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Essai d’intercomparaison de l’échantillonnage des eaux souterraines du Val de Loire (2009). © BRGM - Jean-Philippe Ghestem

Capacités analytiques des laboratoires pour le suivi des métabolites de produits phytosanitaires dans les eaux souterraines

30.10.2017
Dans le cadre de la mise sur le marché des produits phytosanitaires, les métabolites (produits de dégradation et transformation), sujets à un risque de transfert vers les eaux souterraines, sont identifiés et pris en compte dans le processus d’approbation de la substance active.

Répartition des 209 métabolites considérés selon qu’ils aient, ou non, un code CAS (en rouge) et/ou un code substance du SANDRE (en bleu).  © BRGM

Répartition des 209 métabolites considérés selon qu’ils aient, ou non, un code CAS (en rouge) et/ou un code substance du SANDRE (en bleu).  © BRGM

Contexte

Aujourd’hui, les programmes de surveillance des eaux incluent l’analyse de certains des métabolites identifiés lors de l’homologation toutefois des questions se posent quant à la nécessité d’élargir cette liste.

Objectif

L’objectif de l’étude est donc de dresser un bilan des capacités analytiques actuelles des laboratoires nationaux, d’identifier des manques en termes de méthodes analytiques et, le cas échéant, d’évaluer la faisabilité d’un développement analytique pour y pallier.

Programme des travaux

Les travaux, démarrés en 2015, se sont poursuivis en 2016. Le travail s’organise chaque année, de la manière suivante :

  • La consultation de chaque dossier d’homologation permet l’élaboration d’une liste des métabolites pour lesquels un risque de transfert vers les eaux souterraines a été identifié lors de la procédure d’homologation.
  • Pour chaque métabolite ainsi listé, le code CAS (référentiel international) et le code SANDRE (référentiel français) sont recherchés. Ces codes permettent une identification sans ambiguïté de la substance.
  • Une évaluation des capacités analytiques actuelles des laboratoires est ensuite réalisée. Lorsque ce métabolite est recherché (données ADES), l’examen vise à vérifier les capacités des laboratoires français (Combien de laboratoires ont réalisé l’analyse de ce composé ? Quelles sont les limites de quantification ?). Le site du COFRAC est également consulté pour savoir si un, ou plusieurs, laboratoire(s) possède(nt) l’accréditation pour les métabolites considérés.
  • Pour les métabolites n’ayant pas de code SANDRE, donc supposés non analysés à ce jour en France dans un cadre réglementaire, les catalogues des principaux distributeurs d’étalons analytiques sont consultés. Puisque la disponibilité d’un étalon analytique est un pré-requis indispensable à tout développement, cela permet d’appréhender très en amont les potentialités de développement analytique ou à l’inverse, les verrous techniques.

Résultats obtenus

Le travail réalisé en 2016 a permis de considérer 92 substances actives autorisées en France. Parmi ces substances, 66 ont au moins un métabolite identifié lors de l’homologation pour son risque de transfert vers les eaux souterraines.

Au total, 209 métabolites ont ainsi été inventoriés. D’un point de vue analytique et identification des composés, seuls 84 métabolites ont un code CAS, parmi lesquels seulement 25 ont un code SANDRE.

Après consultation du site du COFRAC, seules 10 substances ont pu être identifiées comme pouvant être analysées sous accréditation pour « matrices eaux propres ». Aujourd’hui, 5 de ces métabolites ont fait l’objet d’analyses répertoriées dans la banque de données des eaux souterraines (ADES).

En termes de potentialité de développement analytique, il ressort que 83 substances ont un étalon analytique facilement accessible car commercialisé par les distributeurs habituels des laboratoires.

Si certains métabolites sont d’ores et déjà recherchés avec des méthodes analytiques performantes et parfois sous accréditation COFRAC, tous les métabolites ne sont pas à ce jour recherchés. L’absence d’étalon analytique constatée pour de nombreuses substances pourrait s’avérer être un verrou analytique pour de nombreux paramètres qui seraient considérés à suivre dans le cadre d’une surveillance nationale régulière et assurée par des laboratoires privés.

PARTENAIRES

Agence française de la Biodiversité

Ministère chargé de l’Environnement

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34