 000 drapée sur modèle numérique d’altitude. © BRGM

Orogen : déterminer "l'ADN" d'une chaîne de montagne

"Orogen, explique Thierry Baudin, responsable scientifique du RGF, est un projet holistique qui vise à comprendre ce que sont les chaînes de montagnes et les paramètres fondamentaux qui régissent leur formation et leur évolution. Il s'agit en fait de déterminer l’ADN d’un orogène. Les Pyrénées sont un objet d'étude particulièrement intéressant. Elles constituent une anomalie au sein des massifs montagneux du globe, car on peut y lire un cycle orogénique complet, depuis l'exhumation originelle du manteau après déchirure de la plaque continentale, jusqu'à la destruction de la chaîne avec le départ du bloc Corse-Sardaigne, en passant par les premiers mouvements de convergence suivis d'une fermeture des bassins."

Les chercheurs s’attacheront à comprendre l’impact de la structuration profonde des chaînes de montagnes sur leur évolution tectono-sédimentaire.

"Ces travaux, poursuit T. Baudin, qui associent l'Insu (Institut national des sciences de l'Univers) et le monde universitaire, vont bénéficier de toutes les recherches conduites sur les Pyrénées depuis plus d’un siècle, collectées et synthétisées. Ils vont engendrer seize thèses et onze post-docs répartis dans une quinzaine de laboratoires français et étrangers."

Géologues en mission de terrain dans les Pyrénées. © BRGM

Géologues en mission de terrain dans les Pyrénées. © BRGM

Source to sink : de la source au stockage des hydrocarbures

"Le projet "Source to sink", explique Jean-Yves Roig, géologue, comprend un volet dédié au contexte compressif des Pyrénées qui affecte toute la côte ouest européenne. Il vise une meilleure connaissance des processus de création et d'érosion des reliefs et des paramètres qui conditionnent le dépôt des sédiments dans les bassins. Il va s'appuyer sur la mise en évidence, la caractérisation et la datation des surfaces d'altération qui marquent l’arrêt de l’érosion mécanique des reliefs aidant ainsi à mieux comprendre l'évolution des systèmes sédimentaires, et de contraindre les processus de destruction des reliefs dans l'espace et dans le temps."

Un autre volet s'intéresse aux marges passives de Guyane, issues de sédiments déposés dans le domaine océanique. "Nous souhaitons mieux identifier, à terre, les périodes d’érosion mécanique et d’altération chimique (formation des surfaces latéritiques) que nous pourrions corréler à la géométrie et la typologie des dépôts marins."

L'intérêt des deux partenaires est patent. Une meilleure appréhension de ces mécanismes permettra à Total de mieux évaluer, lors d’explorations du sol et du sous-sol, les potentiels en ressources et en améliorant leur gestion. Les avancées dans la compréhension des surfaces altérées et des systèmes sédimentaires sont également prometteuses pour le BRGM, car de nombreuses applications en découlent en matière de ressources minérales ou hydrogéologiques, risques naturels, aménagement du territoire ou géothermie.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34