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Phare du Conquet (Le Conquet, Finistère, 2011). © BRGM - Camille André

Atlas des aléas littoraux (érosion et submersion marines) des départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor et du Finistère

25.10.2017
L’Atlas des aléas littoraux (érosion et submersion marine) des départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor et du Finistère a été réalisé par le BRGM suite à une sollicitation de la DREAL Bretagne à partir de novembre 2011, en vue d’améliorer la connaissance des aléas littoraux. L’Institut Universitaire Européen de la Mer de Plouzané (IUEM), l’Université de Bretagne Occidentale de Brest (UBO), le CEREMA et le Laboratoire de géomorphologie marine de Dinard (CNRS) ont également contribué à cette étude.

Inventaire des évènements dommageables à la côte - Effondrement généralisé de la digue de Paramé – Saint-Malo (35) après le raz-de-marée du 30 octobre 1905. © Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine

Inventaire des évènements dommageables à la côte - Effondrement généralisé de la digue de Paramé – Saint-Malo (35) après le raz-de-marée du 30 octobre 1905. © Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine

Contexte

L’importance de l’enjeu est lié à la forte attractivité résidentielle et touristique de la frange littorale bretonne.

Objectif

L’Atlas répond à un double objectif :

  • établir un état des lieux des connaissances disponibles en matière d’érosion côtière et de submersion marine dans les trois départements étudiés ;
  • mettre en évidence les portions du littoral breton les plus menacées par ces deux aléas.

Il a pour vocation de caractériser la prédisposition naturelle des 2 000 km de côtes étudiés aux phénomènes d’érosion, d’accrétion et de submersion, en fonction de leur nature géologique et de leur géomorphologie. En couplant cette analyse à un travail d’historisation des phénomènes, l’objectif était de réaliser des cartes d’aléas littoraux et de procéder à la création d’une base de données sur les tempêtes.

L’atlas constitue in fine un document de référence permettant aux services en charge de la gestion des risques naturels, aux élus et aux décideurs locaux, de connaître la vulnérabilité du littoral et d’adapter les politiques et stratégies d’aménagement et d’urbanisation en conséquence.

Programme des travaux

L’étude s’est déroulée en 3 phases.

La première phase avait pour objectif de dresser un « état des lieux du linéaire côtier ». Les travaux ont consisté en une synthèse bibliographique décrivant le milieu physique et humain, les paramètres hydrodynamiques (agitation de la mer) et les événements et des études réalisées sur le littoral breton et recensant les aléas d’érosion et de submersion marines, la typologie et l’évolution du trait de côte. Ces données ont été complétées par des acquisitions de terrain et l’état des lieux du milieu physique a été élaboré en caractérisant le trait de côte selon trois critères principaux :

  • la géomorphologie : côte rocheuse (falaises hautes, basses et intermédiaires), côte sableuse ou à galets (plages, cordons dunaires, flèches, tombolos,…) ;
  • la nature géologique en fonction de la lithologie (roches magmatiques acides ou basiques, métamorphiques et sédimentaires) ;
  • le style de déformation et le degré d’altération : fracturation et altération.

La deuxième phase a consisté en la « caractérisation des aléas érosion et submersion marine ». Plusieurs tâches ont été réalisées : modélisation de l’aléa submersion, estimation de l’aléa érosion par extrapolation des tendances évolutives et identification des zones à risques. L’objectif était de déterminer les hauteurs d’eau maximales pour des événements ou scenarii de référence et d’identifier les secteurs sensibles via deux approches :

  • approche régionale de « dégrossissage » qui permet d’identifier assez rapidement sur l’ensemble de la région, de manière robuste les secteurs sensibles au phénomène ;
  • approche « tout-modèle » qui est plus adaptée pour préciser localement des phénomènes (courants, prise en compte des aménagements, ...).

Enfin la dernière phase a donné lieu à la « production des cartes d’aléas » « érosion littorale » et « submersion marine ».

Les travaux ont été menés selon la méthodologie suivante :

  • sectorisation du linéaire côtier étudié en neuf compartiments, correspondant chacun à un secteur homogène en termes de fonctionnement hydrodynamique ;
  • synthèse de la bibliographie disponible (jusqu’à 2012), complétée par des investigations de terrain.

Résultats obtenus

La définition de la prédisposition à l’érosion des côtes à falaises et l’analyse de la cinématique des côtes d’accumulation (plages de sable et de galets) ont permis de déterminer leur tendance à l’érosion ou à l’accrétion.

Quatre types de documents ont été produits :

  • neuf rapports de synthèse (un par compartiment), comportant de multiples cartes de présentation des données collectées et de détermination des aléas littoraux;
  • 26 fiches décrivant les tempêtes marquantes ;
  • une base de données consacrée aux tempêtes (une base générale et une base par compartiment) ;
  • une base de données SIG traitant de géomorphologie du trait de côte, de mouvements de terrain, d’érosion côtière, de submersion marine et de dynamique du trait de côte.

Les trois premiers types de documents sont téléchargeables sur le site de la DREAL Bretagne ; les données SIG sont disponibles sur le site Internet de GéoBretagne (https://cms.geobretagne.fr/).

Ce bilan précis sur le trait de côte des trois départements montre les grandes tendances en Bretagne :

  • sur les 2 072,5 km de côtes étudiées sont recensés : 534,8 km de côtes  aménagées (25,8 %), 486,19 km (23,46 %) de  côtes meubles (côtes basses ou d’accumulation) et 1 051,5 km (50,74 %) de côtes dures (rocheuses ou à falaises).

parmi les côtes naturelles (1 537 km) : 230,93 km (11,14%) sont en érosion dont 77,84 km (7,4%) sont des côtes dures et 153,06 km (31,49 %) sont des côtes meubles.

 très faible / jaune : faible / orange : faible à moyenne / rouge : élevée). © BRGM

Prédisposition des côtes rocheuses à l’érosion (vert : très faible / jaune : faible / orange : faible à moyenne / rouge : élevée). © BRGM

Une caractérisation de la géomorphologie du trait de côte au 1/15 000 ainsi que sa définition et sa délimitation a été réalisée :

  • l’avant trait de côte pour tout ce qui pouvait être projeté pour les côtes basses,
  • et un arrière trait de côte donnant l’ estimation de la limite maximale de son recul. Ce dernier permet aux acteurs locaux et aux aménageurs d’apprécier l’emprise maximale, à long terme, du phénomène d’érosion.

Les travaux intègrent également le recensement des tempêtes ou évènements dommageables à la côte. 721 évènements de tempêtes ou évènements dommageables à la côte ont ainsi été identifiés de 1081 à 2012 (2 949 sites impactés au total). L’un des évènements le plus impactant est la tempête Johanna (mars 2008).

Cartographie des zones submergées sur la commune de Penmarc’h (hauteur d’eau relevée lors de la submersion du 10 mars 2008 - JM Cariolet, 2010). © BRGM

Cartographie des zones submergées sur la commune de Penmarc’h (hauteur d’eau relevée lors de la submersion du 10 mars 2008 - JM Cariolet, 2010). © BRGM

PARTENAIRE

DREAL Bretagne

RAPPORT PUBLIC

BRGM/RP-65212-FR - Atlas des aléas littoraux (Érosion et Submersion marine) des départements d'Ille-et-Vilaine, des Côtes d'Armor et du Finistère : Phase 1 - Télécharger le rapport

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34