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Baie de Saint Pierre, en Martinique, au pied de la montage Pelée (Martinique, 2012). © BRGM - Maryse Le Roy

Contamination des sols de Martinique par la chlordécone : suivi et mise à jour 2016 du Système d’Information Géographique

27.10.2017
La chlordécone a été utilisée de 1972 à 1993 en Martinique et Guadeloupe pour lutter contre le charançon du bananier. Cette molécule, interdite d’utilisation depuis 1993 et particulièrement persistante, pollue aujourd’hui les sols, les rivières, les nappes d’eaux souterraines ainsi que les écosystèmes associés.

Représentation régionale du niveau de contamination des sols par la chlordécone (mise à jour 2016).

Représentation régionale du niveau de contamination des sols par la chlordécone (mise à jour 2016).

Contexte

Dans le cadre de différentes études, les sols et les végétaux ont fait l’objet de nombreuses analyses. Afin de valoriser ces nombreuses données, la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DAAF) de la Martinique a lancé, en 2009, un projet visant à réaliser une représentation cartographique de la pollution des sols par la chlordécone, à une échelle régionale basée sur une maille kilométrique. Ce projet s’inscrit plus particulièrement dans le cadre de l’Action 1 du Plan National d’Action Chlordécone (PNAC). Le comité de pilotage du projet, dirigé par la DAAF 972, regroupe les principaux organismes publics directement concernés par cette problématique (DAAF, Agence Régionale de Santé et Chambre d’Agriculture 972) mais aussi d’autres organismes publics tels que la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL), le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et le BRGM. Le Système d’Information Géographique (SIG) servant de base à cette cartographie, mis à jour en 2012, 2014, 2015 et 2016, intègre désormais les données acquises entre 2003 et 2016.

Objectif

Les données acquises dans le cadre de différents programmes (programme JAFA, appui aux agriculteurs, ...) sont collectées par la Société d’Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (SAFER), puis intégrées dans le Système d’Information Géographique (SIG). Une analyse par maille kilométrique est ensuite réalisée afin d’identifier les niveaux de contamination, tout en conservant la garantie de confidentialité. La base de données exhaustives est mise à disposition des services de l’État, d’Établissements scientifiques, etc. après formulation d’une demande auprès du Comité de pilotage.

Programme des travaux

Concernant la mise à jour réalisée en 2016, le travail a été organisé en deux phases :

  • Intégration des données 2015-2016, mise au format du SIG Chlordécone, et mise à jour des cartes à l’échelle parcellaire et régionale.
  • Valorisation de la base de données, à la demande de la DAAF, dans le but d’identifier des herbages et des terres labourables non contaminées qui seront exploités respectivement pour la décontamination du bétail avant abattage et le développement de la filière de production de patates douces en Martinique.

Résultats obtenus

La méthodologie suivie pour l’identification des pâturages sains s’appuie sur deux critères :

  • l’identification des pâturages indemnes de chlordécone sur les parcelles ayant bénéficié d’analyses ;
  • l’identification de pâturages non analysés à ce jour, sur des zones potentiellement indemnes car n’ayant pas eu d’historique à risque (sole bananière entre 1970 et 1995).

Grâce à ces travaux, 6 212 hectares non contaminés ou potentiellement non contaminés sont aujourd’hui identifiés. Ce type d’analyse permet d’orienter les recherches des pâturages, par exemple pour une mise en décontamination du bétail avant abattage, sachant qu’une analyse de sol pour validation devra être réalisée. En effet, dans des proportions certes faibles mais non nulles, la chlordécone peut être retrouvée sur des parcelles n’ayant jamais porté de cultures de bananes.

La cartographie finale représente les zones favorables après croisement avec le paramètre pluviométrique afin d’identifier les herbages non contaminés ou potentiellement non contaminés en zone humide, qui ont donc une capacité de production supérieure (exemple au Gros Morne, à St Joseph). Le fait de disposer de grandes surfaces dans le sud de l’île, éloignées des zones classiquement contaminées, représente d’évidence un atout important pour certaines communes (St Anne, le Marin).

 identification des herbages favorables pour une mise en décontamination du bétail (zoom sur la zone Sud).

Cartographie des herbages : identification des herbages favorables pour une mise en décontamination du bétail (zoom sur la zone Sud).

L’analyse SIG a pris en compte des paramètres supplémentaires, tels que la pluviométrie et la pédologie pour l’identification de zones favorables à la culture de la patate douce. En effet, cette culture requiert des sols plutôt drainants (ce qui exclut les sols argileux) et riches en matière organique afin d’éviter les pourritures. Cette culture est aussi exigeante en eau.

Aussi l’identification des zones favorables ciblera :

  • les sols légers (texture sableuse à sablo-limoneuse) et drainants en dehors des zones les plus sèches de la Martinique ;
  • les sols légers et moyennement légers en zone sèche.

Après croisement de ces différents critères, 1 265 hectares favorables à la culture de la patate douce ont été identifiés. Cette surface se répartit en trois types de terrains :

  • des parcelles avec analyses CHLD négatives (ou < 0.1 mg/kg) et des parcelles sans analyse mais sans antériorité de cultures de bananes,
  • des sols très drainant et une pluviométrie supérieure à 2 000 mm,
  • des sols moyennement drainants et une pluviométrie inférieure à 3 000 mm.

PARTENAIRES

DAAF 972

SAFER

RAPPORT PUBLIC

BRGM/RP-66297-FR - Suivi et mise à jour 2016 du SIG sur la contamination des sols de Martinique par la chlordécone - Télécharger le rapport

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