banner-ombre-top
banner-ombre-left
Érosion majeure au droit de l’immeuble Le Signal, séparé du haut de falaise par 15 mètres de dune, suite aux tempêtes de décembre 2013 et janvier 2014 (Soulac-sur-Mer, Aquitaine, 2014).

Cartographie de l’aléa recul du trait de côte dans un contexte de changement climatique à l’échelle du bassin Adour-Garonne

29.08.2018
Le SDAGE Adour-Garonne 2016-2021 prévoit d’établir un plan d’adaptation au changement climatique (PACC) pour le bassin Adour-Garonne. Ce plan doit notamment définir les enjeux et les problématiques à traiter, et proposer des cartes de vulnérabilité.

Cette étude a ainsi été menée dans le but de fournir des informations sur la vulnérabilité du littoral du bassin Adour-Garonne au recul du trait de côte en lien avec le changement climatique, contribuant ainsi au volet « Littoral » du PACC. Le projet, réalisé avec l’appui de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, a permis de qualifier, par combinaison de la sensibilité du littoral au recul du trait de côte et de son exposition à l’élévation du niveau marin, la vulnérabilité des 625 km du littoral Adour-Garonne au recul du trait de côte, dans un contexte de changement climatique à l’échéance 2050.

Exemple de cordon sableux, un des neuf environnements littoraux d’évolution du trait de côte du bassin Adour-Garonne. Photographie aérienne d’Andernos-les-Bains (33) dans le Bassin d’Arcachon, ULM Sud Bassin.  © OCA

Exemple de cordon sableux, un des neuf environnements littoraux d’évolution du trait de côte du bassin Adour-Garonne. Photographie aérienne d’Andernos-les-Bains (33) dans le Bassin d’Arcachon, ULM Sud Bassin. © OCA

Contexte

Une partie de la bande côtière du bassin Adour-Garonne (ex-région Aquitaine), a fait l’objet, en 2016, d’une étude de caractérisation de l’aléa recul du trait de côte aux horizons 2025 et 2050 réalisée par l’Observatoire de la Côte Aquitaine. Par ailleurs, toujours dans le cadre de l’Observatoire de la Côte Aquitaine, le BRGM étudie les impacts du changement climatique à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine.

Fort de cette dynamique régionale et des connaissances ainsi acquises, le BRGM et l’Agence de l’eau Adour-Garonne se sont associés afin de réaliser une étude de la vulnérabilité du littoral au recul du trait de côte dans un contexte de changement climatique, qui pourra alimenter le volet « Littoral » du PACC (Plan d’adaptation au changement climatique).

L’emprise géographique étudiée correspond à la façade atlantique du bassin Adour-Garonne, soit depuis la Baie d’Yves au nord jusqu’à l’estuaire de la Bidassoa au sud.

Objectifs

Cette étude vise à étendre à l’échelle du bassin Adour-Garonne, l’étude de la sensibilité du littoral au recul du trait de côte d’une part, et son exposition au changement climatique à l’horizon 2050, d’autre part.

Programme des travaux

Quatre secteurs géographiques composent la zone d’étude : Pertuis-Estuaire pour le littoral charentais et l’estuaire de la Gironde, la côte sableuse ex-aquitaine, le Bassin d’Arcachon et la côte rocheuse basque. Pour les besoins de l’étude, afin de déterminer l’évolution future du littoral, les différents types d’environnements littoraux observés en cas d’évolution du trait de côte ont été identifiés. Au nombre de neuf, ces environnements correspondent tous à un contexte géomorphologique particulier, avec une dynamique d’évolution propre.

Une étape déterminante a consisté à créer le trait de côte de référence au-delà des secteurs déjà analysés dans les études précitées et correspondant à la côte sableuse et à la côte rocheuse basque. Au cours de la digitalisation, le trait de côte a été découpé en tronçons homogènes en termes de sensibilité au recul du trait de côte. Pour ce faire, un taux d’évolution et une valeur de recul lié à un évènement majeur ont été attribués à chacun des tronçons, à partir d’informations collectées dans la bibliographie, auprès des universitaires, collectivités et autres acteurs participant au suivi du littoral. L’évolution du littoral a été évaluée en ignorant les ouvrages, particulièrement nombreux en Charente Maritime et dans le bassin d’Arcachon. La sensibilité du littoral au recul du trait de côte repose ainsi sur la distance de recul à l’horizon 2050 calculée à partir de cette caractérisation du littoral.

Il a été nécessaire de définir le plus précisément possible, à l’horizon 2050, la valeur d’élévation du niveau marin à prendre en compte, à partir des connaissances actuelles sachant que de fortes incertitudes sur les changements des conditions hydrométéorologiques moyennes et extrêmes futures subsistent et qu’à plus long terme, c’est l’élévation du niveau de la mer qui induira les changements les plus importants vis-à-vis des risques littoraux. 

La méthode développée a consisté à établir des hypothèses globales sur les contributions de chaque processus à l’élévation du niveau de la mer. Les implications pour la Nouvelle-Aquitaine de ces scénarios globaux ont pu être estimées, puis, dans un second temps, des estimations des mouvements verticaux du sol ont été intégrées pour proposer des scénarios locaux. Enfin, un calcul des empreintes spatiales de chacune de ces contributions, en région Nouvelle-Aquitaine, prend en compte les effets gravitationnels induits. C‘est in fine la valeur de 21 cm d’élévation du niveau marin à l’horizon 2050 (selon le scénario RCP 4.5) qui a été conservée. Pour chacun des environnements géomorphologiques côtiers, l’impact de cette élévation du niveau marin a été évalué afin de traduire l’exposition du littoral à ce phénomène.

Résultats obtenus

Contraintes globales et implications régionales de chaque contribution à l’élévation du niveau de la mer dans le cas du RCP 4.5 vers 2050

Contraintes globales et implications régionales de chaque contribution à l’élévation du niveau de la mer dans le cas du RCP 4.5 vers 2050

Sur les 625 km du littoral Adour-Garonne, la vulnérabilité au recul du trait de côte dans un contexte de changement climatique à l’échéance 2050 a été qualifiée par combinaison de la sensibilité du littoral au recul du trait de côte et de son exposition à l’élévation du niveau marin. Cela permet d’obtenir une répartition des zones plus ou moins vulnérables :

  • faiblement vulnérable sur 10,1 % du littoral, correspondant pour plus de 80 % à des zones de falaises ;
  • modérément vulnérable sur 28,8 % du littoral, dont les ¾ sont des cordons dunaires ;
  • fortement vulnérable sur 42,9 % du littoral, regroupant pour l’essentiel des environnements de dunes littorales, de ports et de polders ;
  • très fortement vulnérable sur 18,2 % du littoral, où près des ¾ du linéaire concerné sont formés par des dunes littorales et des flèches sableuses situées aux embouchures fluviales/estuariennes du bassin.

Vulnérabilité du littoral au recul du trait de côte en lien avec une élévation du niveau marin de 0,21 m à l’horizon 2050.

Vulnérabilité du littoral au recul du trait de côte en lien avec une élévation du niveau marin de 0,21 m à l’horizon 2050.

Partenaire

Agence de l’eau Adour-Garonne

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34