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La cascade de Grand-Galet est une résurgence de coulées volcaniques (Saint-Joseph, La Réunion, 2005). © BRGM - Pierre Vassal

"Les modèles numériques : de précieux outils d’aide à la décision"

11.02.2013
Interview de Nathalie Dörfliger, Directrice Eau, Environnement et Écotechnologies du BRGM. La cartographie et la modélisation 3D constituent des outils essentiels à la gestion de l’eau.

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Quelle est l’importance de disposer d’outils et de modèles numériques pour assurer une gestion optimale de la ressource en eau ?

La cartographie 3D et la modélisation est une démarche particulièrement importante pour pouvoir reproduire les processus naturels liés au fonctionnement des aquifères. Les modèles numériques permettent en effet de simuler les processus naturels, tant du point de vue de la qualité que de la quantité de la ressource en eau. Ils constituent ainsi de précieux outils d’aide à la décision, notamment dans la perspective de changements globaux.

Nous pouvons par exemple établir des profils de transferts de polluants dans le sous-sol, simuler les interactions eaux souterraines-eaux de surface dans la genèse des crues et inondations, comprendre l’impact d’événements extrêmes (sécheresse par exemple), tester l’efficacité de mesures préventives ou correctrices vis-à-vis des pollutions ou du changement climatique et de son impact.

Comment peut-on valoriser des données du réseau piézométrique ou du référentiel hydrogéologique pour répondre à des questions liées à la protection contre les inondations ?

Le BRGM a développé depuis de nombreuses années divers référentiels sur les systèmes hydrogéologiques. Il est par ailleurs en charge de la gestion et du suivi du réseau piézométrique (qui sert à mesurer le niveau des nappes), en application de la Directive cadre européenne sur l’eau. Une interprétation croisée de ces informations contribue à déterminer des zones sensibles à des phénomènes de remontée de nappe, donc à envisager des mesures de prévention du risque d’inondation.

Faut-il poursuivre le travail de caractérisation des polluants dans les eaux souterraines ?

Oui, il est indispensable de poursuivre ces travaux, car de nouveaux polluants, tels que les nanoparticules, apparaissent. Il faut caractériser la mobilité de ces polluants dits émergents dans différents milieux (sol, roches, eau), ainsi que leur réactivité. Nous devons également poursuivre la caractérisation d’autres éléments d’origine naturelle ou anthropique, comme le sélénium, qui peut être présent dans les aquifères et avoir des conséquences néfastes sur la santé. Il est de plus en plus nécessaire de prendre en considération les processus biogéochimiques du sous-sol dans la caractérisation de la qualité des eaux souterraines.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34